Interview

Nöt

Recevez votre formation Photoshop

offerte en créant votre compte F/1.4 rien qu'à vous

10 Minutes

Exifs

Pseudo / Nöt
Age / 42
Situation familiale / En couple
IRL / Bagnères-de-Bigorre – Hautes Pyrénées

Style de photo / Paysage / Nu / Portrait
Date de début de photo / 1999
Apprentissage / Beaucoup de fêtes à l’école des arts de Tarbes + Rencontre à Marseille de la photographe Audrey Tabary + Empirisme
Statut / Auteur-Photographe
Date de début d’activité / 2006

Photographe préféré / Joel-Peter Witkin
Chanson préférée / Fugazi « Waiting room »
Film préféré / The Big Lebowski
Livre préféré / « Ainsi parlait Zarathoustra » – Nietzsche
Citation préférée / « Indien vaut mieux que deux tu l’auras »
Région préférée / Les Pyrénées
Gourmandise préférée / Les tartes de « La Cocker Toquée »

Une journée type en 5 mots / Café / Clope / Écran / Clic / Zic

Appareil photo / Eos 5d Mark III + EF 50 mm f/1.2L + EF 70-200 mm f/2.8L IS USM + CANON EF 8-15 mm Fisheye f/4L USM + bidouillage
Logiciels / Camera Raw + Photoshop CC

Nöt

Tu as fait de la sculpture avant de te mettre à la photographie, qu’est-ce que cela t’apporte dans ta démarche ?
Je n’ai pas, à proprement parlé, pratiqué la sculpture de manière professionnelle, cependant ces quatre années de formation en sculpture sur pierre (École des Art de Tarbes) m’ont apporté un principe essentiel qui est répercutable dans le domaine de la photographie : « Où se situe le point final dans l’élaboration d’une œuvre ? » Dans la pratique de la taille directe, la matière est enlevée, il peut s’avérer du coup complexe, voire impossible, de revenir en arrière. Le point zénithal de la création doit être constamment en ligne de mire, sans quoi, un coup de burin en trop peut être synonyme de semaines de travail perdues en quelques secondes. Bien évidemment, la post production numérique n’est pas soumise aux mêmes contraintes, le Ctrl+z peut régner en maitre tout le long du processus… Il subsiste cependant ce moment-clé où il s’agit de mettre un terme à la conception de l’image, c’est un autre « instant décisif » (moins distinct que celui signifié par le bruit du déclencheur, certes), il est néanmoins nécessaire de le maitriser au risque de se répandre dans des finalisations à répétitions, jusqu’à en perdre l’objectif même de la démarche. Tout au long du traitement je tente de percevoir le rendu optimal (ou sa probabilité), je n’éprouve aucune « compassion » envers les images soit-disant « récupérables », j’abrège la post production avec un soupçon de « le mieux est l’ennemi du bien », ayant bien en mémoire mes limites techniques et de temps. Ce sont les quelques réflexes que j’ai préservé de la pratique de la pierre…

Tu as fait également une rencontre importante en la personne d’Audrey Tabary, peux-tu nous en dire plus ?
La rencontre avec Audrey est avant tout une rencontre amoureuse. Ce fut une période tumultueuse et à la fois décisive, a suivre les péripéties de cette photographe marseillaise. L’accompagnant, j’ai été fasciné de voir à quel point l’outil photographique par lui même est un vecteur de lien social. Ce simple objet peut se métamorphoser en passe-partout, donnant une opportunité constante de rencontre avec l’autre, l’accès aux lieux et événements d’une société. Certes, dans les années 90′, la pratique de l’argentique était plus propice à la « noblesse » de la fonction, mais Audrey détenait une telle fougue, un tel enthousiasme dans sa quête insensée d’images qu’elle a su faire naître en moi l’envie d’adopter cet art de la rencontre et de l’instant.
C’est donc la dimension sociale et humaine de la photographie que j’ai découvert à l’occasion de cette rencontre avec Audrey.
Je suis son travail avec une curiosité sans cesse renouvelée, elle réside actuellement en Espagne où elle réalise des séries de portraits irrésistiblement saugrenus et touchants… à mon regard, elle est comme le double-féminin de Martin Parr. Son site > audreytabary.com

Entre la naissance d’une série et sa réalisation combien se passe t-il de temps en général ?
Entre les prémices d’une idée de série et son exécution dans le réel, les durées de temps sont extrêmement fluctuantes. Certaines séries sont couvées durant des mois, voire des années, jusqu’à ce que tous les paramètres soient réunis pour l’accomplissement de la prise de vue… Habituellement, je travaille mes idées le corps à l’horizontal, les yeux fermés, en images mentales (avec un bon whisky tourbé de préférence). Ensuite, je retrace tout cela en croquis, puis liste les critères de réalisation du concept – lieux – temps – personnes – accessoires etc. A partir de ce point, je sais que certains projets verront le jour, d’autres non, puisque je suis beaucoup trop éparpillé pour les mises en scène chiadées.
En parallèle, la série par « opportunité » m’est familière, une rencontre, la découverte d’un lieu, l’obtention soudaine d’un accessoire peuvent me précipiter dans la frénésie d’une réalisation à tout-va, quitte à tout mettre en place en quelques heures et donc a speeder les personnes concernées, car, d’un coup, ces images sont devenues ultra-primordiales… pour moi… les autres se posent encore la question.

Dans ta pratique de la photographie tu aimes tester différents procédés, est-ce que ce sont ces procédés qui font naître tes idées ou tes idées qui t’amènent à trouver de nouveaux procédés ?
Je suis loin d’être un fin technicien, aucune formation photographique – à moins de comptabiliser les heures de baby-foot lors des cours de photos de l’école des arts (pourtant j’adorais mon prof) – je n’apprends et évolue que par tentatives et erreurs. Je prends en compte chaque faux-pas, je n’hésite pas a le pousser jusqu’au « trébuchement » technique. Je vais donc, en matière de procédés, partir d’erreurs, tenter de les maitriser, puis y accoler l’idée… j’aime la sensation d’ »acte manqué » dans l’élaboration technique.

Peux-tu nous expliquer ce choix de la photographie de nu dans la nature ?
Si ce n’est l’admiration que je porte à ces deux thèmes, se pencher sur le « nu dans la nature » c’est se confronter à un grand classique, à une alliance monolithique décrit dans l’art depuis des siècles. Tenter d’incorporer une quelconque originalité dans cette entité séculaire peut vite se transformer en épreuve, pour ne pas dire en « peine perdue ». C’est donc l’aspect « challenge » du sujet qui me séduit…
Certes il y a les plus habituels : trouver un lieu, en décrypter les axes, les chemins empruntés par la lumière de telle saison… mais tout compte fait… on ne peut s’empêcher de pousser plus loin les investigations dans la recherche de recoins moins hospitaliers, là il faut savoir bien entendu percevoir les dangers potentiels, veiller à la sécurité du modèle, et savoir faire machine arrière si les conditions sont trop périlleuses. Travaillant principalement en montagnes ou dans des zones peu recommandables des Pyrénées (couloirs d’avalanche, éboulis, forêt après intempéries…) la vigilance est de mise… mais c’est aussi dans cette recherche, pétrie parfois d’adrénaline, que l’on peut être susceptible de faire émerger des images intenses.
Le choix du modèle est effectué selon ses aptitudes à résister aux conditions climatiques, sa connaissance du terrain et sa capacité a dépasser ses appréhensions. Il est admirable d’observer le courage (parfois la témérité ?) dont font preuve certaines modèles dans l’exercice de la prise de vue, c’est une réelle aventure humaine, une « ivresse » que l’on retrouve peu dans les autres domaines de la photographie.Avec la photographie de nu et de nature, le photographe s’engage aussi dans l’art de manier et d’assembler les grandes notions de l’esthétisme; les lignes, les formes, la composition, le cadre etc. Ce qui peut souvent rimer à « Bim ! tTes tombé dans le panneau du trop classique »… Ce sont donc la complexité du sujet, l’intensité de la prise de vue et l’intention d’aboutir à des images originales qui me mènent vers ce style photographique.

Pourquoi avoir opter pour le préfixe « lhy » pour plusieurs de tes séries ?
« Lhy », pour différentes raisons : d’une part la volonté de déterminer toute les séries utilisant la technique de l’assemblage panoramique (sous Kolor Pano Pro). De l’autre, la « morphologie » de ces trois lettres, leurs résonances, la similitude avec le mot « Lie » (décrivant l’idée de sédiments) m’ont parlé. J’ai un attrait pour les néologismes, les titres alambiqués et absurdes, c’est une manière d’assumer ma dyslexie. Certains proches préfèrent même parfois le titre à la photo… (les ingrats ;))

Pour tes séries faites avec le drone, comment dirige tu ton modèle ?
La photo en drone laisse peu de marge de manœuvre concernant la direction du modèle. La totalité des consignes est énumérée en amont, avant même l’arrivée sur le lieu de survol. Les vols sont courts, 5 minutes max, le drone engendre des nuisances sonores, nous sommes, avec le pilote (Fabien Lejaille) éloignés du modèle afin d’être situés hors-champ… bref, rien ne permet de guider réellement le modèle durant le vol. La personne photographiée se doit donc d’être autonome et de savoir multiplier les propositions de poses sans avoir d’indications en direct. D’ailleurs, durant le shooting l’attention est bien plus concentrée sur les écrans de contrôle et sur le comportement du drone que sur le modèle lui-même, la sécurité est l’enjeu majeur de ces séances. Habituellement, après avoir analysé le comportement du modèle durant le premier vol, certaines consignes sont réitérées, on affine les détails des poses (« tes pointes de pieds ! ») pour le vol suivant… mais, diriger un modèle pour la prise de vue à la verticale consiste la plupart du temps a désorganiser ses connaissances en matière de poses et a lui suggérer un tout autre mouvement… en se retrouvant malencontreusement a parodier un vieux clip des « Bangles ».

Peux-tu nous raconter l’histoire de la série « Lhynceul » ?
Je voulais établir « Lhynceul » comme le contre-point de la série « Lhymb », ce sont deux représentations fantasmagoriques du rapport « microcosme/macrocosme », de la féminité et de la conscience environnementale… Dans « Lhymb » la nature est omniprésente, dévorante, elle plonge les corps frêles dans le chaos et l’abîme, cette série évoque principalement la fragilité de la civilisation humaine face à l’ultra-puissance de la nature… A contrario, « Lhynceul » décrit des silhouettes puissantes, des postures de maitrises des éléments qui contraignent la nature à un simple rôle de décor. « Lhynceul » se rattache aux procédés de la double-exposition, mais la technique principale réside dans l’assemblage et la mise en forme des images panoramiques réalisées en pleine nature. Le jeu consiste aussi dans le fait de multiplier et de mélanger les différentes vues panoramiques, ainsi il peut y avoir jusqu’à 200 images composées dans une seule et même silhouette.

Le fait que tu habites au fin-fonds des Pyrénées a-t-il une influence sur ton travail ?
Une influence majeure ! Les Pyrénées sont un choix du cœur. Elles demeurent tellement mystérieuses les années passant, révélant, chaque jours, un nouveau visage plus éblouissant encore. Elles nous impliquent, certes, dans une certaine rigueur de l’existence (rien n’est évident quand tout est pente) mais offre en contre-partie un enthousiasme constant aux sens, aux yeux particulièrement…
Les lumières, les conditions météo de l’hiver vont soudainement donner au relief des airs de Canada, les vallées printanières te transportent dans les joies tristes, verdoyantes et minérales de l’Irlande, les forêts de la « Petite Amazonie » (secteur des Baronnies dans lequel je travaille souvent) te plonge dans un décor digne de la Guyane ou du Brésil ; les statiques Pyrénées sont d’immenses terres de voyages. Un photographe peut aisément y passer une vie, découvrant sans cesse des lieux stupéfiants, des ambiances somptueuses ou irréelles… La quasi-totalité de mon travail porte l’empreinte de ces monts.
Bagnères-de-Bigorre est aussi un choix conséquent, cette petite ville de 8000 habitants – nichée au pied du Col du Tourmalet – est assiégée par la culture et l’art, les projets y sont à profusion, un nombre conséquent d’artistes mène ici une vie « paisible » tout en gérant des carrières nationales (voire internationales)… que dire si, résider ici est un merveilleux équilibre entre calme et agitation… Je pourrais, certes, vous conseiller un tour sur ce site > les-temps-dart.com qui réunit une partie des créateurs bagnèrais, vous orienter vers l’association Traverse qui propose actuellement un bel appel à résidence photographique > traversiens.com ou vous parler de Capsus, société audio-visuelle de haut-vol qui construit actuellement un studio de prise de vue de 400 m2 à l’entrée de la ville… mais ce ne serait que survoler la question d’une vie culturelle intense aux nombreuse facettes.

Dans le portfolio, tu nous présentes aussi des portraits qui ne sont pas anodins, peux-tu nous raconter l’histoire de l’un d’entre eux ?
J’aime manier le hors-cadre, laisser vaquer l’imagination du spectateur au-delà de la fenêtre photographique, organiser les images en rébus, poser des énigmes et enfin, si le spectateur est d’accord, le questionner sur ses réponses… Les ambiances saumâtres, la noirceur des sentiments, les atmosphères étranges sont des éléments que je mets en scène avec entrain… (les prises de vue demeurent pourtant un moment bon-enfant et décontracté.)
J’ai donc la nécessité de travailler avec des modèles aptes a révéler des émotions profondes et intenses, capables aussi d’évoluer sur des terrains peu praticables… ce qui donne parfois quelques petits bobos (jamais de gros / penser a toucher du bois)… quelques éraflures, bon, parfois beaucoup éraflures… comme dans le cas présent avec cette image de Morgane > www. morgane. book.fr. C’est un modèle aux aptitudes multiples parfois troublantes, nous travaillons ensemble depuis des années et elle semble loin d’être traumatisée par nos séances…
Concernant Jed Robin, c’est un personnage hors-norme, il a su muter ses mélancolies et ses errances en un art tout-à-fait singulier qu’il exprime au travers de sa musique et de son étrange apparence, du pain-béni pour un photographe… pour le plaisir des oreilles (et les tristesses de l’âme), je me permets de vous orienter vers ses dernières compos > soundcloud.com/art-mnesia-inc

Merci Nöt !

Actualités

Vous allez pouvoir découvrir le travail de Nöt en direct dans plusieurs expositions durant les semaines à venir, et on ne vous répètera jamais assez qu’il faut découvrir le travail d’un photographe à travers ses tirages.
- A la Blank Wall Gallery d’Athènes du 5 au 18 mars 2016


- Le Pari à Tarbes du 20 avril au 15 mai 2016


- Les Temps D’Art à Bagnères-de-Bigorre du 2 et 3 Avril 2016


- Festiv’arts à Arros Nay du 15 et 16 Mai 2016
- L’Art en VRAC à Salies-de-Béarn les 26, 27, 28 Mars 2016
Pour plus d’informations sur ces expostions c’est ici : pixbynot.com
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt
Interview Nöt

Pages

S'inscrire

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici !

Réinitialisation de mot de passe

Connectez-vous ici !

randomness