Interview

Diane Dufraisy (Neverends)

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8 Minutes

Exifs

Nom / Diane Dufraisy
Pseudo / Neverends
Age / 34 ans
Situation familiale/ Célibataire
Localisation IRL/ Paris

Style de photo / Lieux abandonnés ou inaccessibles, souterrains / exploration urbaine
Date de début de photo / 2002
Apprentissage / Graphiste (Diplôme d’arts appliqués et de réalisateur multimédia) mais autodidacte en photographie
Statut / Auteur Photographe
Date de début d’activité / 2013

Photographes préférés / Gregory Crewdson, David Lachapelle, Miss Aniela
Chanson préférée / Compliqué ça… Actuellement : Violet’s In A Pool de Tamaryn
Film préféré / Dur de départager l’indépartageable! Retour vers le futur, The Ring, Old Boy, le cinéma japonais et coréen en particulier… mais je suis surtout serievore
Livre préféré / César l’éclaireur de Bernard Montaud
Citation préférée / «Pas besoins d’être une luciole pour être allumée»… de moi-même après une rude soirée!
Région préférée / J’aime tout ce qui me fait sortir de Paris… toute région est belle à mes yeux sauf la région parisienne
Gourmandise préférée / Les macarons!

Une journée type en 5 mots / café — route — photo — café - merveille

Appareil photo / Canon 7D — Canon 10-22mm/ Canon 24-105mm/ Canon 50mm — Lumix LX3
Logiciel / Lightroom et Photoshop

Diane Dufraisy (Neverends)

Très peu de femmes font de la photo “urbex”, comment en es-tu venu à ce style de photographies ?
Quand j’ai commencé, peu de femmes pratiquaient l’exploration. Je préfère parler d’exploration urbaine plutôt que d’urbex d’ailleurs. J’ai commencé en 2004 en me baladant sur la PC (Petite Ceinture) autour de Paris, avec des potes pratiquant également la photo. Sur le chemin nous avons fait quelques friches présentes autour. De retour, vraiment fascinée par cette journée, j’ai cherché d’autres lieux, ce qui m’a fait rencontrer d’autres personnes pratiquant également l’activité et ouvert à d’autres types d’explorations comme les souterrains de la capitale.

Peux-tu choisir une de tes mises en scène et nous en raconter l’histoire, de l’idée première à la réalisation finale ?
Mes images avec des personnages sont à 90% réalisées en post-production, c’est à dire que le personnage est rajouté après la prise de vue et Photoshop.
L’idée de l’image, cela dépend, parfois je vais sur le lieu en ayant l’idée au préalable, soit j’ai l’idée sur place et c’est le lieu visité qui me l’inspire, soit l’idée vient après avec la matière photographique que j’ai réalisé.

Dans le cas de la photo que j’ai choisi, le lieu m’a inspiré, je voulais faire quelque chose avec ce trou que je trouvais tout à fait inattendu, mais rien ne m’est venu sur place ni pendant de longs mois.
Je prends le parti de parler de cette image car sa réalisation a été compliquée et donc marquante ! Mais chaque image est un cas particulier, j’aime sortir des sentiers battus et sortir de ma zone de confort.
Je regardais parfois cette photo en me disant que je voulais faire quelque chose… qu’elle dégageait une ambiance forte qu’il fallait exploiter. J’avais dans l’idée d’y faire sortir des jambes comme sur certaines photos réalisées précédemment. Je me suis donc attelée à me prendre en photo dans la position que j’imaginais! Mais je n’ai pas obtenu le résultat attendu, pour la simple raison que l’idée ne me semblait pas assez forte.
J’ai donc fait des recherches de positions et je suis finalement arrivée à cette position qui me plaisait… après il a fallu la réaliser… chez moi ! Je me suis donc allongée sur ce que je trouvais qui pouvait avoir à peu près la même hauteur que le bas du trou… je n’ai donc trouvé rien de mieux qu’un bac de rangement en plastique : quelques images en autoportrait et j’obtiens enfin ce que je recherche en terme de rendu!
Ensuite je découpe mon personnage et je l’intègre dans Photoshop, je le travaille pour qu’il s’intègre à ma photo d’origine que j’ai déjà traitée, dont j’ai déjà défini l’atmosphère. J’intègre des ombres, c’est finalement le plus compliqué et ce qui peut faire le moins réaliste dans une image. Je rajoute souvent des cheveux mouvants et longs et le tour est joué.

Les cheveux de tes personnages ont toujours un effet très “aérien”, pourquoi ?
Le coté aérien est la touche d’irréalité de l’image, je dépose un personnage, souvent on pense qu’il a été pris sur place, que c’est une scène réelle, or il n’en est rien, c’est un personnage sur-réel et les cheveux sont indices.
Ils font également référence à Médusa, la gorgone, petite j’étais passionnée par les mythes païens, grecs et romains. J’étais fascinée par ses cheveux infinis fait de serpents. La gorgone est un monstre victime d’une métamorphose, cette métamorphose c’est ce que j’exprime dans mes images et qui se caractérise par ses cheveux irréels.

Tu dis “ré-humaniser” ces lieux abandonnés, je trouve aussi que cela leur redonne une certaine chaleur en opposition aux couleurs souvent froides que tu fais ressortir. Qu’en penses-tu ?
Oui cela rend moins froid et mort les lieux, ça adoucit l’image, j’aime bien travailler sur les oppositions colorimétriques, de matière ou de perception. C’est vraiment de leur redonner vie le temps d’une image.

Quelle est ta vision de l’urbex ? Est ce que les spots se partagent ? A-t-on le droit de déplacer au moins un peu de poussière, voire, faire des mises en scène dedans ? Ou penses-tu qu’il faille ne rien y toucher pour préserver le lieu ? En gros, terrain de jeu ou musée ?
Ma vision de l’exploration, c’est plutôt d’en toucher le moins possible, il m’arrive de bouger une chaise ou d’ajuster un élément pour faire ma photo, mais je remets en place quand j’ai fini. Je n’aime pas laisser de traces, ma trace à moi c’est la photo, ma vision du lieu et ce que j’en fait après. Mais je n’aime pas toucher aux lieux eux-mêmes.
Quand j’ai débuté, peu de gens pratiquaient par rapport à maintenant, les lieux ne bougeaient pas trop, on se partageaient un peu les plans, maintenant c’est nettement plus compliqué! Beaucoup trop de monde pratique, avec des visions relativement différentes… certains n’hésitent pas à changer tous les meubles de place pour faire une photo, laisser leur noms partout, divulguer les lieux… ce qui entraine des accidents (l’exploration est une activité dangereuse), des détériorations… les lieux se dégradent plus vite et disparaissent donc plus vite. La contrepartie c’est que plus de lieux ont été découverts, mais c’est la seule contrepartie positive que je peux donner à cette activité.

Tu inventes une nouvelle vie à ces lieux en y ajoutant des personnages, l’ambiance que tu crées a évolué au fil des années. On a l’impression de passer plus du cauchemar au rêve. Comment expliques-tu cela ?
Quand j’ai commencé la photo, ou même l’exploration, c’était le contraire! On passait plutôt du rêve au cauchemar, j’avais un côté dark, j’ai mis des années à l’exorciser.
Les gens ne s’arrêtaient qu’à la noirceur que j’exprimais et n’allaient pas plus loin.
Finalement, j’ai réussi à passer à autre chose, revoir mon message et mon besoin d’expression. Mettre du positif, de la lumière dans des lieux abandonnés, noirs, oubliés, des endroits qui ont tendance à faire peur aux gens mais qui, pour moi, au contraire me fascinent, dans lesquels je me retrouve et je me sens bien. C’est maintenant cela que j’exprime mon bonheur de découvrir des lieux et de laisser mon imagination me guider dans ce qu’ils m’inspirent.

Est-ce que ce n’est pas justement parce que tu as trouvé ton mode d’expression que tu laisses maintenant de côté cette noirceur de tes débuts ?
Ou bien la noirceur n’est plus mon mode d’expression. Finalement, certains lieux expriment déjà pas mal de noirceur sans avoir besoin d’en rajouter, et justement jouer sur les contrastes en ajoutant un humain dans une position et atmosphère plus douce donne une scène plus impactante. Malgré tout, la photo est vraiment un mode d’expression personnel, ça dépend pas mal de mon état d’esprit à l’instant T.

J’ai l’impression aussi que tes personnages ont changé, ils sont passés d’explorateurs des lieux à habitants des lieux, peux-tu nous en dire plus sur cette évolution ?
En effet, de personnages posés, petit à petit ils se fondent dans le décor, il y a une sorte de fusion entre le lieu et le personnage, pour montrer un autre état, cela met aussi en avant le passage du temps sur la matière, l’humidité fait craqueler la peinture, change les couleurs, transforme les matières, pour les personnages c’est pareil, il se métamorphosent.

En regardant tes photos je me suis aperçu que tu ne rajoutais pas de personnage dans les lieux qui véhiculent une forte émotion historique, est-ce parce que ces lieux parlent d’eux-mêmes ?
Pendant longtemps j’ai été tiraillée entre la photo historique et mon besoin de m’exprimer par le graphisme, finalement j’ai 2 tendances, j’aime faire de la photo historique et prendre les lieux, juste leur donner une atmosphère. Et d’un autre côté, sur certains, exprimer mes idées. Je fais pas mal de photos dans un but historique mais j’en poste très peu, je mets vraiment en avant mon coté créatif par les montages car c’est sur ces images qu’il y a le plus ma touche, mon univers, celles où il y a le plus de moi.

Quels sont les lieux qui t’ont marqué le plus et pourquoi ?
Les carrières de Paris (catacombes) : 250km de galeries à explorer, un contenu historique riche, on peut passer des années à arpenter ces galeries et en apprendre toujours sur l’histoire de Paris. Le fait d’être en dessous de Paris, d’entendre les sons de la surface à certains endroits tout en étant comme dans un monde à part, parallèle, j’aime beaucoup cette sensation.
Le silo 5 de Montréal : très gros bâtiment fermé depuis un bout de temps, pas de détérioration et une vue sur Montréal assez hallucinante! C’est la particularité de cette ville : on peut à la fois faire des bâtiments abandonnés de grande envergure et de la toituro avec une belle vue sur les grattes ciel.
J’en garde un bon souvenir aussi à cause du Silophone et d’une personne qui s’est mise à chanter. Le son se réverbérant dans les silos était juste magique, on est resté pétrifié sans comprendre ce qui se passait, puis on est resté là, à écouter.
La chambre de commerce : on est entré au levé du jour, il ne fait pas très beau dehors, mais quand j’arrive dans la salle principale…la grandeur de l’édifice et sa beauté sont très prenantes et je me suis pris une sacré claque, c’etait vraiment superbe avec une lumière particulière.
L’hôpital Richaud : ce n’était pas mon premier hôpital mais c’est celui qui me laissera le plus de souvenir. Je l’ai visité à maintes reprises.
Majestueux et historiquement riche. J’en ai un souvenir particulier à cause d’un souterrain avec une morgue. Nous rentrions au rez-de-chaussée et nous suivions un long couloir pour atteindre un escalier en colimaçon en préfabriqué pour aller à l’étage supérieur et juste à côté, un couloir plongé dans le noir allait vers les souterrains de l’hôpital. A cet endroit de bifurcation, je me sentais particulièrement mal, oppressée.
A chacune de mes visites je suis retournée à cet endroit pour tenter de comprendre et j’avais toujours la même sensation… je n’avais pourtant aucune raison ni stress de venir ici. Un autre hôpital me donnera une sensation similaire mais jamais aussi forte que celui de Richaud, j’ai pourtant visité pas mal d’hôpitaux et quelques uns avec des morgues et seuls ces 2 sites me feront cette sensation d’oppression. Le mystère reste entier et le souvenir intact.

Ton travail sur les couleurs est très important dans toutes tes compositions, tu fais également du HDR, peux-tu nous en dire plus sur les retouches que tu fais ?
Je retravaille pas mal les couleurs, par contre je ne fais pas de HDR. Je joue sur les contrastes et j’accentue la clarté, je récupère les hautes lumières aussi.
Sinon je me suis créé des presets Lightroom, que j’utilise pour mes photos, j’ai un preset de base que j’ai d’ailleurs mis sur mon blog dans un article sur le sujet. Ce sont les réglages de base que je retouche à chaque fois.
Ensuite, j’applique d’autres presets de ma composition, que je retouche au gré des photos. Parfois, je passe du temps à remanier ces presets pour ne pas rester sur mes acquis et faire de nouvelles choses. Ces derniers temps, j’ai joué sur un côté plus nostalgique dans les rendus.
Sinon, j’aime surtout accentuer les couleurs, les mettre en valeur car l’appareil photo a, de base, je trouve, le rendu assez fade.

Merci Diane !

Actualités

Spécialement pour Noël, Diane vous propose un joli coffret limité à 10 exemplaires avec 5 tirages 20×30 de sa série « passé décomposé ».

Voila le lien si vous avez des questions à lui poser ou si vous voulez le commander : www. neverends.net

Interview Diane Dufraisy (Neverends)
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Comments

Votre adresse IP : 54.81.71.68
  • Il y a 1 année 9 mois
    Django ".

    Merci (again & again, Seb, pour ce lien où les images sont bluffantes ! Une artiste que je vais suivre, aussi !
    Bien sûr, Diane, merci pour cette "mandale" subjective dans laquelle j'ai plongé sans envie d'en remonter !
    M'sieur Roignan, j'vais t'insulter parce que t'es excellent !
    Funny G'

  • Il y a 1 semaine 1 jour
    Ellhege E.

    Canadian Family Pharmacy Online <a href=http://buyciali.com>cheapest cialis</a> Amoxil 100 Isotretinoin in internet Prezzi In Farmacia Kamagra

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