Interview

Thomas David

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11 Minutes

Exifs

Nom / Thomas David
Pseudo / Alucardo ou Alu sur la plupart des réseaux sociaux
Age / 32 ans
Situation familiale / En couple et très heureux. Prochainement papa
Localisation IRL [Ville, Pays] / Marseille, France.

Style de photo / J’ai fait un peu de tout (et pas très bien du coup bien évidemment), mais dernièrement, ce que je fais de plus sérieux, c’est surtout des portraits au sens large, c’est-à-dire que ça peut être des groupes de gens, des portraits serrés, mis en scène ou plus simples, où la personne photographiée joue vraiment un rôle ou bien plutôt quelque chose où l’on essaye de plus faire ressortir quelque chose de sa vraie personnalité.
Date de début de photo / Ca dépend beaucoup de ce qu’on considère comme faire de la photo. Gamin j’avais un petit compact argentique, et j’ai fait quelques photos réussies (mais je ne sais pas combien de ratées…). Mais disons que j’ai commencé à vraiment ne plus pouvoir trop m’en passer à partir de 2008 ou 2009
Apprentissage / Autodidacte sauf quelques rares exceptions.
Statut / AE à chiffre d’affaire quasi nul.
Date de début d’activité [si pro] / 2012

Photographe préféré / Un seul, impossible. J’ai eu une période d’admiration pour Grégory Crewdson (et en particulier pour son travail le plus connu), mais je suis moins catégorique maintenant, même si j’aime toujours beaucoup, et aussi pour des choses qu’il a pu faire beaucoup moins connues, comme une série de photos «expérimentales» de lucioles de nuit. Niveau portraitiste dans le style «technique», je trouve que Gregory Heisler est très doué, et son livre «50 portraits» est vraiment un excellent livre pour un photographe portraitiste au passage (probablement moins intéressant pour un amateur de photo qui ne pratique pas lui-même). D’autres noms dans des domaines très variés qui méritent d’être mentionnés mais que je ne vais pas détailler même si j’aime beaucoup aussi leur travail pour diverses raisons : Emmanuel Orain, Gilbert Garcin, Peter Coulson, Jérôme Bonnet, Robert Doisneau, et j’en oublie certainement beaucoup.
Chanson préférée / La méditation de Thaïs
Film préféré / Difficile encore de n’en choisir qu’un, mais disons pour faire polémique «2001, l’odyssée de l’espace»
Livre préféré / Idem, mais disons «Malvil» de Robert Merle
Citation préférée / Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu’il vous faut. (Cicéron)
Région préférée / La planète Mars c’est autorisé comme réponse ?
Gourmandise préférée / Je ne suis pas gourmand !

Une journée type en 5 mots / Préparatifs, accueil, séance, détente, repos

Appareil photo / Canon pour les numériques (5D2 et 7D, 16-35 f/2.8, 50 f/1.4, 135 f/2, 100 f/2.8 macro). Mamiya pour la pellicule (RZ 67 pro II, 110 f/2.8 et 150 f/3.5).
Logiciels / Lightromm + Photoshop

Thomas David

A quel moment de ta pratique de la photo et comment t’es venu cette passion pour le strobisme ?
Très clairement pendant mon projet 365, durant l’année 2011 donc. Avant ça, j’en étais même à dire que les gens qui faisaient des photos au flash ne savaient pas faire de photo… Bon, c’était certainement un peu réducteur, mais ça s’appliquait très bien à moi. C’est-à-dire que tout ce que je faisais au flash était immonde. Seulement voilà, c’est comme tout, si on prend le temps d’apprendre, on y arrive toujours mieux, et les résultats sont meilleurs…
Comme pas mal de nouvelles techniques photos que j’ai testées pour la première fois cette année-là, le besoin est venu de la nécessité de trouver chaque jour une nouvelle idée, et donc d’avoir une certaine variété de techniques à mettre en œuvre.

Peux-tu nous expliquer pourquoi le strobisme t’est nécessaire à la prise de vue ?
Aujourd’hui je ne dirais pas qu’il m’est nécessaire, puisque je fais des séances entières en lumière naturelle par exemple. Mais comme beaucoup de techniques, il permet dans certaines conditions de faire certaines choses qui seraient impossibles sans (ou nettement plus compliquées disons).
C’est donc clairement un outil que j’aime avoir à ma disposition si possible, mais comme tous les outils, son utilisation apporte des choses, mais a aussi un coût. Et donc toute la difficulté est de choisir (et de bien choisir) quand s’en servir et quand s’en passer.
Pour ma part, lors de mises en scènes un peu complexes, ou lors de séances que je qualifierais d’évoluées, il est clair que la lumière naturelle seule est parfois insuffisante, et alors j’utilise des flashs. Le strobisme au sens «strict» (même s’il n’y a pas de définition véritable à ma connaissance), c’est juste l’utilisation de flashs déportés. Et non pas uniquement des flashs cobras. Là encore, si l’on décide d’utiliser un ou des flashs, pour moi, il est hors de question de n’en utiliser qu’un seul, fixé sur l’appareil. C’est comme si on utilisait un objectif à une seule ouverture de sa gamme en s’interdisant les autres, ou comme si on utilisait la lumière d’une fenêtre pour du portrait mais en s’interdisant de bouger par rapport à la fenêtre et par rapport au modèle…

Tu as tenu un projet fou en 2010-2011, un 365 jours, c’est à dire une photo par jour pendant un an. Etait-ce difficile pour tenir le rythme et qu’est-ce que cela t’a appris ?
C’était bien évidemment difficile en un sens. Il faut imaginer qu’en me levant le matin, je n’avais en tête qu’une chose : «quelle photo je vais bien pouvoir faire aujourd’hui ?», et ce jusqu’à ce que je trouve quelque chose de satisfaisant (là le degré d’exigence dépend évidemment des jours). Et une fois la photo faite, il fallait la traiter, la préparer pour mise en ligne, et ensuite s’il restait du temps dans la journée, je pensais à la suivante. Ca ne s’arrête jamais, pas de vacances, pas de weekend, et il faut concilier ça avec une vie «normale», aller au boulot, etc…
Je me déplaçais donc quasiment toujours avec mon sac photo, je pensais photo en continu, j’observais la lumière, je voyais toute ma vie et mon entourage en terme de «photo potentielle».
C’est donc usant, mais aussi particulièrement formateur.
Ça m’a appris évidemment des tonnes de choses. C’est comme une pratique «normale» de photo mais en condensé. 5 années en 1 (ou plus c’est selon les gens). Ça m’a obligé à beaucoup sortir de ma zone de confort (au tout début plutôt le paysage, la macro, et encore…), et à faire des tas d’autres choses, à faire des photos au flash, avec plusieurs flashs, dans la rue, dans la nature, avec des modèles, avec d’autres objectifs qu’un zoom, etc…
Ca apprend aussi à gérer l’inspiration sur la durée, à organiser des choses à l’avance, mais aussi à avoir un workflow un minimum optimisé. Ça motive énormément.
Et le meilleur, c’est que c’est vraiment un exercice «auto-adaptatif», puisqu’on se l’impose à soi-même, personne ne vient «contrôler» qu’on n’a pas «triché». Et si un jour on est fatigué, qu’on a la flemme de se lancer dans un shooting énorme, on peut se contenter de prendre une photo de la vue de sa fenêtre (et je l’ai fait, bien évidemment, et pas qu’une fois). Mais on a envie de se dépasser aussi, d’être fier de sa photo du jour. Et puis j’avais un petit public, quelques amis qui me suivaient et c’est ce regard extérieur aussi qui motive à faire quelque chose de bien aussi certains jours.
Bref, je conseille à quiconque voulant apprendre beaucoup en peu de temps de faire ce genre de projet, mais il faut y réfléchir un peu au début pour se rendre compte que ce n’est quand même pas rien.
Pour ceux qui veulent voir de quoi l’on parle, les photos sont là, dans l’ordre chronologique : flickr, ou sur le blog en ordre anti-chronologique avec des petits commentaires : defi365 )

Tu as participé également à deux Tour de France de la photographie, peux-tu nous en expliquer le fonctionnement et nous faire partager ton expérience ?
Le principe c’est une équipe (à la base c’était surtout un photographe, mais ça a pas mal grandit si j’ai bien compris) qui fait un tour de France une fois par an, sur une quinzaine de dates avec une rencontre photographique par date. Il y a des organisateurs locaux dans chaque endroit visité et des participants des alentours. L’idée est d’organiser cette «rencontre photo» pour favoriser les collaborations artistiques et monter ainsi des projets avec les gens présents.
C’est un très bon moyen de connaître des gens de la région, de faire des rencontres dans ce monde de la photo, et les gens sont globalement très sympa et l’ambiance est excellente. Maintenant, ça devient quelque chose de relativement gros et l’organisation est compliquée, donc ne participez pas en pensant que vous allez faire une journée de shooting non-stop. Il faut que tout le monde participe un peu, et il y a donc un peu des temps morts. Mais j’ai passé deux journées super sympas pour ma part, et j’ai fait des super rencontres. Or ça me parait faire partie de l’intérêt de la photo (au moins en photo de portrait).
Les photos issues de ces deux années de Tour de France Photo sont là : flickr

Comment t’es venu l’idée de ta série Dust and Dance ?
J’avais vu des photos de pub, genre mode (je ne saurais pas retrouver la marque exacte, ni malheureusement le photographe), mais c’était des photos de mode plutôt classiques, excepté le fait qu’on jetait de la poudre colorée sur les mannequins. Il y avait plusieurs couleurs et c’est vrai que c’était original pour vendre des vêtements.
En tout cas, l’idée d’utiliser de la farine m’est venue de là. Elle s’avère être le candidat idéal pour mettre en valeur des mouvements et j’ai donc commencé à réfléchir à comment l’éclairer pour qu’on voie le modèle et la farine, qui elle «retrace» le mouvement.
Photos là : flickr

Peux-tu nous raconter comment s’est organisé et a été réalisé la séance avec Farah et Séb ?
J’avais un contact avec Farah depuis un bon moment et on devait faire cette séance. Je lui avais parlé de mon projet avec la farine et le mouvement, etc… Elle était très partante, mais très occupée, donc c’était difficile de trouver un moment pour caler cette séance. En discutant pour préparer la séance, on a évoqué Seb, avec qui elle a l’habitude de faire des spectacles et on s’est dit que ça serait une excellente idée de l’intégrer au projet, et de faire des images avec lui aussi. On avait des tas d’idées de mise en scène, avec plein de mouvements.
Le problème a été aussi de trouver un lieu. Il fallait que ce soit abrité pour éviter que la farine de vole partout, sans soleil pour que les flashs permettent de créer l’ambiance recherchée, et très grand pour que j’ai du recul, mais aussi haut de plafond pour qu’ils puissent utiliser leurs échasses pour sauter sans problèmes. Il fallait aussi qu’on puisse jeter de la farine partout…
Finalement, une très bonne amie photographe de la région à qui j’avais parlé de tout ça m’a donné l’emplacement d’un hangar abandonné et ça a été un lieu parfait pour cette série.
Le jour de la séance, on était une petite équipe pour mettre tout en place, et «saupoudrer» les modèles de farine entre chaque prise, lancer éventuellement aussi de la farine au moment de la photo, aider à placer tout le monde, etc… Tout le monde a été très patient alors que je faisais des réglages, qu’on prenait en compte le vent qui rentrait quand même un peu dans l’entrepôt, etc…
Photos là : flickr
Vidéo là : vimeo

Tu as également fait une série où tu détournes des objets de leur lieu habituel, que voulais-tu y montrer et penses-tu la compléter encore ?
En fait c’est une série sur la solitude plus que les objets détournés de leur lieu habituel. Enfin, disons plutôt que la solitude est le thème principale de la série, mais que j’y mets d’autres choses aussi et que j’espère qu’elle n’en sera que plus riche et plus intéressante. Je compte effectivement la compléter parce qu’elle est incomplète dans l’état actuel à mes yeux. Je l’ai commencé un peu en parallèle des photos avec la farine et le mouvement, et j’ai voulu en finir au moins une donc j’ai un peu fait une pause sur celle-ci. Ceci-dit, elle n’en a que plus murit (et oui, il me faut beaucoup de temps pour réfléchir à mes photos, ou tout du moins, aux photos «construites» que je fais) et donc j’ai un certain nombre d’idées encore à réaliser avant de l’estimer prête.
Photos là : flickr

Quelques petits conseils pour ceux qui voudraient se mettre au strobisme ?
Achetez un flash cobra pas cher, et faites des tests. Prenez-vous en photo, ou n’importe quoi, un orange, un stylo, une tasse… Faites des tas d’essais, essayez de comprendre l’influence de la lumière du flash, faite la même photo avec et sans le flash, en changeant la puissance, en changeant l’orientation, la distance au sujet, etc…

Ça n’est vraiment pas très compliqué une fois qu’on a compris que la principale source de difficultés c’est que le flash est court et que la lumière est donc par définition l’opposé d’une lumière continue. Ca entraîne un certain nombre de conséquences techniques mais comme toute technique, ça s’acquiert avec un peu de rigueur et/ou d’exercice, et ce n’est vraiment pas le plus difficile. Le chalenge, ça va être ensuite, une fois la technique maîtrisée (ou au moins apprivoisée disons), de trouver des idées originales, d’être créatif(ve) pour utiliser cette technique à bon escient et non pas artificiellement juste parce qu’on vient de l’apprendre.
Et aussi, n’hésitez pas à me poser des questions, si je peux vous aider ça sera avec plaisir. ;)

Tu te consacres plus aux portraits dernièrement, qu’est-ce que tu aimes dans le portrait sachant que tu en fais beaucoup en studio ?
J’aime plusieurs choses, mais la principale est la rencontre avec quelqu’un et l’échange, pour essayer de traduire un petit peu du caractère de la personne en photo. J’aime essayer de saisir un petit peu de la personnalité de quelqu’un que je ne connais pas (ou peu), puis essayer de faire passer ce que j’arrive à découvrir dans la photo. Ce n’est pas évident, il faut que la personne photographiée se livre un peu, et pour l’amener à ça il faut réussir à la «manipuler», ce qui se fait de manière différente pour chaque personne. C’est ça qui est riche, et aussi qui n’est pas évident. Après, le studio, c’est surtout très pratique. C’est facile, on ne dépend pas de la météo, c’est confortable, j’ai tout le matériel que je veux à portée de main, c’est la solution de facilité disons. Donc pour une première séance avec quelqu’un, c’est souvent ce que je propose. On a moins de surprises, on est plus détendus. Et pour rendre ça intéressant, j’aime bien opter pour quelque chose d’assez dépouillé sur la tenue, pas de coiffure, pas ou très peu de maquillage, et ça permet aussi de se concentrer justement sur la personne. C’est plus difficile en un sens, puisque ça pardonne moins. Ceci dit, j’adore faire des photos dehors, m’adapter à la situation, utiliser le décor comme je peux, etc… Mais ça demande alors un peu plus d’organisation en amont, et c’est mieux si on se connaît un tout petit peu aussi pour gagner un peu en efficacité.

Merci Thomas !

Actualités

Exposition de 10 tirages de la série Dust and Dance en janvier et février, au théâtre le Panache, 13 Rue Plan Fourmiguier à Marseille, juste derrière la Criée.
Photos là : flickr

Interview Thomas David
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