Interview

Bruno Blais

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Exifs

Nom / Bruno Blais
Localisation IRL / Auch / France

Style de photo / Paysage, architecture, portrait, montagne
Date de début de photo / 1998
Apprentissage / Autodidacte
Statut / Auteur photographe

Photographe préféré / Pas vraiment, il y en a plusieurs
Chanson préférée / Idem
Film préféré / Idem
Livre préféré / Le hussard sur le toit
Citation préférée / Demain ne meurt jamais
Région préférée / Pyrénées
Gourmandise préférée / Chocolat noir

Une journée type en 5 mots / Réveil, préparatif, voyage, randonnée, retour

Appareil photo / Nikon D7100 18-105 mm  
Logiciel / Photoshop

Bruno Blais

Comment la photographie est rentrée dans ta vie ?
Plutôt vers l’âge de 7 ans, lorsque j’ai compris que toutes les photos de famille en noir et blanc rangées dans une boîte, me permettaient d’entendre les histoires liées à ces images, que ce soit les humains ou les paysages. Le premier lien avec l’image s’est tissé à ces moments là, dans un échange privilégié avec mes parents.

Tu te consacres essentiellement à la photographie de paysage, pourquoi ce choix ?
La photographie de paysage est venue naturellement lorsque j’ai commencé à pratiquer régulièrement la randonnée. Elle me permet d’exprimer mes émotions esthétiques et mes ressentis sur l’existence, ce passage éphémère sur cette terre. Je me sens privilégié de pouvoir me « nourrir » de cette beauté naturelle transmise dans les paysages. Capter cette poésie simple sans tomber dans le cliché, c’est une quête sans fin qui demande aussi de remettre en question son regard photographique tout en gardant son identité propre.

Dans quelles conditions fais-tu tes photos de paysage ?
Toutes sortes de conditions et c’est là aussi que c’est intéressant, même si, pour ma part, j’ai un penchant pour les brouillards et les brumes estivales ainsi qu’une météo tourmentée. Le bleu du ciel peut-être un handicap dans la photographie de paysage, surtout en montagne. Ce genre de conditions implique un équipement adéquat et le froid humide en montagne est terrible pour le matériel comme pour le photographe qui reste planté dans la neige toute la journée.

Les Pyrénées sont ton terrain de jeu préféré, peux-tu nous en dire plus sur les différentes séries réalisées là-bas ?
Ces Pyrénées sont liées à mon enfance. Je suis pourtant né en Bretagne et j’ai vécu mon enfance entre Loire atlantique, Vendée et Morbihan. Mais ma famille choisissait systématiquement de partir en vacances d’été en montagne (Massif Central, Pyrénées, Alpes), c’est ainsi que j’ai découvert cet univers. Lorsque, plus tard, je suis venu travailler dans le Gers (et j’y suis encore), les Pyrénées sont devenus pour moi, l’échappatoire idéal. Enfin, sous mes yeux, se dressait une chaîne de montagne que j’allais pouvoir arpenter en toutes saisons. J’ai débuter mes séries plus sérieusement, à partir de 2006 (avant je travaillais en argentique et mon travail de photographe amateur en était encore à ses débuts, la photographie me servait alors de mémoire pour mes excursions). La création est venue plus tard, surtout depuis dix ans. D’abord une série sur la neige en altitude, puis à partir de 2011, j’ai commencé ce travail graphique autour des Forêts Pyrénéennes (le déclic s’est fait à la suite d’un accident de ménisque qui m’obligeait à des randonnées plus raisonnables en moyenne montagne l’hiver).

Quel est ton rapport à la nature et qu’est-ce que tu veux faire passer comme message à travers tes photos ?
Ce travail sur les Forêts est un sujet inusable pour moi, il répond à une passion pour les mythes, les envolées imaginaires liées aux contes et légendes que me procurent ces forêts de montagne. La beauté naturelle de la nature doit être préservée sur terre, pas seulement pour le plaisir qu’elle peut nous procurer, mais pour que cette planète ne soit pas entièrement peuplée, transformée et polluée par l’homme. Comme d’autres photographes voyageurs que je connais (je pense spontanément à Cindy Jeannon qui est actuellement en train de préparer un livre magnifique sur ces immersions en pleine nature), cette nature sauvage est indispensable dans l’équilibre de la vie sur terre.

Une de tes photos a été sélectionnée pour le Mont Blanc Festival de 2016, peux-tu nous raconter l’histoire de cette photo ?
Tout d’abord il y a eu le prix décroché en 2014 sur thème « Forêt et montagne », véritable opportunité pour moi de montrer le travail photo que j’effectuais sur ce thème depuis 2011. En collaboration avec le magazine Réponses photo, l’équipe du Mont Blanc photo festival m’a donc octroyé ce prix, me permettant d’intégrer la sélection officielle du festival. En 2016, j’ai réitéré l’expérience en proposant une photo sur le thème « l’humain et la montagne », elle a été sélectionnée avec neuf autres lauréats. Cette photo en noir et blanc que j’ai prise en Haute Garonne sur le plateau d’Uls dans le massif du Crabère (à 2000 m/altitude), exprimait à mes yeux un lien poétique et fragile entre l’homme et la montagne. Cette photo montre un vaste plateau enneigé sur lequel serpente les traces éphémères d’un randonneur en raquettes (les miennes donc ;o). Les conditions météo et la qualité de la neige (pas encore trop épaisse en ce début d’hiver) m’ont permis d’accéder à cette portion du GR10, car l’accès passe par des couloirs d’avalanche et les coulées de neige sont fréquentes durant l’hiver. Une photo réunie parfois plusieurs facteurs exceptionnels qui la rende précieuse et unique. Son histoire émotionnelle et sa qualité graphique ont touché pour la seconde fois un jury et j’en suis très fier. De plus, elle représentera les Pyrénées dans les Alpes à l’occasion de ce festival, c’est important pour moi.

Tu fais très peu de photos en couleur, qu’est-ce qui t’attire autant dans le noir et blanc ?
Je pratique aussi la couleur, mais dans d’autres registres, d’autres thèmes comme celui des paysages maritimes de la côte atlantique et la Camargue (une région que j’adore). Mais je pratique beaucoup le noir et blanc, c’est vrai, mon premier regard de spectateur en photographie fut en noir et blanc (les photos de mon enfance) et j’ai gardé une approche émotionnelle et esthétique très forte dans ce domaine. J’admire sa matière, le travail subtil sur la lumière et ses qualités graphiques.

Parlons un peu “technique” quels conseils peux-tu donner pour avoir un beau rendu de la neige en photo ?
En premier lieu, je travaille en sous exposant afin de me pas brûler sa matière. Ensuite bien évidemment, il y a les conditions météo et l’environnement dans lequel vous allez capter la neige. La neige est un matériau fragile, variable, qui peut se transformer très rapidement, j’ai pu l’expérimenter durant toutes mes sorties en montagne. Le début du jour est évidemment propice à la « bonne » neige. Si elle vient de tomber, si le soleil revient, si le ciel est gris, si il fait très froid, si la température remonte, bref, pleins de facteurs vont agir vite sur l’état de la neige, parfois se glisse aussi le facteur chance, l’imprévu. La photographie dépend de tout cela. Plus on la pratique, plus on découvre sa complexité. Moi par exemple, je n’ai pas encore pu retrouver une atmosphère de neige découverte un matin de décembre en pleine montagne. Certaines conditions sont parfois très rares, elles peuvent revenir dans le temps, mais il faut être là au bon moment, au bon endroit et ça c’est un exercice difficile. Mais la passion à ce pouvoir, celui de ne jamais tomber dans la routine ou la répétition. Aucune de mes excursions ne ressemble à une autre, elles ont chacune leur histoire et leur émotion propre.

Tu fais aussi de la photo d’architecture, quelle est à ce jour celle dont tu es le plus fière et quelle est son histoire ?
Je m’intéresse à l’architecture et à la fois en couleur et en noir et blanc. Il s’agit pour moi d’une forme d’exercice graphique et à ce jour, je n’ai réalisé qu’une série totalement aboutie sur ce sujet. Et justement, c’est dans cette série que j’ai permis à l’un d’entre elle de gagner un premier prix architecture sur le site Art Limited. Elle est né d’un travail photo dans le quartier de la Défense à Paris. Lorsque je reviens sur Paris, j’aime déambuler dans ce quartier d’affaire, observer son évolution constante. La photographie d’architecture est très pratiquée et on peut découvrir de grands photographes sur ce sujet. C’est un sujet fascinant et difficile car on peut facilement se laisser « endormir » par son côté spectaculaire.

Tu as déjà plusieurs expositions à ton actif, quels conseils pourrais-tu donner à nos auditeurs qui voudraient faire une première exposition ?
Pour ma part, la première exposition à laquelle j’ai participé était collective (sur Paris), ensuite, j’ai réellement commencé à travailler sur une exposition lorsque j’ai créé mon association photo, en 2007. Cette année là, je proposais une exposition collective qui réunissait une dizaine d’auteurs autour d’un thème commun lié à l’édition de la revue papier l’autre que mon association gère depuis 2004 (huit numéro à ce jour dont le dernier était consacré aux Forêts Pyrénéennes). A mon avis, il faut une bonne raison pour préparer une exposition, avoir réalisé une série qui se tient esthétiquement. Il faut prendre le temps de la maturation, du recul. Moi j’utilise beaucoup internet pour tester mes images, c’est ainsi que s’est constituée mon exposition sur les Forêts Pyrénéennes avec la galerie bleue. Entre le point de départ sur ce travail en 2011 et l’exposition solo que je viens de présenter à la Galerie Bleue, il s’est écoulé cinq ans (entre les deux, il y a eu l’exposition d’une série de dix clichés lors du Mont Blanc photo festival de 2014). Il n’y a pas de règle, pour ma part, j’ai besoin de temps, j’aime le vécu autour d’une recherche photographique, même si on peut réaliser très rapidement une bonne série qui se tienne comme ce fut le cas en 2013 avec le personnage féminin que j’ai mis en scène et que j’ai nommé « Miss Rose » (exposé au festival de la Réole en 2015). Chaque projet à sa propre histoire et donc son propre rythme.
Quant aux lieux, on peut déjà se tester avec les offices de tourisme qui sont demandeurs en terme d’exposition. Puis tenter les appels à candidatures auprès des festivals (lorsqu’on dispose d’un travail photo cohérent et réfléchi).

Qu’est-ce que les différentes expositions que tu as fais t’ont apporté ?
L’expérience ! Chaque étape m’a permis d’apprendre : gérer son projet, choisir les tirages et les encadrements ou les contre collages selon la série choisie. S’adapter aux lieux, préparer la communication, apprendre à accrocher, à présenter une exposition. Cela m’a permis aussi de recevoir les avis et les critiques du public et d’autres photographes. Au fur et à mesure, on apprend à améliorer les choses. Surtout lorsque l’on commence à participer à des expositions où le niveau s’élève. La dernière en date est celle de la galerie bleue installée dans un collège du Gers (à Riscle exactement). J’ai vécu ma première résidence d’artiste, j’ai rencontré plus de 400 élèves du collège qui ont la chance d’avoir une vraie galerie d’art installée au sein même de l’établissement (dirigée par Anto et Alain Alquier) avec lesquels j’ai pu échanger durant deux jours tandis qu’une conférence était organisée le soir du vernissage. Dans ce contexte, on se trouve face à une organisation exigeante et professionnelle et on prend vraiment la mesure de l’évolution de son travail de photographe.

Depuis plusieurs années tu t’occupes d’une association qui a ce jour a publié 8 revues artistiques : “l’autre…”. Peux-tu nous raconter cette aventure et notamment nous parler de l’exposition “Kafka vu par 8 photographes” ?
J’en ai un peu parlé dans les questions précédentes, mais pour résumer à nouveau, je dirais qu’après un stage photographique à Arles en 2003 avec Patrick Le Bescont, directeur des éditions Filigranes, j’ai décidé de créer l’association l’autre en 2004 afin d’éditer une revue papier du même nom. J’ai commencé par éditer deux premiers numéros autour d’un travail personnel, puis j’ai ouvert la revue à des projets collectifs à partir de 2007. J’ai organisé à ce moment là les premières expositions collectives de l’association, d’abord en 2007 sur Auch, la ville où je travaille, puis en 2008, en proposant l’exposition dans différents lieux du département du Gers (médiathèque, office de tourisme). En 2010, je répondais à la première commande d’un festival de musique baroque à Auch (Claviers en Pays d’Auch), qui me proposait de partager avec un autre photographe, une exposition de portraits des bénévoles du festival. Mon association s’est chargée de présenter ce projet dans différents lieux du département. En 2012, j’éditais la revue consacrée à l’écrivain F.Kafka puis j’organisais en parallèle une exposition qui réunissait 8 photographes. Chacun ayant réalisé une série photo en noir et blanc liée à des extraits d’une oeuvre de l’écrivain tchèque. Ce projet à été imprimé sur bâches, mêlant écriture et images et durant l’année 2013, j’ai présenté cette exposition à nouveau dans différents lieux culturels mais aussi à l’Hôtel du département du Gers.

Tu es aussi comédien et danseur, qu’est-ce ces deux autres disciplines artistiques apportent à ta pratique photographique ?
Oui, je suis comédien danseur depuis les années 90 et j’ai développé mon activité photo à la fin des années 90 (d’abord en argentique puis en numérique à partir de 2004). L’exposition autour de Kafka a été l’occasion de mêler mes deux activités, puisque outre l’exposition, j’ai demandé à France David, danseuse écrivain, de présenter une lecture dansée en parallèle de l’exposition. Elle m’a demandé d’intégrer sa performance et nous avons fait un duo de 30 mn. Voici l’exemple que je peux prendre pour parler de l’interaction qu’il y a entre mes deux activités artistiques. Il y en a d’autres : j’ai participer à l’élaboration de deux scénographies pour la chorégraphe Clo lestrade. En 2008 avec son spectacle RAB, dans lequel je jouais aussi (scénographies à base de bâches photographiques en noir blanc présentant des parties de corps) ; mais aussi en 2011 sur sa création « Where is my place ? », un spectacle de 1heure et demi joué en plein air (là aussi j’ai réalisé une grande bâche photo de plus de dix mètres de haut qui était accroché durant le spectacle sur la façade d’un immeuble. Ce qui me plait dans ces aventures artistiques, ce sont tous ces liens qui se font avec les gens qui m’entourent, les échanges, tout cela forme une histoire unique.

Quels sont tes projets ?
Là je suis dans le prochain spectacle de la compagnie Clo lestrade, donc il y a du travail pour les 12 mois qui viennent. Concernant la photographie, je veux éditer un nouveau numéro pour la revue car j’ai pris du retard pour sa sortie. L’exposition sur les « Forêts Pyrénéennes » représentait un engagement, à la fois, artistique et financier pour l’association qui l’a porté. Je continue à participer de temps à autre à des concours (le dernier en date est donc ma participation cet été au Mont Blanc photo festival à Saint Gervais en Haute Savoie), puis je dois aussi penser à proposer mon exposition sur les « Forêts… » dans d’autres lieux, car elle réunie plus de 50 tirages grand format sur papier awagami. Et donc la revue pour 2017 en compagnie d’autres photographes et sûrement cette fois-ci en couleurs !

Merci Bruno !

Interview Bruno Blais - Photo d'architecture
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  • Il y a 2 semaines 22 heures
    Ellhege E.

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