Interview

Cédrick Hoffmann

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7 Minutes

Exifs

Nom / Cédrick Hoffmann
Pseudo / Je n’en ai pas
Age / 36
Situation familiale / Célibataire, sans enfant (que je sache en tout cas)
Localisation IRL / Lyon

Style de photo / Avec des gens…
Date de début de photo / Mars 2012
Apprentissage / Autodidacte
Statut / Amateur

Photographe préféré / Thanh Nguyen, Olivier Valsecchi
Chanson préférée /…oula tellement…ça dépend complètement de mon humeur, ça peut aller de « Don’t give up » de Peter Gabriel à « Bull in parade » de RATM
Film préféré / Idem que la question précédente. pour les films : de «Dogma» à « Les cerfs volant de Kaboul »
Livre préféré / « La vie devant soi»
Citation préférée / « On est pas responsable de la gueule qu’on a, mais de la gueule qu’on fait»
Région préférée / Ça dépend du relief recherché. J’ai une grosse affection pour la région toulousaine.
Gourmandise préférée / J’hésite entre le foie gras et les after eight

Une journée type en 5 mots / Café, café, matos, shoot traitement

Appareil photo / Après 2 ans avec un D7000, je suis depuis presque un an avec un 5D MK III
Logiciels / LR 5, et très très peu photoshop CC

Cédrick Hoffmann

Tu es ce qu’on peut appeler un touche à tout, musique, photo, vidéo…pourquoi ce besoin d’explorer des univers différents ?
Ce n’est pas un besoin mais plutôt des opportunités qui se sont créées au fil des rencontres. Si j’ai un besoin, c’est plutôt celui de créer, de me confronter à des difficultés pour me sortir de ma zone de confort. Le coté apprentissage m’intéresse toujours, j’aime apprendre, comprendre comment cela fonctionne et le mettre en application. Dans une ère où les choses sont bien plus accessibles, ça ouvre le champ des possibles.

La plupart de tes photos sont faites en collaboration ou à l’occasion de rencontres avec d’autres photographes, le travail en équipe est essentiel pour toi ? Si, oui pourquoi ?
Que ce soit avec d’autres photographes, ou avec des gens qui posent pour moi (je déteste le terme « modèle »), c’est l’effet ping-pong que je trouve génial. On s’inspire les uns les autres, ça permet d’une de progresser, et de deux, d’explorer des idées que je n’aurais pas eu seul.

Tu dis que la musique t’a amené à la photo, par quels chemins es-tu passé ?
Un processus simple d’un esprit malade…assez rapidement quand j’ai commencé à composer mes premiers morceaux, j’avais des images en tête, un peu comme un clip. De là je me suis dit que ce serait sympa de faire de la musique de film, comme on est jamais mieux servi que par soi même, j’ai commencer à me frotter à la réalisation de court métrage. Puis, n’étant pas autonome pour filmer, un ami m’a prêter son bridge en me disant « fais des shoots pour des books comédiens, tu te fais payer, et tu pourras acheter ton reflex pour filmer »…ni une ni deux et en total inconscience, je me suis lancé dans la photo. Sauf que, étant un peu monomaniaque, je suis resté un peu bloqué à la photographie, mais je reviens à présent à la video, et du coup à la musique pour illustrer tout ça. Et ce que j’aime dans la photo par rapport à la musique en groupe, c’est que si j’ai besoin de quel qu’un, c’est pour quelques heures. Je suis bien plus autonome qu’en musique où c’est une galère monstrueuse pour caler un planning commun pour 3 pèlerins afin de répéter et mettre en place une setlist.

Tu fais des autoportraits et tu poses également pour d’autres photographes, qu’est-ce que cela t’apporte au niveau personnel et dans la pratique de la photo ?
Je pose que très peu, c’est plus dans le cadre de sorties avec des potes photographes, ils ont besoin de quelqu’un sur le moment, et ils me proposent, mais en aucun cas je vais faire la démarche de demander un untel ou untel de me faire une séance. Je n’ai aucun prétention de « modèle ». Mais ça m’apporte une chose, étant de l’autre coté du boitier, je me remets en question en tant que photographe dans ma direction de « modèle ». Voir comment les autres procèdent me fait prendre du recul sur ma façon de faire. C’est toujours intéressant comment réflexion.

Il y a deux facettes importantes aussi à ton travail en photographie c’est l’immobilité qui côtoie le mouvement, est-ce que cela correspond à des envies ou des périodes différentes ? Est-ce conscient ?
C’est effectivement mes 2 angles de travail. Je pense que c’est plutôt les contrastes que j’aime. Tout comme le paradoxe photographique du mouvement. Je fige une action, qui du coup ne l’est plus mais le symbolise. A partir du moment où l’on créé, c’est un parti pris, donc il y a de nous, de nos envies, de nos peurs etc. Pour ma part, c’est très très rare qu’une photo soit le reflet immédiat d’un état, je suis plutôt instinctif.

Comment les idées te viennent ? Est ce instinctif, réfléchis ? Peux tu expliquer le déroulement d’une séance par exemple ?
Mes idées viennent essentiellement de l’inspiration du moment. Que ce soit le lieu, la ou les personnes avec qui je suis, la lumière etc. Sur 3 ans de travail photo, je dois avoir à peine 5 photos que je voulais faire, pour le reste, c’est plutôt des surprises. En particulier tout ce qui tourne sur les mouvements et textures, je ne sais pas du tout ce qu’il va se passer. Je pose un cadre, je recherche la bonne lumière, je donne des directives à la personne devant l’objectif, ensuite je déclenche, et je deviens mon premier spectateur. Je ne maîtrise plus grand chose, et très honnêtement c’est ce que je préfère. Avoir la sensation d’être au bon endroit au bon moment est plutôt jouissif. Bien que je ne sache que rarement ce que je veux, arrive LE moment où en voyant une photo je me dis « c’est bon, on l’a»

Tu as fait récemment fumer tes modèles pour une série de portraits, n’as-tu pas honte ? :)
Alors, comment dire…heu…non. C’était une série faite pour ma première expo en janvier, je voulais des inédites à présenter. C’est parti d’une séance improvisée, puis j’ai demandé à des personnes qui voulaient bosser avec moi. Tout le monde m’a répondu positivement…même des non fumeurs.

Dans tes photos le travail sur la matière tient une grande place, je pense au tissu, à la farine ou poussière, à la fumée, à l’eau…quelle en est l’importance pour toi ?
Cela fait bien souvent parti de mes clichés en mouvement (tissu, farine, argile en poudre, eau). Je trouve intéressant que ces matières deviennent une extension du corps. Cela prolonge le mouvement, donne au corps une nouvelle dimension, au mouvement une ampleur démesurée mais surtout, visuellement cela surprend. Pour ce qui est de la fumée, c’était vraiment l’esthétique qui me plaisait. J’ai fait quelques autoportraits pour tester, le rendu était cool. Les volutes ne s’apprivoise pas, c’est au reste de la logistique de s’adapter. Encore une fois, tous ces exercices sont relativement imprévisibles, c’est le moment qui fait la photo, et non l’inverse. J’aurais beau faire 15 000 fois la même photo, j’en aurais jamais 2 pareilles.

Je remarque que beaucoup de tes modèles ont les yeux fermés sur tes portraits, peux-tu nous en expliquer la raison ?
Plusieurs raison à ça, mais la principale est que, chacun se fait son interprétation. Je trouve qu’un sujet avec les yeux fermés à bien plus de puissance que les yeux ouverts. Paradoxalement, cela ouvre bien plus l’imaginaire de la personne qui regarde la cliché. Plus on donne de clés dans une histoire, moins on se laisse porter par ce que l’on nous raconte.

Il y a peu de temps tu as fait une séance dans un bassin, sous l’eau principalement, peux tu nous en dire un peu plus, sur les préparatifs et sur le déroulement de la séance ?
J’ai fait à présent 2 séances et demi d’underwater. Les 0,5 étant la toute première séance pour voir si le caisson étanche, était vraiment…étanche. Puis j’ai fait un road trip avec des amis l’été dernier. Le but était de trouver un lieu assez grand et profond pour avoir un terrain de jeu sympa. Du coup, on est parti à Marseille, dans des calanques. C’était génial, mais super crevant. Il y avait 4 nanas qui se relayaient, et moi qui suis resté 2h dans une eau à 16° pour les shooter les unes après les autres. Au final j’en ai 4 ou 5 de vraiment bien à mon gout. Puis dernièrement, j’en ai fait dans une fausse de plongée pour les besoin d’un tournage. Nous faisions des essais techniques (lumière principalement) et j’avais des « doublures lumière », j’en ai profiter pour faire 2 ou 3 photos.Pour ce qui est des préparatifs, il n’y en a pas vraiment. Avant de plonger on se met d’accord sur le type de mouvement, je plonge, et j’attends que la naïade se mette en mouvement. Puis petit debrief en remontant pour ajuster le mouvement…Etc.

Tu t’essaies à travers de tes portraits à différentes techniques, est-ce un besoin de tout tester, et/ou d’assouvir une grande curiosité ? Ou plus simplement le fait que tu n’as pas encore trouvé ce qui va te faire passer des centaines d’heures sur un même sujet ?
J’essaye surtout de ne jamais faire 2 fois la même photo. Même sur une série comme la fumée, où je m’était imposé un cahier des charges (format portrait, N et B) j’ai réussi à sortir 8 photos différentes suivant la personne devant l’objectif. Depuis qqjours, je suis sur la surimpression (via photoshop). Ca devrait me tenir qq semaines avant de vraiment maitriser ça. Je pense que mon coté touche à tout se reflète dans mon travail en général, j’aime pas la monotonie.

Tu touches également à la vidéo. Qu’est ce que cela t’apporte ?
C’est un autre exercice. Je fais parti d’une association qui s’appelle entre les mailles ( http://www. entrelesmailles.fr/ ). Lorsque l’on part sur un projet video, cela demande beaucoup plus de réflexions que la photo, enfin pour ma part. Il y a des compétences diverses et variées, une complémentarité dans les fonctions de chacun etc. Ce que ça m’apporte à proprement parler c’est une rigueur dans la structure d’un projet, un travail d’équipe pas toujours simple, mais du coup il faut avoir du recul sur soi même.

Merci Cédrick !

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