Interview

Alexandra Serrano

Recevez votre formation Photoshop

offerte en créant votre compte F/1.4 rien qu'à vous

6 Minutes

Exifs

Nom / Alexandra Serrano
Age / 27 ans
Localisation IRL / Paris,

Style de photo / Photographie plasticienne et mise en scène
Date de début de photo / 2007
Apprentissage / Licence et master en photographie effectués à Londres
Statut / Auteur
Date de début d’activité / 2011

Photographe préféré / Duane Michals et Francesca Woodman
Chanson préférée / Ne me quitte pas de Jacques Brel
Film préféré / La Vie Aquatique de Wes Anderson
Livre préféré / « W ou le Souvenir d’enfance », « Espèces d’espaces » tous deux de George Perec et « La vie devant soi » de Roman Gary
Citation préférée / « Imaginer, c’est hausser le réel d’un ton »
Région préférée / Oaxaca, Mexique
Gourmandise préférée / L’avocat

Une journée type en 5 mots / Lumière-Errance-Foret

Appareil photo / Moyen Format argentique Hasselblad 500 CM, objectifs Carl Zeiss Sonnar 1: 4, 150 mm et Planar CF 80mm
Logiciel / Photoshop

Alexandra Serrano

Peux-tu nous raconter comment la photographie est rentrée dans ta vie ?
La photographie est arrivée dans ma vie par un heureux hasard. Après avoir passé mon baccalauréat, je suis partie m’installer à Londres pour faire une licence en Communication. Le jour de la rentrée, je me suis perdue dans les couloirs de la Fac, me retrouvant au sous-sol où se trouvait la chambre noire du département de photographie. Intriguée, je suis allée jeter un coup d’œil. Cet endroit me fascina immédiatement: son silence, son obscurité, son odeur et toutes ces images apparaissant et disparaissant sous la lumière rouge. A partir de ce jour là j’ai su avec certitude que je voulais être photographe. Dès le lendemain, j’ai modifié mon inscription échangeant la pub pour la Photo. J’ai ensuite enchainé avec une maîtrise en Etudes Photographiques à l’Université de Westminster puis je suis revenue en France, à Paris où je travaille actuellement comme photographe depuis près de 5 ans.

Tes travaux de commandes touchent de près le monde artistique, est-ce une continuité des études que tu as suivies ?
Il est vrai que ma formation photographique est avant tout artistique. Tout ce qui touche à la mode ou bien à la publicité n’a jamais trop été ma tasse de thé et cela se reflète dans le choix de mes commandes. Je travaille régulièrement avec l’artiste plasticienne Camille Henrot, récompensé du Loin d’Argent à la dernière biennale de Venise, pour qui je photographie ses œuvres. Je fais également des prises de vues de certains spectacles au Centquatre, notamment les restitutions des partenaires sociaux et culturels (associations, écoles, centres sociaux).J’aime aussi beaucoup le contacte avec le public, les jeunes et les enfants c’est pourquoi j’ai également travaillé avec le collectif Cochencko qui organise des actions artistiques participatives au sein de l’espace public avec la collaboration des habitants du quartier.

Quelle est ton activité avec le Centquatre-Paris ?
J’occupe plusieurs fonctions au sein du Centquatre-Paris. J’y travaille en tant que plasticienne à travers la mise en place ateliers arts plastiques pour jeune public en accord avec la programmation artistique du lieu. Je fais également partie de l’équipe des médiateurs et par conséquent, j’accompagne des groupes dans leurs visites des différentes expositions proposées par le Centquatre.
En parallèle, je suis également artiste intervenante à la Maison du Geste et de L’image ainsi qu’au BAL, plate-forme d’exposition et de réflexion dédiée à l’image documentaire, pour lesquels j’organise des ateliers pédagogiques autour de la photographie dans des collèges et écoles primaires de Paris.

Tu parles pour ton travail d’autobiographie visuelle, tu délivres tes souvenirs notamment avec la série Between Finger and Thumb mais sans donner directement d’explication à chaque image afin de laisser le spectateur se raconter sa propre histoire, est-ce une volonté de rendre ses souvenirs universels ?
Pour la série Between Finger and Thumb, j’avais envie de laisser à celui qui regarde la liberté d’interpréter comme il le souhaite ces images. Le titre est évasif et le texte qui l’accompagne aborde une réflexion générale sur l’enfance. De plus, aucune des images ne s’accompagnent de légendes. Je ne voulais pas imposer un message précis aux spectateurs. Au contraire, je voulais que mes images fassent écho à leur propre enfance, que grâce à mes photographies ils puissent réfléchir et se souvenir de moments similaires qu’ils ont également vécus dans leur jeunesse, car l’enfance reste une période universelle traversée par tous.

Le sentiment de solitude se ressent souvent dans tes photographies, peux-tu nous en dire plus ?
Je suis quelqu’un d’assez solitaire et la photographie est pour moi une pratique propice à la solitude. En tant que photographe freelance hormis les moments de shootings qui sont relativement minoritaires comparé au temps de post-production, je suis amenée a travailler souvent seule chez moi ou dans mon atelier. De plus ma pratique personnelle est très intimiste invitant ainsi à la réflexion et a l’introspection. Cela peut donc expliquer pourquoi le sentiment de solitude est souvent présent dans mes photographies. Mais c’est un sentiment voulu, recherché et en ce sens il n’est pas n’est négatif, bien au contraire.

Tu t’exprimes beaucoup à travers des détails, des petites choses ou impressions, peux-tu nous en dire plus ?
C’est dans les petites choses du quotidien, dans tous ces détails qui pour beaucoup paraissent anodins, que je puise mon inspiration. Mettre en scène et photographier tous ces éléments me permet de les mettre en valeur. De rendre l’ordinaire un peu plus extraordinaire.

Quel est ton processus de création ?
Des auteurs tels que Gaston Bachelard, Georges Perec ou encore Italo Calvino sont pour moi de grandes sources d’inspiration. La poésie également, et plus particulièrement les oeuvres de Sylvia Plath. Avant chaque prise de vue il y a généralement un gros travail de recherche. Pour ma série Nesting in the Wolf Tree par exemple, je me suis penchée sur le symbolisme de la forêt notamment dans les contes et légendes. Je me suis également intéressée à tout ce qui touchait à l’abris, au refuge à la cabane. J’ai relu la Guerre des Boutons de Louis Pergaud mais aussi Walden ou la Vie dans les Bois de Henry David Thoreau. Je fais également beaucoup de croquis des images que je souhaite mettre en scène ou photographier. Etant donné que je travaille à l’argentique le processus est long et la prise de vue se fait étape par étape, image par image. Je peux facilement passer une journée entière sur une seule image faisant plusieurs tests de lumière, de cadrage et de mise en scène.

Peux-tu nous parler de la série «Postcode War» pour laquelle tu as choisi un sujet différent de ceux que tu abordes dans tes autres séries ?
La série Postcode War est très différentes de mes autres projets dans le sens ou cette dernière met en avant une approche beaucoup plus documentaire. Elle s’intéresse à l’histoire d’un territoire et non à l’histoire personnelle. J’ai réalisé Potscode War durant mes études à Londres, à l’époque j’habitais dans l’Est Londonien, à quelques minutes à pied du quartier de Hackney. A partir de la fin du XXème siècle ce faubourg est devenu l’épicentre de la culture des gangs et plus précisément, le champ de bataille de deux bandes rivales: les Hackney Man Dem et Tottenham Man Dem. Régulièrement, la presse locale annonçait le décès d’un jeune homme, mort au cours de règlements de comptes nocturnes entre les deux gangs. A la fois fascinée et apeurée par ce qu’il se passait en bas de chez moi, j’ai commencé à collectionner touts ces articles de presse. Parallèlement, j’ai également fait des recherches sur Hackney, sur son histoire, sur sa population et sur les transformations que le quartier a subi à travers le temps dans le but de mieux connaître et de mieux comprendre le territoire sur lequel j’habitais. A partir de là j’ai décidé de me rendre sur les divers lieux où les membres des Hackney et Tottenham Man Dem ont violemment perdu la vie depuis Janvier 1997, période à laquelle le conflit fut initié. Ce projet photographique fonctionne comme une sorte de typologie de lieux vides propre a n’importe quelle ville. Seule l’obscurité, le cadrage serré et l’absence de vie humaine laisse deviner une réalité plus inquiétante.

Comment est née l’idée de la série «Nesting in the Wolf» ?
Après avoir passé 5 ans à Londres, j’ai finit par ressentir un fort besoin de me rapprocher de ma famille, de revenir aux sources. Mon master terminé je suis donc revenue vivre en Seine et Marne d’où je suis originaire. Une fois de retour, j’ai passé de nombreuses journées à errer seule dans la forêt de Fontainebleau, à faire le point sur mes doutes, mes envies et mes désirs. Portée par l’immensité de cet espace, je me retrouvais à marcher des heures en silence perdue dans mes pensées, tombant quelques fois par hasard sur des lieux qui m’étaient bien connus et où je retrouvais des cabanes construites par d’autres enfants, mais étrangement identiques a celles que j’avais pu faire il y a 16 ans. Cette série retrace en quelque sorte toutes ces promenades solitaires, tous ces moments contemplatifs et introspectifs. Elle suit le promeneur, tout en matérialisant au fil de sa marche ses pensées et ses souvenirs. Et si la série évoque des temps passés c’est résolument l’expérience présente du promeneur qui prédomine et l’impact psychologique que la forêt peut avoir sur ce dernier.

Quels sont tes projets ?
Tout d’abord, terminer ma série Nesting in the Wolf Tree que je ne trouve pas encore tout à fait aboutie puis travailler sur un projet d’édition pour la fin 2016. J’ai également un autre projet en cours commencé il y a un an suite au décès de ma grand-mère paternelle qui vivait au Mexique. C’est un projet autour de la famille et du symbolisme de la mort au Mexique.

Merci Alexandra !

Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano
Interview Alexandra Serrano

Comments

Votre adresse IP : 54.81.71.68
  • Il y a 1 semaine 3 jours
    Ellhege E.

    Cialis Generico Online <a href=http://tadalaffbuy.com>cialis without a doctor's prescription</a> Cialis Frei Apotheke

S'inscrire

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici !

Réinitialisation de mot de passe

Connectez-vous ici !