Interview

Valérie Baeriswyl

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Exifs

Nom /  Valérie Baeriswyl
Age / 32
Situation familiale / En couple   
Localisation IRL / Haïti — Paris — Suisse

Style de photo / Photographe de mariage, photojournaliste, portraitiste
Date de début de photo / Oulaaaaa… j’avais 10 ans quand j’ai acheté mon premier appareil….
Apprentissage / Autodidacte puis école de photojournalisme à Paris en 2011-2012
Statut / Auteur photographe
Date de début d’activité / 2010 pour un début et 2012 plus sérieusement (et encore…)

Photographe préféré / Richard Avedon pour ses portraits, Koudelka pour Les Gitans
Chanson préférée / Madichon d’Erol Josué
Film préféré / J’en regarde tellement que j’ai de la peine à n’en sélectionner qu’un… « Welcome » m’avait marqué.
Livre préféré / En ce moment, je suis très lecture haïtienne.. « Amour, Colère et Folie » de Marie Vieux-Chauvet
Citation préférée / La lecture nous offre un endroit où aller lorsque nous devons rester où nous sommes. (Mason Cooley)
Région préférée / Le Valais
Gourmandise préférée / Glace au chocolat (pour n’en citer qu’une !!)

Une journée type en 5 mots / Je me lève difficilement — Je mange mon bol de kellogg’s — J’édite mes photos en regardant les réseaux sociaux — Je sors prendre des photos — Je lis ou regarde un bon film

Appareil photo / Canon 5d3, presque tout mon travail photographique est réalisé avec le 50 mm 1.2 et le 35 mm 1.4
Logiciel / Lightroom

Valérie Baeriswyl

Comment et quand la photo est rentrée dans ta vie ?
La photo est rentrée dans ma vie très jeune. Je crois me souvenir que c’est une photo que mon papa avait fait qui m’a marqué et qui m’a donné envie d’essayer moi-aussi. Ensuite on a passé du temps à développer des photos dans la chambre à lessive de ma maman. C’était rare, mais génial.
A 10 ans, mes économies de mes petits travaux d’été m’ont permis d’acheter un compact. Puis arrivée à la grande école, j’ai évolué avec un reflex argentique qui m’a suivi jusqu’en Amérique du Sud durant un voyage de 5 mois.

Quelles sont les étapes de ton parcours photographique ? 
Avant l’Amérique du Sud, je photographiais déjà tout mon entourage familiale et scolaire. Puis de petits boulots pour des particuliers m’amenant à la presse locale suisse, je me voyais déjà photographe professionnelle. Il en a été tout autrement avec une carrière de bibliothécaire-documentaliste durant 10 ans et la photo comme passion à côté.
Un jour, à 26 ans, j’ai eu envie d’autres choses et je suis allée à Paris faire une école de photojournalisme. Depuis là, je vis comme photographe et photographe de presse. Difficilement d’ailleurs.

Qu’est-ce que t’as apporté ton 1er prix du Grand Prix Paris-Match du photoreportage en 2012 ?
En effet, à la fin de l’école, j’ai reçu ce prix. J’étais vraiment surprise et très fière. Cela m’a apporté plus de confiance à continuer dans cette voie. Au-delà de beaucoup de joie et de reconnaissance pour un travail accompli, cela ne m’a pas spécialement ouvert de porte.

La série CONVERTIE qui a remporté le prix parle d’un sujet qui n’est pas facile à aborder en ce moment, quelles réactions a suscité ton travail ?
Oui en effet, ce n’était pas facile pour moi et pour la protagoniste aussi. Elle a du m’accorder toute sa confiance, et je la remercie encore. J’ai partagé beaucoup de moments d’intimité avec elle et son mari, pour que je puisse réaliser au mieux ce reportage quelque peu sensible. Je n’ai pas reçu que de bonnes réactions car la religion comme sujet est toujours propice à de nombreuses critiques, plus précisément de la part de fervents catholiques qui m’ont écrit et envoyé des livres. Ce n’est pas que je voulais faire un plaidoyer pour l’islam, mais je voulais comprendre comment les gens vivent leur mixité culturelle. J’ai commencé avec ce couple, mais il est question que je continue ce travail avec d’autres couples qui ont d’autres profils.

Tu continues à faire de la photo de mariage en parallèle, qu’est-ce qui te plait dans ce style de reportage ?
J’aime photographier les émotions, le bonheur, rencontrer des gens, l’adrénaline de « la journée qu’on ne peut pas louper ».
De plus, il y a des familles que je suis depuis des années et à chaque fois qu’ils m’appellent pour un nouvel événement, cela me touche, cette confiance accordée. Parfois, j’ai presque l’impression de faire partie de cette intimité.

Tu as très vite fait aussi beaucoup de portraits, pourquoi ce choix ?
C’est ce qui m’a tout de suite attiré. L’échange de regards. Le partage qu’il y a entre celui qui est photographié et celui qui va restituer avec sa patte du mieux qu’il peut ce qu’il a vu et ressenti en rencontrant telle ou telle personne. J’aime tout particulièrement la rencontre photographique qu’elle soit spontanée ou de commande.

Tu as déjà du photographier des célébrités, comment t’y es-tu pris ?
J’en ai photographié beaucoup, surtout dans le milieu parisien mais je suis restée égale à moi-même et ces personnes-là, à moins d’être de mauvaises humeurs ce qui peut arriver à tout le monde, sont hyper professionnelles, savent ce qu’on a besoin. Par contre, elles sont tellement habituées à poser que la difficulté réside à trouver la bonne attitude, l’émotion à faire ressortir pour obtenir une photo originale et fidèle au personnage. Mine de rien, c’est tout un défi.

Y a-t-il une séance qui t’a marqué plus que les autres ?
J’ai aimé photographier Camille Cottin, chez elle. En toute simplicité. On est allé sur son toit d’immeuble de façon rocambolesque et elle était juste super cool, calme, souriante, drôle. Il y a des séances où tu ressors « lessivé » et d’autres avec la patate, comme avec Camille.

On ressent à travers tes reportages énormément de bienveillance, quelles sont les valeurs que tu veux y véhiculer ?
Je souris en pensant qu’on me reproche cela plus souvent qu’on ne m’en félicite. Je vois la vie et les gens d’une manière qui ne rejoint pas toujours les lignes éditoriales des magazines et des journaux. Certaines fois, je fais des travaux suivant mes convictions profondes et ma vision du monde. Je ne les vends pas toujours certes, mais je continue à faire ce que j’aime, c’est ça l’essentiel.
C’est sûr, qu’idéalement, je voudrais raconter des histoires incroyables que personne ou peu de monde connaissent, qui surprennent ou font rêver. Cependant, sur le terrain, ou dans la vraie vie, c’est souvent différent. En tous cas, j’aimerais qu’on sente que je suis proche de mes sujets.

Tu as fait de nombreux reportages entre autre pour le magazine Vivre Paris, était-ce uniquement des reportages de commande ou pouvais-tu proposer des sujets ?
La plupart du temps ce sont des commandes. Si je propose une idée, on en tiendra compte, mais ça ne veut pas dire qu’on lui accordera la place nécessaire ou que ça sera l’urgence du prochain numéro…

Tu as pu assouvir ton désir du voyage parmi tes premiers sujets en Tunisie et Albanie par exemple, pour la Tunisie comment as-tu choisis tes reportages ?
Je suis partie en Tunisie avec deux copines rédactrices que j’avais rencontré durant ma formation en photojournalisme à Paris. Sur la danse, c’est Sophia qui avait proposé de réaliser ce reportage et sur les chevaux (les barbes), c’est Hélène spécialiste équestre qui m’avait proposé le sujet.
Faire un duo rédacteur-photographe est indispensable. Mais pour éviter toutes déceptions ou mauvaises interprétations de ce que l’autre souhaite, c’est mieux de bien délimiter en amont qui fait quoi, regarder quelle ligne éditoriale on cherche à viser, comment on répartit les interviews, qui a le contact de ce protagoniste, etc.. Les tâches sont multiples et beaucoup sont à réaliser avant le départ.

Tu vis actuellement en Haïti, comment as-tu fait ce choix ?
Je vis en Haïti depuis 7 mois cependant je rentre quelques mois en Europe cet été. Je suis venue ici après un coup de coeur pour ce pays et un collectif de photographes qui m’ont rapidement adopté. Après la nuance entre passer de bonnes vacances et vivre sur place, c’est un pas énorme. Les difficultés sont multiples et certains jours, elles me semblent interminables et insurmontables.

Tu as publié récemment une série de photo sur la ville d’Abricots, comment as-tu abordé ce reportage et comment rentre tu en contact avec les habitants ?
J’aurais bien voulu dire que c’est un reportage mais en effet, c’est une série de portrait sur une petite ville du sud du pays que j’ai visité avec une copine venue en vacances en Haïti. En tant qu’étrangère en Haïti, il n’est pas difficile de rentrer en contact, puisque qu’on le veuille ou non, on se fait héler, appeler en marchant dans la rue, on est abordé dans le bus, etc. La plupart du temps, les gens sont curieux de l’étranger et prennent plaisir à vous questionner. Pour réaliser mes portraits, j’explique que je suis photojournaliste, que je suis pigiste au Nouvelliste (quotidien local) et que je m’intéresse à leur activité, à leur vie.

Qu’est-ce que ton expérience en Haïti t’a apporté ?
Beaucoup pour ne pas dire énormément. Tout d’abord ce sont de belles rencontres. La possibilité de faire des ateliers avec le collectif 2D (photographes, journalistes et vidéastes) dont je fais partie. En juillet, une revue, FOTOPAKLÈ, sortira avec le soutien d’une fondation sur place, FOKAL. Je me réjouis déjà.  Sinon, moi qui suis d’une impatience extraordinaire, Haïti et ses trésors insoupçonnables m’auront permis d’appréhender cette vertu, la patience. J’ai appris à vivre à un autre rythme.

Comment as-tu fait connaissance du Kolektif 2D et peux-tu nous détailler un peu plus vos réalisations ?
J’ai fait connaissance du collectif par rebond journalistique. Bien avant de venir en Haïti, j’avais parlé par skype à un de ses membres pour un sujet que je réalisais sur le racisme des dominicains envers les haïtiens, de l’autre côté de l’île. Puis est venu le temps où je suis arrivée en Haïti, on m’a invité dans une réunion hebdomadaire pour présenter mon travail photographique et le courant est tout de suite passé. En octobre dernier, j’ai demandé mon adhésion et me voilà dans l’aventure avec 18 haïtiens ! Eh oui, c’est un très grand collectif ! En ce moment, on finalise une revue, son nom est « Fotopaklé » et le titre pour ce premier numéro est « Frontière(s) » qui se veut une sorte de portfolio sur la frontière d’Haïti avec la République dominicaine sur toutes les formes d’échanges et de relations qui pourraient exister entre ces deux pays. A côté de ça, d’autres membres travaillent sur Cazal, pour réaliser un travail de mémoire sur une ville qui a subit un grand massacre en 1969 avec le soutien du photographe Nicola Lo Calzo.

Quel serait ton reportage rêvé et quels sont tes projets ?
Mon reportage rêvé serait d’avoir une commande, de partir avec un rédacteur et un sujet bien ficelé puis de se lancer dans l’aventure. D’avoir le temps de réaliser un sujet en profondeur, une histoire saisissante et de pouvoir prétendre à des bourses, postuler pour des résidences d’artiste…
Mes projets… ils sont sous forme de rêves très nombreux et si j’avais à en choisir un, je dirais partir 6-12 mois à New York, parfaire mon anglais et être dans une école de photojournalisme ou travailler auprès d’un photographe de mode pour développer d’autres acquis.

Merci Valérie !


 

Interview Valérie Baeriswyl - Photo de mariage
Interview Valérie Baeriswyl - Photo de mariage
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