Interview

Nicolas Dory

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7 Minutes

Exifs

Nom / Nicolas Dory
Age / 33
Situation familiale / Marié
Localisation IRL / Whitehorse, Yukon Territory (Canada)

Style de photo / Animalier & Paysage
Date de début de photo / La photo en générale: 2000 / La photo Nature: 2003
Apprentissage / Autodidacte à fond
Statut / Pro
Date de début d’activité / 2008

Photographe préféré / Reportage: Steve McCurry / N&B: Sebastião Salgado
Chanson préférée / Aloha Ke Akua (Medicine for the People)
Film préféré / Les Aventuriers de l’Arche perdue
Livre préféré / Les Enfants de la Terre (Jean M. Auel)
Citation préférée / «Le petit chat est mort» Molière, Brel & Renaud
Région préférée / Yukon & Ecosse
Gourmandise préférée / Chocolat noir

Une journée type en 5 mots / Expresso — Rando — Photo — Repos — Scotch (pour accompagner le chocolat)

Appareil photo / Canon, la trilogie des 5D, une large variété de lentilles du 14mm au 500mm
Logiciel / Adobe Lightroom

Nicolas Dory

Est-ce que c’est ta passion des oiseaux qui t’a amené à la photographie ?
Oui, c’est mon intérêt grandissant pour les oiseaux il y a 15 ans qui m’a poussé à investir dans du matériel professionnel pour les capturer en images. Puis petit à petit, aux fils des sorties ornitho, je me suis mis à étendre mes sujets photographiques au reste de la faune, et occasionnellement aux paysages.

La photographie animalière demande t-elle des connaissances spécifiques sur les espèces que l’on veut photographier ?
Bien sûr, en photographie animalière, il y a toujours le facteur chance qui peut arriver à tout moment mais il ne faut pas trop compter là-dessus. Avoir une bonne connaissance de son sujet va favoriser le travail de repérage sur le terrain, aider à comprendre et anticiper certains comportements lors de la prise de vue. Une bonne connaissance de l’espèce va également permettre de minimiser le dérangement des animaux et de ne pas dépasser certaines limites (que malheureusement des photographes aujourd’hui sont prêts à transgresser pour faire une image). En tant que photographe, nous ne sommes que des observateurs sur des territoires sauvages, si une espèce sent que notre présence est une intrusion de son espace de vie, nous nous devons de quitter les lieux.

Depuis quelques années tu as choisis de vivre au Canada dans la province du Yukon, est-ce ta passion pour la photo animalière qui t’as fait faire ce choix ?
Je dirais plutôt que c’est ma passion pour la Nature en général qui m’a fait rester au Yukon… A l’origine, j’étais parti en 2008 pour un voyage en sac à dos d’un an avec un pote à travers le Canada pour découvrir le pays en faisant des randonnées dans diverses provinces. Après quelques mois à voyager dans le sud-ouest du pays, nous avions décidé de tenter l’expérience de vivre un vrai long hiver rigoureux à la canadienne. Quoi de mieux pour cela que de monter vers le nord et se rapprocher de l’Alaska, nous sommes donc arrivés au Yukon juste à temps pour le début de l’hiver et sommes restés là pour la saison. L’émerveillement face aux grands espaces sauvages, l’envie d’en découvrir d’avantage sur le territoire, l’accueil chaleureux des locaux m’ont fait rester et me voilà bien installé ici depuis maintenant 7 ans.

Tu fais aussi de la photo de paysage, en général quand tu pars faire des photos tu choisis le lieu en fonction de sa faune où tu peux aussi y aller uniquement pour le paysage ?
D’une manière générale, je ne me sens pas l’âme d’un photographe de paysages mais lorsque tu es face à ces immensités sauvages ici, tu ne peux pas résister à passer un peu de temps pour les capturer en images. J’organise majoritairement mes sorties photos en fonction des espèces animales sur lesquelles je veux travailler. Mais il m’arrive de plus en plus de faire des sorties à la recherche de certains paysages précis pour compléter ma collection d’images sur le Yukon.

Quelles sont les étapes à respecter pour faire une sortie réussie en photo animalière ?
Comme déjà cité précédemment, pour moi une des étapes cruciales est de bien connaître son sujet, son environnement et d’avoir fait un bon repérage de la zone géographique en question. Bien entendu il faut bien vérifier le matériel photo avant de partir, repérer les plages horaires qui nous intéressent en fonction de la lumière, de la météo et de l’accessibilité. Ensuite ici, que ce soit au Yukon ou en Alaska, il faut savoir que chaque sortie demande un minimum de préparation au niveau de l’équipement autre que photographique, on est vite isolé et hors de zone de couverture téléphonique (y compris numéro d’urgence). Il y a comme des routines qui se mettent en place suivant les saisons : penser à s’équiper contre le froid (qui peut descendre en hiver sous les -40 °C), penser au spray pour les ours, penser à prendre un système de communication satellite en cas d’urgence pour les expéditions sur plusieurs jours, etc. Concernant la phase de post-production, le traitement des images en photographie animalière est plutôt minimaliste, je fais peu de retouches à proprement parler, ce qui peut prendre plus de temps, c’est la sélection des bonnes images lorsque l’on mitraille certains sujets pour capturer des comportements précis.

Quels sont le message et les émotions que tu veux véhiculer à travers tes photos ?
Que le sujet soit la faune, la flore, ou un paysage, lorsque je capture des scènes de vie sauvage, je voudrais partager avec le plus grand nombre les émotions que je ressens lorsque je suis en immersion dans la nature. Je souhaite que mes images puissent éduquer et responsabiliser les gens à agir pour la protection de l’environnement. Et aussi qu’elles puissent inspirer les gens à entreprendre leur propre voyage.

Il faut beaucoup de patience et de concentration pour réussir à faire des photos d’animaux, as-tu des trucs ou astuces à partager avec nos lecteurs qui souhaiteraient en faire ?
Bouquinage, repérage et patience, beaucoup de patience… facile non?

Depuis le temps que tu vis et arpente le Yukon as-tu vu des changements dans le paysage ?
Je n’ai pas vu beaucoup de changements en 7 ans, à part ces deux dernières années où nous avons des hivers très doux dans le sud du Yukon, avec des températures bien au dessus des normales saisonnières… des journées à +5°C en janvier alors que la normale serait plutôt en dessous de -20°C.

Quelle est à ce jour la photo dont tu es le plus fier et peux-tu nous raconter son histoire ?
Pas une image mais une série d’images que j’ai faite d’un lynx au coeur de l’hiver, il y a quelques années. Un après-midi, je suivais à skis des traces fraiches de loups en remontant une vallée isolée, lorsque je suis tombé face à face avec un lynx faisant la sieste, seul un petit ruisseau quasi gelé nous séparait. Je me suis confortablement installé dans la neige malgré une température d’environ -20°C, et je suis resté à l’observer jusqu’au crépuscule. Je devais certainement être le premier humain qu‘il rencontrait et il ne s’est jamais senti menacé. Il est resté devant moi à finir sa sieste pendant 2h, puis comme le font les chats, j’ai eu droit à une belle séance d’étirements avant qu’il se mette en chasse de lièvres dans les buissons alentours. Un moment de vie sauvage que je n’oublierai jamais.

Tu as eu l’occasion de photographier le déplacement d’un troupeau de rennes, ce qui a donné des images impressionnantes, peux-tu nous raconter cette aventure ?
En effet, c’est toute une aventure pour aller à la rencontre des rennes du Delta de Mackenzie. Départ de Whitehorse pour un road trip de 1500km : 700km de piste gelée puis environ 200km sur la rivière Mackenzie et l’Océan Arctique (gelés également). Tout cela en 2 jours à peine. A l’arrivée, l’unique harde de rennes du Canada, bien différente des hardes de caribous qui couvrent le reste de l’arctique canadien. Une harde d’environs 3000 rennes qui se déplacent droit sur nous, un instant inoubliable ! Ces rennes sont de la même espèce que les caribous, mais ils ont été domestiqués il y a environ 2000 ans et sont devenus plus petits avec le temps. En 1929, les ancêtres de ces rennes (environs 3440) ont été importés de Scandinavie par le gouvernement du Canada et de l’Alaska pour pallier à une famine qui sévissait dans l’arctique suite aux déclins des populations de caribous. Depuis les descendants des gardiens de troupeaux du siècle dernier perpétuent encore aujourd’hui cette tradition.

Comment te déplaces tu en général dans ses régions pour faire tes photos ?
Je réalise mes expéditions à pied. La différence réside surtout dans le moyen de rejoindre mon point de départ. Lorsque c’est possible (lorsqu’il y a une route), je pars en voiture, sinon je prend un avion (ou hydravion) ou un canoë pour aller dans des coins inaccessibles autrement.

Peux-tu nous raconter comment ont été réalisées les photos faites en Alaska ?
Les conditions de prise de vue des photos que j’ai faites en Alaska ne sont pas très différentes de celles que je fais au Yukon. Résidant à peine à 2h en voiture de la frontière, je m’y rends assez fréquemment pour y faire de la photo où des randonnées. Je ne manque jamais, chaque année entre mi-octobre et mi-novembre l’occasion d’aller observer le plus grand rassemblement au monde de pygargues à têtes blanches près du village de Haines, sur la côte Sud-Est de l’Alaska.

Quel animal que tu n’as pas encore photographié rêves-tu de voir dans ton viseur ?
Depuis que je suis au Yukon, il y a deux espèces que je n’ai pas encore eu l’occasion de photographier : le carcajou et le cougar. Ils sont quasi invisibles ici, ce sont des animaux à la fois très discrets et très féroces. Le cougar étend son territoire petit à petit vers le nord du Canada, suivant les populations de chevreuils qui s’élargissent grâce au changement climatique. Quant au carcajou, j’ai eu la chance d’en apercevoir un il y a deux ans, j’espère bien recroiser son chemin dans les prochaines années.

Merci Nicolas !

Interview Nicolas Dory
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