Interview

Thomas Subtil

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12 Minutes

Exifs

Nom / Thomas SUBTIL
Age / 33 (ça sonne bien ça :) )
Situation familiale / Pas marié mais en couple stable avec ma blonde ;) (Désolé pour les fans hystériques… )
Localisation IRL / Montréal, Canada

Style de photo / J’ai fait un peu de tout mais maintenant je fais ce que je veux avec mes images.. Alors ça donne un style « création numérique » (je crois qu’on dit ça :) )
Date de début de photo / Pffiouuuu, la photo ça fait un bail. J’ai commencé à 15 ans avec un argentique en NB où je développais moi même. (Mais entre mes 15 ans et maintenant j’ai fait des grosses pauses aussi…)
Apprentissage / Autodidacte puis une formation à l’école des Gobelins après avoir fait mes premières expos.
Statut / Auteur photographe
Date de début d’activité / 1 mai 2008, il me semble. Le jour de la fête du travail. Cool non? Ca en dit long sur le métier… bosser quand les autres ne le font pas ;)

Photographe préféré / Pendant longtemps David LaChapelle. Mais aujourd’hui je me nourris de beaucoup de monde. Connus ou inconnus.
Chanson préférée / Ca dépend du moment de la journée / de mon Humeur / du moment de ma vie (mais en général c’est rythmé et rock).
Film préféré / J’ai kiffé Interstellar
Livre préféré / Je ne lis pas tellement j’avoue, quoique.. les BD ça compte?
Région préférée / Le monde
Gourmandise préférée / La religieuse !!!

Une journée type en 5 mots / Alors 2 types : Journée post prod… de 9h à 15h a fond, sans m’arrêter ni manger en écoutant de la musique, la BO du roi lion pour Hakuna matata (et c’est pas une blague) puis je sors, je fais ma vie, je mange etc. Retour sur l’ordi vers 22h jusqu’à 2 ou 3h du mat (mais ça ce n’est pas tout le temps). Journée shooting… ben là c’est sur que si c’est un safari, ça ressemblait plutôt à lever à 6h, puis dans le van, on parcourt la réserve, on demande où a été vu tel ou tel animal, on se poste, on attend, je faisais placer le chauffeur en fonction de la lumière et des animaux / paysage. Parfois c’était au metre près, parce que on a pas le droit dans la réserve de sortir de la voiture, puis vers 17h fin de journée, on rentre on se pose, on boit une bière, on mange, on se marre ;)

Appareil photo / Nikon D800, 50mm 1.4, 50mm 1.8 (mon 1.4 déconnais alors j’ai racheté un 1.8), 14mm 2.8 et le 24-70 2.8 (tout de chez Nikkor). Pour le safari j’avais un 100-400 3.5/5.6 je crois qu’on m’avait prêté (il était top celui là d’ailleurs).
Logiciels / Aucun ce n’est que du dressage :) … ou peut-être un peu de PS et LR aussi.. mais pas plus.

Thomas Subtil

Suite à un safari photo tu as ramené plusieurs séries de photos qui interpellent, tu as réussi à surprendre les animaux de la Savane dans leur vie intime, dans des scènes qui ne sont pas visibles par le commun des mortels, quel est ton truc ?
Oui ce n’était pas facile à réaliser comme shooting. Il m’a fallu du temps pour me faire accepter dans la communauté. J’ai d’abord du le faire un peu caché, pour celle des girafes dans les nuages par exemple. Je me suis tapis dans la nuit en haut d’un séquoia géant d’Afrique (ça aussi c’est vachement vachement rare, peu de personnes en ont vu dans leur vie). Puis j’ai attendu le petit matin et la brume matinale bien caractéristique des plaines africaines. J’ai eu la chance de tomber sur un troupeau de girafes qui m’ont assez vite accueilli et fait entrer dans leur cercle. Il n’y a pas de truc, l’important c’est le respect de leur habitat. Il faut leur montrer qu’on les considère comme étant des êtres vivants sur la même planète que nous. Trop de gens ont tendance à l’oublier.
Je suis cependant très flatté, ils ne laissent habituellement personne entrer dans leur intimité.

Pour la série Animétro ça se complique encore plus, il t’a fallu, je suppose, les dresser afin de leur faire prendre la pose, tu as été assisté pendant le dressage et les prises de vue ?
Pour la série Animétro cela à été un peu différent. Elle intervient un an après Hakuna. On était rendu à un autre stade. J’ai voulu leur faire découvrir Paris. C’est en touristes qu’ils sont venus. J’ai été aidé par Clarisse Rebotier pour le coup. Elle avait aussi déjà des contacts avec d’autres animaux. On les a fait se rencontrer. Dans tous les cas, les animaux n’étaient pas dressés, ils savent bien se comporter lorsqu’on les voit tel qu’ils sont :). J’avoue tout de même que l’on a échappé de peu à l’accident avec la girafe qui sort la tête de la rame. Car la photo ne dit pas qu’un train est arrivé en face et qu’il s’en est fallu de peu pour qu’il lui ai manqué un bout.. C’est véridique ça comme histoire, on n’avait pas vu le train en face arriver et au moment de sortir le bras pour la prendre en photo, le train est passé, j’ai failli y laisser ma main ça s’est joué à une demie seconde.

Avec les dernières photos en couleur on voit que tu es arrivé à faire un travail précis avec eux, ils donnent l’impression de s’amuser avec toi, participent-ils aux idées de mise en scène ?
Oh ! Oui, on a beaucoup de fun maintenant. Ils donnent carrément leurs idées sur le placement, les mises en scène, etc. C’est le cas de Gros Nez le rhino qui clairement a voulu faire le malin sur sa roche au bord de l’eau. J’ai aussi la photo de la chute qui a suivi mais j’ai juré de ne jamais la diffuser. Il ne voulait pas voir ça sur Facebook. Cependant la plupart du temps, je n’ai qu’à les observer et les laisser vivre naturellement pour avoir leurs poses. Ils sont très spontanés. Et c’est ce que j’aime chez eux.

Plus sérieusement…quelques années après avoir fait des études cinématographiques tu as fait l’école des Gobelins, peux-tu nous partager un peu de ton expérience ?
Mon expérience à l’Ecole des Gobelins à été top. J’ai fait une formation intensive de 3 mois sur la prise de vue et la retouche numérique. J’y ai beaucoup appris et en particulier j’ai pu combler pas mal de lacunes que j’avais. Avant je savais où je voulais aller mais je finissais toujours ailleurs en photo, c’était bien mais pas le but recherché. Maintenant, je sais où je vais et je connais les meilleurs chemins pour y arriver. Ce fut une super expérience, les profs étaient compétents. J’ai essayé de les mettre en défaut plusieurs fois mais je n’y suis pas parvenu réellement. Maintenant ce ne sont pas les Gobelins qui ont fait que je fais les photos d’aujourd’hui. L’école m’a aidé à apprendre à pouvoir aller plus vite techniquement mais c’est surtout l’observation et mon imaginaire qui me portent. Je rêve énormément. Tout le temps. J’imagine en permanence des nouvelles situations dans tous les styles que ce soit avant de dormir, en métro, sous la douche, le matin au réveil alors que j’ai encore la tête dans l’oreiller.

C’est un voyage aux USA et ensuite un voyage au Kenya qui ont donné naissance à tes premières travaux personnels, quel est le prochain voyage prévu et est-ce qu’il y a un projet en cours avec le Canada car tu y vis depuis quelques temps ?
Le dernier voyage s’est fait à Cuba et la première photo sortie de ça sera exposé au festival de la photo de Dax cet été. Je n’ai rien en particulier avec le Canada en tête j’avoue. J’aime y vivre, mais j’aime voyager avec mes photos. Il y a cependant une réflexion que j’ai en ce moment sur la ville, les buildings etc… tout est très nord Américain ici et je cherche ce que je pourrais faire avec tout ça de manière nouvelle.

Tu peux nous expliquer le concept d’exposition que tu as mis en place à la nuit de la photographie contemporaine, car c’était inédit il me semble ?
Lors de la dernière nuit de la photo, j’ai mis en place un concept qui était inédit pour moi mais pas dans le domaine de l’art. C’est quelque chose qui existe déjà en peinture.
L’idée était plutôt que de présenter 10 nouvelles photos les unes à coté des autres, de tout regrouper en une seule et grande fresque et de demander au gens de participer à la création de l’œuvre en définissant eux même leur cadrage. Ils avaient à disposition des passe-partout de différentes tailles et pouvait choisir exactement la taille de la zone de la fresque qu’ils souhaitaient acheter.
L’accueil a été assez mitigé. Du côté public, certains ne voulaient pas faire d’effort de création et auraient souhaité que je leur propose moi un cadre, une photo… C’est quelque chose que je comprends mais je souhaitais faire participer le public. Je voulais casser ce côté spectateur versus acteur. Je voulais que le spectateur devienne acteur lui-même et s’approprie personnellement l’œuvre.
Certains ont joué le jeu, pas d’autres… bon j’ai vendu oui mais il n’y a pas eu autant d’interaction que je l’aurais souhaiter. L’idée est à revoir. Du côté des photographes, ce fut assez drôle j’avoue. Car j’ai eu les gens qui ont trouvé l’idée intéressante et qui m’ont dit go, on va voir c’est cool. Puis les autres qui se sont insurgé de manière assez forte (par écrit et sur internet de manière anonyme sinon c’est pas drôle) en dénonçant une mascarade qui allait détruire le métier, que tous les clients allaient vouloir avoir ça, que c’était presque une sorte de concurrence déloyale… enfin bref plein de choses sympa que l’on peut trouver en ligne (cf les commentaires de l’article de Compétence Photo pour les plus curieux.).
Ca m’a fait assez sourire. Car cela montrait 2 points :
1- Ceux qui ont commenté ne sont absolument pas sûr d’eux et de leur travail. Car selon moi lorsque l’on fait quelque chose parce qu’on sait que c’est comme ça qu’on veut qu’il soit, on se fiche de ce que les autres peuvent créer comme concurrence. Apres tout, il est impossible de plaire à tous et les gens qui m’achètent n’achètent pas forcément un autre type de photo et vice versa.
2- C’est aussi des gens qui selon moi sont coincés dans une image de la photo du XX ème siècle. La photo est jeune au regard des autres arts. On a beaucoup à créer encore, beaucoup de choses à tester, il faut la développer, c’est encore un petit bébé. J’essaye toujours de repousser un peu ces limites. Il y a quelques années lorsque j’ai commencé à montrer mes premiers photo montage on me disait que c’était pas de la photo etc etc… aujourd’hui plus personne ne me dit ça au sujet des retouches. Mais ils me disent ça sur la manière de les présenter. Puis dans le futur ils me le diront sur le support, sur la scénographie que sais je… J’aime ça. J’aime essayer de voir où l’on peut aller en utilisant le médium photographie. Qu’il y en ait qui râle, ça me plait aussi car ça veut dire que je suis sur la bonne voie. ;)

Pour la série Animétro tu as collaboré avec Clarisse Rebotier, peux-tu nous raconter l’histoire de cette série ?
L’histoire d’origine est assez simple. J’avais rencontré Clarisse lors d’une de ses expositions. J’avais aimé son travail, elle connaissait le mien, je lui ai dit que ça serait cool qu’on essaye de faire une série ensemble. Travailler à deux était nouveau pour moi. C’est pas simple. Au total on a mis au moins 1 ou 2 ans à faire cette série. On a changé nos idées plusieurs fois, on a testé des choses qui n’ont pas marché pour finalement se mettre d’accord sur Animétro. Au départ, pour Hakuna Matata je voulais mettre les animaux dans la ville. Seulement les paysages kenyans étant tellement grandioses que j’ai changé d’avis. C’est donc naturellement que par la suite les animaux sont arrivés en ville. J’ai proposé à Clarisse de se limiter au métro seulement car les thèmes en ville sont vastes. Et j’aimais aussi l’idée que le métro est une immense jungle avec sa faune qui lui est propre ;)

Ton travail personnel est onirique, insolite, intemporel…est-ce un moyen de rester créatif aussi dans ton travail publicitaire ? En quoi l’un nourrit l’autre ?
Aujourd’hui mon travail publicitaire change pas mal, je suis en train de me diriger doucement vers la planification et la stratégie publicitaire d’un point de vu marketing et non plus d’un point de vu création visuel. C’est tout autant créatif mais peut être encore plus abstrait comme manière de réfléchir. Je ne sais pas si l’un nourrit l’autre. Je ne pense pas. Je pense juste que j’ai un cerveau qui imagine tout le temps dans tous les domaines. J’aime apprendre, j’aime comprendre puis j’aime réfléchir à ce qu’on peut faire avec tout ça. Je pense que mon travail reste insolite, onirique et intemporel car j’utilise beaucoup ma manière de penser de quand j’avais 10 ans. Là où face à tes blocs de légos, absolument tout est possible !

Peux-tu nous parler de ta série “Lock up”, un peu plus ancienne et tellement cinématographique ?

J’aime beaucoup varier les genres en photo. J’en ai essayé plusieurs avant de m’arrêter sur la création numérique. J’ai fait de la photo de reportage, à la fois dans les manifs en France comme beaucoup ou bien lors de mes voyages. J’ai fait toute une série sur les dernières artistes du tasheless a Berlin avant qu’il ne soit détruit ou le dernier en date sur le plus grand bidonville d’Afrique (Kibera) à Nairobi au Kenya. J’ai aussi fait de la photo de studio avec des lumières et éclairage très mode.
La série “lock Up” s’inscrit dans un contexte où j’avais déjà fait tout ça et où je me plaisais déjà à faire pas mal de retouches dans mes photos. Un jour, cependant j’ai eu l’envie de refaire une série complète qui ne serait pas retouchée. Avec des acteurs, dans un décor ou je maîtrisais l’éclairage de A à Z et surtout beaucoup axé sur la mise en scène. Je voulais sortir la tête de l’ordinateur et revenir à une relation de lumière physique, avec des décors concrets et des modèles/comédiens incarnant de vraies personnalités. Sans comparer nos travaux respectif mais un peu à la manière du Turk. J’aimais son côté, on fait tout nous même, on se travaille de belles lumières et une mise en scène sympa et on y va. C’est donc comme ça que j’ai réfléchi “lock Up”. Par chance j’ai des amis dans le cinéma et notamment un qui a un accès à un local où très souvent il tourne avec des amis des courts métrages. Ils venaient de finir un clip dans un décor de prison fabriqué pour l’occasion. Avant qu’ils ne le détruisent je lui demandé si je pouvais en profiter. Il a dit oui, j’étais ravi.
S’en suit une journée de shoot avec de la glace carbonique, des pitbulls, des costumes fait maison (entendre “dégueulassés” home made”) des flashs et de la lumière continue (c’était un autre de mes challenge perso ça, pouvoir réussir à mixer lumière continue de cinéma et flashs). Les comédiens étaient des amis, quasiment tous photographes aussi d’ailleurs (pour Jérôme et Rémi). J’ai eu aussi une super équipe technique avec en Make Up Helleanna.

Tu t’es intéressé à beaucoup de domaine créatif et artistique différent, alors pourquoi la photo ?
Il est évident que j’aime tout ce qui est créatif et j’aime m’y frotter, comprendre, essayer, etc.. Oui j’ai fait une école d’art appliquée où j’ai peint, dessiné, gratté, mais je dois avouer que si j’ai des idées je ne suis pas super super doué pour les designer ou dessiner de manière réaliste. C’est comme ça que j’en suis venu à utiliser le médium photo. Ça me permettait de produire mes idées avec la qualité réaliste que je voulais. Après j’ai beaucoup travaillé en vidéo dans ma vie. D’ailleurs je suis en train de réfléchir à un système qui me permettre de donner une vie animée à mes animaux. Si tout se passe bien, vous aller en entendre parler d’ici peu. J’espère que ça sera prêt d’ici un mois. Mais chuutttt ceci est un secret encore.

Merci Thomas !

Actualités

La série “Animétro” est exposée dans le parc de l’Abbaye de l’Epau dans la Sarthe pendant tout l’été.

Thomas est aussi dans la sélection du festival de Dax qui commence en juin et fini fin juillet. Il y sera du 4 au 10 d’ailleurs avec une conférence le 7 sur ses photos et un peu sur la retouche numérique. D’ailleurs si les gens veulent le rencontrer à ce moment là du ( 4 au 10 juillet) qu’ils n’hésitent pas à le contacter sur Twitter.

Et enfin il sera exposé pendant 10 jours en septembre dans un festival de photoreportage : le festival Barrobjectif.

Interview Thomas Subtil
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