Interview

Benoît Courti

Recevez votre formation Photoshop

offerte en créant votre compte F/1.4 rien qu'à vous

6 Minutes

Exifs

Nom / Benoit Courti
Age / 39
Situation familiale / En couple, une fille
Localisation IRL [Ville, Pays] / Paris, France

Style de photo / Portraits, mise en scène
Date de début de photo / 2010
Apprentissage / Autodidacte
Statut / Pro
Date de début d’activité / 2010

Photographe préféré / Impossible pour moi de ne citer qu’un nom, qu’une chanson etc… Quelle torture! Avedon, Lindbergh, Roversi, Ritts, Penn comptent particulièrement, j’ai grandi avec leurs images

Appareil photo [Marque, modèle, objectif] / Canon 5D mark II, 100mm f2.8, 85mm f1.2, 35mm f1.4, 24-70mm f2.8
Logiciel [de retouche] / Lightroom, Photoshop CS4 (très peu), DXO Film Pack

Benoît Courti

De tes photos il ressort beaucoup de douceur, même si le sujet abordé peut être plus violent. Est-ce instinctif ou volontaire comme démarche ?
Il me semble que c’est plutôt instinctif. Même si je suis plutôt mal placé pour parler de ce que les autres perçoivent à travers mes images, il est vrai je n’affectionne pas les lumières trop dures et sans doute est-ce en partie de là que vient cette sensation de douceur…

Tes photos sont épurées et pourtant elles nous racontent plein d’histoires, d’où te vient ton inspiration ?
Pour l’inspiration, j’ai une petite boîte secrète cachée tout au fond de moi que je remplis chaque jour de tout ce qui me touche. On y trouve plein d’histoires, des regards, des rires d’enfants, des larmes, l’amour, la mer et de la musique…

Penses-tu longtemps à l’avance aux compositions que tu vas réaliser ?
Il n’y a pas de règle, elles se présentent parfois d’elles-mêmes et il ne reste plus qu’à se servir de ce que l’on a sous les yeux c’est la version la plus simple et la plus rapide.

Dans d’autres cas il y a l’envie d’illustrer une idée plus précise, alors il faut simplement rassembler les bons éléments. J’essaye de faire au plus vite afin de ne pas me perdre en chemin, mais l’important, au-delà du temps c’est d’arriver à se donner les moyens de ses envies.

Ce qui marque le plus dans tes portraits ce sont les regards et l’impression que tu prends tes photos sur le vif alors qu’ils sont fait en studio, peux-tu nous en dire plus sur la façon dont tu diriges tes modèles et la relation que tu instaures avec eux ?
Le portrait est avant tout un échange humain, et même si parfois on dispose de très peu de temps, il faut essayer d’instaurer un climat de confiance car la personne photographiée doit pouvoir vous donner une part d’elle-même. Les regards sont importants pour moi et j’aime avoir l’impression de pouvoir lire l’âme. J’essaye de capter au mieux l’intensité dégagée, je m’intéresse à la personne, essaye de comprendre ce qu’elle aime, ce qui la touche…

Puisque tu dis avoir continué pendant cette période à nourrir ta culture photographique, penses-tu que le fait d’avoir arrêté la photo pendant que tu menais ta carrière de musicien t’a permis de mûrir un style ?
Avoir commencé sur le tard change certainement mon approche car j’ai eu le temps de me forger une culture photographique et d’affiner ma sensibilité.
Le fait de n’avoir jamais pensé devenir «photographe» un jour a sans doute contribué également au fait que je réagisse purement à mes propres envies, sans contrainte.
Les images que je produis sont simplement le résultat de ce que j’aime, mes choix. Je n’ai rien inventé, ni le noir et blanc ni le fond noir, ni rien d’autre, la seule chose qui m’appartient c’est mon goût.

Tu as commencé à faire des portraits avec juste un fond noir, une lumière continu et un réflecteur, qu’en est-il d’aujourd’hui ?
Cela n’a pas beaucoup changé techniquement car c’est ainsi que j’ai pris mes repères et même si parfois j’ai vraiment envie de mettre de coté le fond noir c’est souvent pour ce type de portrait que l’on m’appelle.
Voici deux portraits que j’aime bien et qui dérogent à la règle du noir:

Peux-tu nous parler de la photo du baiser «Miss You» ? Que fait-elle résonner en toi ?
Cette image se joue entre présence et absence, une réflexion sur l’amour et le temps. Je préfère laisser les gens s’approprier l’histoire qu’ils veulent bien se raconter en regardant cette image, car plusieurs interprétations sont possibles.

Tu fais essentiellement du noir et blanc et tes couleurs possèdent toujours deux dominantes, pourquoi ce choix ?
Et bien c’est difficile de répondre à cette question car je n’avais jamais remarqué! C’est complètement inconscient de ma part…

Les matières et textures sont omniprésentes dans tes clichés, quelle importance y portes-tu ?
Si je mets un léger grain, en revanche je n’utilise quasiment jamais des textures appliquées sur les images.

Peux-tu nous donner les différentes étapes de ton post-traitement ?
Tout d’abord le choix, savoir s’arrêter non pas sur une image mais sur celle qu’on aime le plus, la bonne, celle qui vous parle vraiment. Ensuite, sous Lightroom, je travaille la courbe de niveau et retouche localement les zones qui me chagrinent.
De la même façon que si je dessinais, un peu plus clair là, foncer encore ici…
Ce que j’aime dans le noir et blanc, c’est justement toutes les nuances qu’il y a entre les deux. Explorer toutes les valeurs en partant du noir absolu jusqu’aux plus hautes lumières. Je n’utilise que très peu Photoshop mais il m’arrive parfois de me servir de quelques outils afin de gommer un petit détail ou arranger quelque chose.
A la fin j’utilise DXO Film Pack pour ajouter un peu de grain, cela n’est pas forcément perceptible sur écran mais à l’impression, surtout pour les grands formats, il y a une grosse différence dans les détails.

Tes photos semblent intemporelles, est-ce volontaire et si c’est le cas, pourquoi ?
J’essaye d’insuffler une certaine “poésie” dans mes images, je les conçois davantage comme des petits tableaux qui seraient comme extraits de la réalité du temps.
Des sortes de flashs dont on se souvient après avoir fait un rêve. Il y a peu de références, de codes trop évidents se rapportant à une époque précise, cela rajoute un certain mystère, porte au premier plan l’émotion et le coté un peu symbolique de certaines images. Le fait de choisir des compositions très minimalistes contribue beaucoup à cette impression.

Tu cadres très souvent au carré, pourquoi ce choix ?
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles j’apprécie particulièrement le format carré. Tout d’abord, il convient particulièrement aux sujets centrés, l’attention est portée instinctivement sur le milieu et il renforce également la notion de profondeur dans l’image. La composition requiert une approche différente du fait de la particularité géométrique même du carré, il devient alors un terrain de jeu incroyable entre émotion et logique. Cette sensation absolue d’évidence, d’équilibre, comme si tout était facile. C’est exactement la même chose en musique lorsque l’on écoute un morceau que l’on aime, ça a toujours l’air d’être simple! J’aime également le côté un peu surréaliste qu’apporte ce format car il ne correspond absolument pas au reflet de la vision humaine.

En regardant tes photos, j’ai l’impression de voir quelqu’un de très affirmé, de très fort. C’est sûrement dû à ce noir et blanc très contrasté et à cette intensité dans les poses, les regards. De l’autre côté tu n’as pas l’air d’avoir envie de beaucoup parler de tes photos. Elles sont peut-être trop personnelles ?
Bien sûr elles sont personnelles, comme pour tous les photographes, dans le sens où une photo est toujours un moment vécu, une petite fraction de nous à chaque fois, mais si j’en parle peu c’est surtout que je n’en éprouve ni l’envie ni le besoin. J’aime les images qui parlent d’elles mêmes, parler de ses propres images ne me semble pas très utile, les faire est déjà une façon d’exprimer ce que l’on a à dire ou à montrer, c’est un langage à part entière. On sait si l’on est touché par une photo en un quart de seconde alors pourquoi en parler des heures?

Le point de vue est souvent à la première personne dans tes clichés. C’est même exacerbé sur beaucoup de photos. Pourquoi ?
C’est une expérience intéressante de mettre quelqu’un à une autre place que la sienne, d’essayer de le transposer dans une scène comme s’il en faisait vraiment partie. C’est un jeu de point de vue, une façon de mieux partager le moment, de gagner en intimité. J’aime beaucoup la sensation que cela procure.

Merci Benoît !

Actualités

Benoît travaille en ce moment sur un projet qui verra le jour en 2015, une association d’une vingtaine de photos associées aux chansons de Guillaume Favray, un auteur compositeur interprète afin d’en illustrer les textes qui le touchent particulièrement.
Va en découler une série d’expositions où l’on pourra écouter les titres devant de grands tirages. Je vous invite donc à suivre ses pages afin de pouvoir aller voir son travail en live !

Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti
Interview Benoît Courti

Comments

Votre adresse IP : 54.234.190.237

S'inscrire

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici !

Réinitialisation de mot de passe

Connectez-vous ici !

randomness