Interview

Julien Dumas

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6 Minutes

Exifs

Nom / Julien Dumas
Pseudo / Julien Dumas
Age / 36 ans
Situation familiale / Célibataire
Localisation IRL / Paris, France
 

Style de photo / Portrait & Mise en scène
Date de début de photo / Fin 2009 à New York et de façon plus importante depuis juillet 2012 avec le concours de SFR Jeune Talent
Apprentissage / Autodidacte et très peu technique finalement
Statut /‬ Amateur‬

Photographe préféré /‬ Plusieurs photographes mais pour n’en citer que quatre, Richard Avedon, Kimiko Yoshida, Erwin Olaf et Gregory Crewdson‬‬
Chanson préférée / Cela change souvent… en ce moment Counting Stars !
Film préféré / You’ve got mail ! Une comédie romantique à NY
Livre préféré / Princesse Soso en Saigne (Chronique d’une prof qui en saigne ;-)
Région préférée / Miami !
Gourmandise préférée / Tout ce qui vient de chez Pierre Hermé !

Une journée type en 5 mots / Repérage — repérage — repérage — croquis — action ! La plus grande partie de mon travail consiste à repérer des lieux — c’est l’étape la plus longue de mon processus de création, il m’arrive de devoir rouler plusieurs jours pour trouver l’endroit qui donnera lieu à une image ! Ensuite l’idée est mise à plat à l’aide de croquis et notes. On pourrait comparer ces étapes à celle de la réalisation d’un court métrage

Appareils photo / J’ai la chance de travailler en partenariat avec plusieurs marques, notamment Leica chez qui j’affectionne particulièrement le moyen format de leur gamme numérique : le Leica S. De façon plus courante j’utilise un Canon 7D. Niveau objectif avec le Leica il s’agit d’un 70mm à 2.8. Le moyen format est un outil formidable, il me permet dans chacune de mes scènes, que chaque détail soit net et précis !
Logiciels / iPhoto (Apple) qui me permet de faire le premier tri — ensuite Photomatix pour la gestion des HDR, Photoshop et une petite application que j’aime beaucoup «Toycamera Analogcolor» qui me permet de donner une «température» à mes images

Julien Dumas

Que veux tu que tes photos suscitent chez le spectateur ?
J’ai toujours été intéressé par le coté statique, figé, par l’inexpression des personnages, mettre en avant une certaine neutralité. Pour ma dernière série (Lost in…) mon but est de donner aux spectateurs certaines clefs de l’image, des indices qui lui permettront de créer leur propre histoire, je ne souhaite pas imposer ma vision, juste réunir un certain nombre d’éléments pour que chacun ait sa propre perception de la scène.
Le spectateur devient en quelque sorte le scénariste de l’image !

Tes photos peuvent paraître provocantes surtout dans les séries « None » alors qu’elles dégagent beaucoup de douceur. Est-ce volontaire ou inconscient ?
J’ai commencé la série None Ethnie mi 2011, ce projet a été mon premier projet personnel, premier projet avec une direction précise également. Cette série a été très rapidement soutenu par SFR Jeune Talent. L’idée m’est venue simplement en visitant des églises, les icônes religieuses délavées par le temps m’ont donné envie de faire en quelque sorte une version «moderne» de ces représentations. Je voulais absolument conserver ce coté doux, pastel, des couleurs très clairs qui n’agressent pas le regard… «Une première approche visuelle douce pour délivrer un message en arrière plan plus fort». Cette douceur en approche me permet de traiter de sujets plus profonds en deuxième lecture.
Aujourd’hui la série None Ethnie compte une petite trentaine d’images, mon but avec ce travail était de mélanger un travail plasticien ainsi qu’un travail de reportage/actualité.

Tes séries sont toujours travaillées sur plusieurs mois, voire années, tu as besoin d’être sûr d’avoir fait le tour du sujet avant de passer à une autre ?
Effectivement, je produis très peu d’ailleurs. Le processus de création pour la série «Lost in…» est assez long. Les contraintes techniques dans un premier temps, trouver les lieux, les accessoires, véhicules, personnages… pouvoir réunir le tout à un moment précis, tout cela demande une certaine organisation. Ces étapes expliquent le temps entre deux images.
J’ai également beaucoup de mal à mener plusieurs projets de front, si j’ai une idée de scénarisation en tête, je ferais le maximum pour qu’elle puisse se réaliser rapidement. Il me faudra un petit laps de temps pour pouvoir m’immerger dans l’image suivante.

Peux-tu nous choisir une photo de la série Lost in et nous en donner les différentes étapes de réalisation, des anecdotes, des moments inoubliables ?

Dans un premier temps il a fallu trouver un lieu qui corresponde à mes attentes, Pour cette image, je cherchais un lieu «hors de la ville» où l’on sente encore une activité humaine, ma série «Lost in…» porte beaucoup sur le sentiment d’individualité et de solitude. Il s’agit d’une ancienne gare dans l’Eure & Loire, gare qui n’est plus en activité, mais dont le silo continu de fonctionner.

Une fois le lieu déterminé, j’ai tout de suite une idée assez précise de ce que je souhaite. Pendant le repérage, je prends plusieurs photos de l’endroit sous différents angles. Je vais ensuite habiller «virtuellement» ma scène à l’aide de croquis. Ces croquis vont me permettre également de montrer ce que je souhaite à l’équipe avec qui je travaille (personnages, maquilleurs, assistants, etc.).

Concernant cette mise en scène ; j’aurais souhaité une soirée de pluie, nous avons du récréer une ambiance climatique à l’aide de petits artifices, une scène de pluie renforce l’idée de cette image. Cela peut paraître anecdotique comme détail, le fait d’avoir la présence de flaques d’eau change totalement la tonalité générale ! Dans cette image, cela donne un sentiment d’abandon encore plus fort.

Il m’arrive également d’utiliser d’autres artifices, comme des fumigènes par exemple, cela renforce le coté «intimiste» d’une scène. Techniquement mon équipe et moi même arrivons sur les lieux environs 1h30 avant le crépuscule, cela nous permet de nous mettre en place, d’installer le matériel, d’adopter le meilleur cadrage possible.

La période du crépuscule étant très courte j’ai souvent recours à la multi exposition, pour capter le moment parfait j’ai donc recours à différentes images… différents moment du couché du soleil pour récréer l’instant où tout bascule.

Cela me permet par exemple de garder du détail dans les traits du visage des personnages (image où la lumière est encore importante), tout en ayant des jeux de lumière nocturne (portée des feux d’une voiture, fenêtres éclairées…).
Sur une scène comme celle-ci, une trentaine d’images seront prises, seules 3 ou 4 serviront. La dernière étape consiste à assembler tous ces éléments pour constituer une seule et unique image.

Tu as commencé la photo assez tard. Avais-tu une activité artistique avant ?
Effectivement j’ai commencé assez tard la photographie, je n’ai pas eu à proprement PARLÉ de formation dans le milieu artistique, j’ai toujours été intéressé par l’image quelque soit son support. Ma première expérience PROFESSIONNELLE a été en tant QUE graphiste. Autodidacte j’ai toujours été passionné par les processus de création.

Tes photos ont très vite été exposées (à Arles notamment), ça n’a pas été trop dur de rebondir après ça ?
C’est vrai, j’ai vraiment eu cette chance d’être exposé très rapidement et directement dans des lieux prestigieux ! J’ai été extrêmement flatté par l’accueil fait à ma première série (None Ethnie). Je pense que quelque soit le domaine artistique après un premier essai réussi les gens attendent un nouveau travail aussi fort ! Il y a toujours cette appréhension de montrer un nouveau projet, rencontrera-t’il le même succès ? sera-t’il à la hauteur ?
Finalement dans mon cas la transition s’est FAITE en douceur, mon second travail « Lost in… » à été accueilli avec autant d’enthousiasme !

Quand sauras tu que ta série Lost in sera terminée ? As-tu déjà la fin en tête ?
Pour l’instant j’ai encore pas mal d’IDEES de scénarisation, c’est une série qui pourrait presque être « sans fin ». Plusieurs MISES en scène en tête, notamment une avec l’utilisation d’un school bus américain… mais je n’en dis pas plus ! Ce travail comporte actuellement 18 images, le but est d’ARRIVER à la concrétisation d’un livre.

Pourquoi photographier ces scènes toujours au crépuscule ?
J’affectionne particulièrement ce moment, ce moment ou tout bascule, à la croisée de deux univers totalement différents, je dirais que c’est l’instant qui décrit le mieux mon travail, un moment charnière où l’imagination est la plus importante. L’idée de la série « Lost in… » est de figer un instant où l’on ne sait si l’action vient de se dérouler ou si elle va démarrer… cela permet d’imaginer un avant / après encore plus fort.

Quant tu parles de ton équipe, tu t’entoures en général de combien de personnes et est-ce que ces personnes changent d’une séance à l’autre ?
Je m’entoure d’une équipe plus ou moins importante selon les projets, il y a effectivement un noyau dur qui me suit depuis les débuts, certains ont même des spécialités précises maintenant ! Pour donner un exemple, pour le dernier « Lost in… » nous étions 6 personnes au total, deux personnages, une assistante ambiance de scène (effet scénique, fumigène pour la brume, gestion de l’eau pour recréer des flaques, etc.) deux assistants lumière et également un « régisseur général » qui s’assure du bon déroulement du projet ! Je profite d’ailleurs de ces quelques lignes pour remercier toutes les personnes qui m’épaulent et qui me font avancer dans mon travail ! Personnages, assistants, maquilleurs, partenaires… Merci !

Tu dis vouloir que le spectateur soit son propre scénariste devant tes photos. As-tu eu des retours originaux par rapport aux histoires créées ?
Effectivement c’est quelque chose que je souhaite mettre en place, recueillir les impressions / les scénarisations qui peuvent être EVOQUEES en regardant mes images. Sur une même SCÈNE des histoires complètement DIFFERENTES peuvent ressortir… cela me permettra de faire participer mon public à mon travail et qui sait, d’autre projets pourrons naitre et pourquoi pas celui… d’animer cet univers… !

Merci Julien !

Actualités

«Pour sa vingtième édition, le Festival du film Français de Malaga et Rossy De Palma ont invité Julien Dumas à venir présenter sa série None Ethnie ! «

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Interview Julien Dumas
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