Interview

Chantal Serène

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8 Minutes

Exifs

Nom / Serène Chantal
Pseudo / Brindacier Lulu
Age / 33 ans
Situation familiale / Célibataire en recherche active de son prince charmant, exigence Hasselblad numérique :-)
Localisation IRL / Paris

Style de photo / Portrait , reportage et même le culinaire …
Date de début de photo / 2008
Apprentissage / Université – Master Histoire de l’art et Doctorat Histoire contemporaine
Statut / AE
Date de début d’activité /2012

Photographe préféré / Sebastiao Salgado
Chanson préférée / Toute la discographie d› Armant Amar
Film préféré / La Liste de Schindler
Livre préféré / Décameron de Bocace à feuilleter car très croustillants ….
Citation préférée / On ne nait pas femme on le devient ..Simone de Beauvoir
Région préférée / L’Alsace pour sa choucroute !!!!!
Gourmandise préférée / Le financier , miam miam

Une journée type en 5 mots / Réveil, Critique photo,boulot,écriture, dodo.

Appareil photo / Canon eos 5D mark II, Nikon D 800, 85 mm 1,4/ 20mm 1,8/ 50mm 1,4/ 60mm macro.
Logiciels / LR plus PS

Chantal Serène

Tes photos sont très influencées par la peinture, peux-­tu nous expliquer pour quelle raison ?
Le bac en poche, je me suis dirigée vers une filière espagnole pour très rapidement bifurquer en histoire de l’art à la Faculté de Montpellier puis à la Sorbonne. J’ai découvert différents courants artistiques, étudié le travail de la composition et de la lumière autour d’un tableau ou d’une œuvre. Mes goûts ce sont portés vers le Clair-­Obscur de Rembrandt, le Luminisme de Caravage, le Réalisme de Gustave Courbet et Jean­François Millet …..Après toutes ces années, la photo s’est imposée à moi et a donné une réponse à ma grande question. Comment pouvais­-je traduire au mieux ce que les professeurs, les livres m’ont transmis ?

Tu as une formation artistique mais en photo tu es autodidacte, quels conseils peux­-tu donner à nos lecteurs qui débutent ?
Je n’ai aucun parcours photographique mais pour le futur passionné ou amateur éclairé de photo, si je devais donner un conseil qui est plus un simple avis ce serait de s’intéresser à l’histoire de la peinture, une source infinie d’inspiration mais aussi de savoir ­faire. Sans oublier ce qui s’est fait en photographie et ainsi que les tendances actuelles. Photographier c’est écrire avec la lumière. A chacun de l’observer afin de la retranscrire avec justesse et esthétisme.

La lumière est très importante dans tes photos qu’elle soit naturelle ou artificielle, as­-tu une préférence entre les deux et pourquoi ?
J’aime autant travailler en lumière artificielle qu’en lumière continue. En intérieur le plus souvent, je suis en lumière continue travaillant régulièrement avec une source de lumière et un réflecteur. Cela me permet de me rapprocher des ambiances intimistes provoquées par le mouvement de la lumière. J’affectionne la lumière naturelle en intérieur aussi mais surtout dans les photos de voyage car elle réserve bien des surprises. Je n’ai donc pas de préférence entre les deux. Elles me permettent de m’épanouir dans ma passion photographique.

D’où te vient cet attachement aux Arts et Traditions Populaires ?
A l’âge de 11 ans, je suis entrée dans un groupe folklorique du Bas Languedoc, association qui oeuvre pour la sauvegarde des traditions populaires de la région. Très vite, je me suis familiarisée avec l’univers des costumes, de la danse, de la musique, des festivals de danse en France comme à l’Etranger où se mêlent multitudes d’artistes venant des quatre coins du monde. A 30 ans, je suis devenue photographe pour mon plus grand plaisir pour le festival Cioff « Les Sacres du Folklore » de Reims, ONG financée par l’Unesco et entrée au Patrimoine culturel immatériel. En quelques mots … la culture de la paix et de la non violence au travers des arts et traditions populaires. « la fraternité entre les peuples » « créer une fraternité toujours plus grande et servir la cause de la PAIX » écrivait en 1970 Henry Coursaget le fondateur du Cioff.

Quelle part donnes-tu à la retouche dans tes photos pour avoir ce rendu peinture ?
Dans mes photos studio la part de retouche est faite avec Photoshop et se porte sur les corrections du visage, petites imperfections, cernes, boutons mais surtout sur le travail de la colorimétrie car travaillant sur des séries j’essaye de me rapprocher au maximum du même rendu. Ayant des modèles aux couleurs de peau différentes, je n’utilise jamais de plugin, presets. Je travaille chaque traitement depuis le départ. Le Dodge and Burn et Split fréquency sont mes compagnons de retouches. Mais la retouche ne fait pas tout, la part la plus importante est faite à la prise de vue. Je peux passer plus d› 1h à maquiller mon modèle et entre 20 minutes et 3h heures pour lui poser le voile puis placer mes lumières et quand tout est raccord, je commence à déclencher. Pour ma série photos de voyage en Maramures, c’est le contraire très peu de travail voir presque pas du tout pour certaines, aucun recadrage… La magie des intérieurs colorés ainsi que des grandes fenêtres comme source de lumière sont suffisantes.

Peux-­tu nous expliquer comment t’est venue l’idée des deux séries «Maramures» et comment tu as réussi à les réaliser ?
Le vieux pays de Maramures est une région de la Transylvanie au Nord de la Roumanie. La série est un véritable coup de coeur. C’est par le biais du folklore que j’ai eu envie de mieux connaître cette région qui a su garder ses traditions mais malheureusement plus pour très longtemps, la mondialisation étant aux portes. Il m’a fallut 3 ans pour comprendre ce que je voulais vraiment y faire. A chacun de mes voyages dans les Maramures , accompagnée de mon hôte et ami ­guide de la région Vasile, je me suis intéressée aux personnes et à leurs habitats traditionnels qui sont tellement humbles et authentiques. Un moyen de créer des liens, d’apprendre à connaître leur histoire, leurs croyances et superstitions. Muni de mon trépied, du Nikon D 800, du 20mm et 50mm ce sont les grandes fenêtres des maisons qui me servent de boite à lumière naturelle.
Cette série dans le temps est un moyen de ne pas m’éloigner de l’univers pictural auquel je suis très attachée. On dit que le paysan fut longtemps un oublié de l’Histoire, c’est alors que Jules Michelet en 1846 leur rend hommage dans son livre « le Peuple » : Le paysan n’est pas seulement la partie la plus nombreuse de la nation, c’est la plus forte, la plus saine et en balançant bien le physique et le moral, au total la meilleure » . Ainsi le paysan possède une grandeur qui l’ennoblit. Cet univers rural me fascine toujours surtout à notre époque où la modernité est de mise. On ne peut pas se passer du téléphone portable dernier modèle, de l’ordinateur, de la console de jeux, des réseaux sociaux. Cela rend t’il pour autant vraiment heureux ? Cet attachement pour les sociétés traditionnelles n’est en rien réducteur bien au contraire car comme me disait Vasile « On a un corps de vieux pour des yeux de jeunes »…..malgré la vie de dur labeur dans les travaux des champs, leurs yeux brillent toujours. Dans mon univers photographique en studio, je suis à la recherche d’une certaine sérénité, un calme voir le silence. J’ai retrouvé ces mêmes aspirations dans les maisons Maramures. Je retournerai l’année prochaine en emportant avec moi les tirages papiers…..

Ta découverte de l’univers des Maramures donne t-elle envie aussi de poursuivre cette démarche auprès d’autres peuples ?
Oui tout à fait. J’aimerai beaucoup retourner en Russie dans les petits villages autour de Moscou et aller bien plus loin dans le blanc sibérien. Puis aller dans d’autres pays bien plus loin en terre inconnue… J’adorerai aller au moins une fois dans ma vie au Pérou, au Laos, en Namibie chez les Himbas… un doux rêve.

Au delà de l’esthétique de tes photos on ressent dans ton travail que les rencontres sont très importantes, peux-tu nous en dire plus ?
Ma rencontre avec ma plus fidèle modèle et amie de cœur, Jessica, en 2009, m’a permis de mettre en image mon rapport étroit avec la peinture. Nous avons créé « L’orientale» où mon inspiration est le portrait de « La jeune fille à la perle » du peintre Vermeer. En 2012, ma rencontre avec la chanteuse lyrique à l’Opéra Comique, Magali Arnault Stanzack, m’a fait découvrir l’univers de l’ Opérette et des Oratorios. Son visage délicat et racé m’a plongé dans l’univers des jeunes femmes de Fragonard.
Les voyages ont aussi une part importante. Je me suis rendu compte que je pouvais me rapprocher de la peinture grâce à des rencontres avec les « Petites Gens », authentiques et traditionnels. Ioana et Nicolai (Région des Maramures Transylvanie ) sont pour moi tout droit sortis du Réalisme de Millet et des peintures ordinaires de la paysannerie du XIXème siècle.

Comment est née la série «Madones» ?
Le voile bleu a été le premier de la série . L’étude des tableaux religieux a pris une grande part dans mes études. Même si je suis croyante et ne pratique pas, l’art religieux m’a toujours apaisé. Que ce soit La Pietà de Michel Ange, La Madone au long cou du Parmesan, La vierge l’enfant Sainte Anne de Léonard de Vinci et bien d’autres tableaux, je ressens une paix intérieure quand je les contemple.

Ton univers est très marqué n’a-t-­il pas été trop difficile de passer à de la photo de commande/commerciale ?
Je m’active pour y arriver…. Je prends même plaisir à suivre des mariés jusqu’en Bretagne ! Mais là où c’est le plus difficile pour moi car totalement nouveau c’est l’univers du culinaire. Un véritable challenge. C’est un autre travail sur la lumière, la mise en scène mais au final, je garde la même approche esthétique que pour mon travail personnel. Même commerciale, la photo doit rester précieuse. Ma rencontre avec Yves Anslert, créateur culinaire au regard affuté m’a permis de me familiariser avec des produits « bio et sain » tout aussi esthétiques que savoureux. Tous les jours je mets mon tablier au Lémoni Café de Paris et dès que je le peux je me faufile entre les amateurs de légumes frais, les amoureux du citron-­gingembre pour prendre en photo les plats du jour.
A côté de mes travaux photographiques personnels présentés ci dessus, je souhaite développer une activité de photographe de Mariage car j’aime le contact des gens et le reportage photo. Je souhaite aussi continuer dans la voix gastronomique ainsi que des produits traiteurs-­coktails.

En résumé la photographie culinaire te permet de garder le côté esthétique de ton travail personnel et le mariage le contact humain ?
Tout à fait, je dois allier le côté gourmand et esthétique. C’est un univers qui me plait de plus en plus même si techniquement cela est un vrai challenge. Pour le mariage le côté temps fort et esthétique aussi. Un mariage peut donner suite, contre toute attente, à un autre projet en commun. Avec mes derniers mariés Bretons nous avons ensemble un projet d’une série complète ….. mais un peu de patience le résultat sera pour fin 2016 en vu d’une exposition.

Tu as eu plusieurs publications et fais différentes expositions, qu’est-ce que cela t’a apporté ?
D’être publier apporte toujours un réel plaisir. Aller à la rencontre de son public lors des Echappées Belles, du Salon de la Photo à Paris m’a été très enrichissant car j’y ai fait aussi de très belles rencontres photographiques. Cela m’a apporté aussi ma rencontre avec Yves Anslert (amateur de photo) et toute son équipe, car sans mes Madones exposées au Laboratoire Négatif pendant 1 ans, nos regards ne se seraient jamais croiser et je n’aurais pas eu ce projet culinaire à porté de main.

Merci Chantal !

( Vous pouvez voir 4 des Madones de Chantal exposées de façon permanente au Lemoni café — 5 rue Herold — 75 001 Paris. )

Interview Chantal Serène
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