Interview

Blandine Géneau

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6 Minutes

Exifs

Nom / Blandine Géneau
Age / 45
Situation familiale / Célibataire
Localisation IRL / Marseille

Style de photo / Portrait, mise en scène
Date de début de photo / Fin 2006
Apprentissage / Autodidacte
Statut / Amateur et bientôt Auteur

Photographe préféré / Tous les photographes qui ont un univers personnel singulier et qui me font rêver
Chanson préférée / Aucune en particulier mais du jazz certainement
Film préféré / Le premier qui me vient à l’esprit : Y’aura-t-il de la neige à Noël ?, mais sinon les polars en général.
Livre préféré / Celui qui m’a le plus marqué : Le portrait de Dorian Gray
Citation préférée / L’espoir fait vivre !
Région préférée / En tant que nordiste du Sud je suis partagée ;-) Une région où il y aurait la lumière de la côte d’Opale et des Calanques !
Gourmandise préférée / Les speculoos

Une journée type en 5 mots / Ecriture, repérages, équipe, amusement, histoire

Appareil photo / 650D, 30mm Sigma
Logiciels / Lightroom, Photoshop


Comment la photographie est rentrée dans ta vie ?

J’ai servi de guide, un week-end en octobre 2006 à Lille, à des fous qui faisaient de la photographie, quelques jours plus tard j’achetais mon premier « vrai » appareil, un bridge Canon. A l’époque je m’essayais au dessin et à l’illustration. En 2008 un arrêt maladie d’une longueur certaine m’a permis de prendre mon temps pour apprendre les différentes fonctions de mon appareil et passer beaucoup, beaucoup de temps sur photoshop. Et faire de longues, très longues balades sur les plages du Nord et de faire plein, plein de photos.
En 2010, je suis arrivée dans le Sud, que de lumière, que de lumière..ça m’a pas mal perturbée au début. J’ai été en AE pendant un an et j’ai laissé tomber car je ne sais pas me vendre et ça ne m’intéresse pas d’apprendre à le faire. L’été 2014 j’ai eu un déclic et j’ai décidé de recentrer mon travail en racontant des histoires.

Quel style de photo fais-tu ?
Je fais un peu de portrait au fil de mes rencontres, quand j’ai envie de passer un moment avec la personne photographiée et quand quelque chose en elle m’attire, ça peut être son sourire, sa personnalité…etc. Il faudrait que j’en refasse d’ailleurs.
Sinon je fais de moins en moins de photos et j’essaie de bâtir des séries qui peuvent être dites « cinématographiques », je travaille d’abord l’écriture, ensuite je fais les repérages et enfin un ou deux storyboard afin de pouvoir me concentrer sur l’expression des modèles au moment du shooting.
A côté de cela je fais des plus petites séries dont le sujet me touche personnellement ou m’amuse. La photo est devenue pour moi un moyen d’expression indispensable.

Peux-tu nous décrire une séance photo type avec toi ?
En général, je parle beaucoup du sujet avec les modèles et l’équipe technique (quand il y en a un) bien avant le shooting. J’écoute les avis de tout le monde et cela me rassure, ensuite je prévois les lieux, le placement des modèles (et des lumières si il y a lieu), pour la série « la Lune sera Noire » tout le monde avait aussi un storyboard détaillant chaque scène, ensuite j’aime être assez rapide (voir trop rapide par moment) et je me concentre sur le jeu d’acteur des modèles en essayant de ne pas les faire trop rire;) La sélection des photos, je la fait seule dans un premier temps et en cas de doute je demande aux modèles et/ou à l’équipe technique.
Après arrive un des moment que je préfère, quand je suis seule devant la photo à en faire la retouche, en fonction de l’intention ou de l’ambiance que je veux donner cela prendre entre ¼ d’heure et 4 heures.

Quel est ton projet ou shooting rêvé ?
Le prochain:-)

Que penses-tu des textures et des poissons dans le ciel ? Est-ce un hommage à Bilal ? Qu’est ce que cela apporte à tes photos ?
Les textures me permettaient (je n’en utilise quasi plus) de donner un aspect plus «dessin» à mes photos, comme je faisais un peu d’illustration avant de commencer la photo et que je sortais d’une formation en création textile, j’avais envie de jouer sur les matières essentiellement à mes débuts. Les poissons sont venus plus tard avec la série «chimères», c’était surtout pour moi une façon de m’amuser graphiquement. Pour l’inspiration, même si j’ai lu la plupart de l’œuvre de Bilal je pense plutôt avoir été influencée pas Arizona Dream.

Y-a-t il une histoire que tu aimerais mettre en scène en photo ? Y as-tu déjà vraiment pensé ?
Oui, je m’y suis déjà essayée en résumant et détournant M le Maudit de Fritz Lang en 4 images, et en créant une série d’inspiration «polar». Mais pour cette dernière l’histoire était vraiment restreinte, ça a été une super expérience mais je suis restée assez frustrée. Cette série aura, je pense, servi d’essai et m’a permis de travailler et d’apprendre avec beaucoup d’amis puisque nous avons été au final 13 durant le shooting avec chacun un rôle bien précis.
Suite à cette expérience j’ai commencé à écrire une autre histoire, je me suis là inspirée d’un fait de société que j’ai remis à ma sauce. En ce moment je fais les repérages et le story board, je travaille très lentement sur ce projet mais c’est ce qui me permet d’y inclure plein de détails et de prendre en compte les retours que j’ai eu sur la précédente série.
Cette fois-ci je vais travailler avec une équipe plus restreinte et laisser un peu plus de place à l’improvisation.

Tu as fais le pas de repasser au statut amateur après avoir été pro. Peux tu nous en dire plus ? Est ce une démarche difficile ? Qu’est-ce que cela t’a apporté dans ta vie et dans ta pratique photographique ?
Cela n’a pas été difficile car je n’étais pas très motivée pour passer pro, j’ai en fait profité d’une opportunité. J’aurais certainement regretté de ne pas avoir essayé même si je savais un peu dès le départ que ce n’était pas pour moi. Contrairement à beaucoup être à mon compte ne m’a pas plu, je n’aime pas du tout tout le côté «paperasses» et me retrouver à négocier le prix de mes prestas en permanence m’a très vite fatigué. En plus pendant ce temps là mes projets personnels n’avancaient pas. Il n’y a qu’une seule chose qui me manque un peu, ce sont les mariages, mais physiquement je ne pouvais pas en assumer beaucoup de toute manière. En conclusion je ne regrette pas l’expérience car cela m’a appris beaucoup sur moi et en photo mais je me sens mieux depuis que j’essaie d’être auteur photographe avec mes projets personnels.

Tu es passé également du coté modèle pour quelques projets. Comment as tu abordé ce moment ?
La première fois que je me suis retrouvée derrière l’appareil c’était pour la série d’une amie. Le fait de ne pas me reconnaitre (car j’étais très maquillée et costumée), m’a tout de suite donné envie de m’amuser. Je connaissais très bien la photographe donc il n’y avait pas de gène entre nous.
Ma deuxième expérience était différente car je n’avais rencontré qu’une fois le photographe. Je l’avais interviewé et j’aimais tellement son univers que j’ai eu le culot de lui demander de poser pour lui ! J’ai posé pour plusieurs de ses séries et cette fois-ci je le faisais aussi un peu comme une thérapie car j’ai accepté de poser semi-nue pour une des séries, ne faisant pas un 38 fillette c’était un défi pour moi ! Je n’ai pas voulu savoir à l’avance ce qu’il avait prévu pour moi, c’est à dire que j’ai accepté de poser nue juste avant le début de la séance, sachant que j’avais entière liberté de refuser, étant là pour différents autres projets. Etre de l’autre côté de l’objectif apprend beaucoup, on se rend compte comment le photographe en face peut être aussi impressionné que nous, il faut aussi réussir à comprendre ce qu’il veut qu’on fasse ressentir et comment rentrer dans son univers. Je suis maintenant beaucoup plus attentive aux explications que je donne à mes modèles, et j’essaie de donner un maximum de détails sur le personnage que je leur fait incarner.

Tes images sont souvent torturées (je parle autant du fond de la photo que de la forme). Quelle en est la raison ?
Pour la forme c’est essentiellement car j’aime autant le travail en post-prod que la préparation et le shooting en lui-même. C’est à ce moment là que je me retrouve seule face à mon écran et je peux essayer d’arriver à l’univers et l’ambiance que j’ai dans la tête. Pour le fond, la photo a toujours été un exutoire pour moi, elle me permet de sortir de moi tout ce qui peut me torturer ou me perturber. Et ça m’amuse assez de ne pas refléter du tout le côté noir de mes photos quand on me rencontre, il y a un peu de provocation dans tout ça, je dois l’avouer. Mais c’est aussi une manière de faire la balance avec le fait que je me trouve dans la vie trop gentille et trop naïve ;) Merci Blandine !

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