Interview

Anthoptic

Recevez votre formation Photoshop

offerte en créant votre compte F/1.4 rien qu'à vous

7 Minutes

Exifs

Nom / Anthony R
Pseudo / Anthoptic
Age / 31
Situation familiale / Célibataire
Localisation IRL / Bordeaux / Vancouver


Style de photo / Paysage, photo de voyage, un peu de street, quelques portraits
Date de début de photo / 2008
Apprentissage / Autodidacte
Statut / Amateur

Photographe préféré / Oulà…heuuu Joey L pour la maitrise de la lumière, Chris Burkard pour le paysage, Vivian Maier et Cartier-Bresson pour la street, Brassaï pour son témoignage des nuits parisiennes, et tant d’autres en reportage…
Chanson préférée / CODEX de Radiohead, Comfortably Numb des Floyd, When the music’s over de The Doors 
Film préféré / C’est dur ces questions… Las Vegas Parano pour le délire, Inception et 2001 pour le cérébral, Apocalypse Now pour le génie, Jurassic Park et Retour Vers Le Futur pour la nostalgie :)
Livre préféré / 1984 d’Orwell, La Mélodie Secrète de Xuan Thuan
Citation préférée / Faut rigoler sinon c’est pas rigolo
Région préférée / Aquitaine en France, sinon l’île sud de la Nouvelle Zélande, le Queensland australien, la cordillère blanche au Pérou…
Gourmandise préférée / Diplomatico…


Une journée type en 5 mots / Levé tôt, shooting intensif au lever du soleil, marche/randonnée/photo, repas copieux, quelques photos en lumière descendante, petit apéritif entre amis


Appareil photo / Sony a7 + Voigtlander 21mm + Zeiss 35mm + Samyang 85mm
Logiciel / Lightroom + Photoshop

Anthoptic

Quel est ton parcours photographique ?
J’ai commencé comme beaucoup avec un compact (Fujifilm F30), que je trimballais partout dans Paris avec moi pour photographier tout ce qui me tombait sous l’oeil. Mais le vrai déclic s’est fait en 2008 (j’avais donc 24 ans à l’époque) quand je me suis payé mon premier reflex, un Canon 450D. J’ai alors découvert l’importance de l’ouverture et de la vitesse, et j’ai commencé à expérimenter les réglages manuels sur des paysages d’Aquitaine, et lors de mon premier grand voyage en Inde et au Népal.
Je me suis par la suite beaucoup documenté et j’ai vite craqué pour un Canon 5D Mk II, mon passage au plein format. Ce boitier m’a suivi plusieurs années et je trouvais là l’outil qui me correspondait parfaitement. Il m’a suivi dans de nombreux endroits, où je photographiais principalement les paysages qui s’offraient à moi.
Puis j’ai décidé l’alléger mon sac photo en remplaçant tout mon matériel par la gamme a7 de Sony. Cela me permet de marcher plus loin et plus longtemps (utile lors des treks dans les andes péruviennes…), et aussi d’être plus discret pour photographier des moments de vie, des photos de rue.

Comment s’est passé ton apprentissage ?
J’ai toujours été attiré par l’image, et j’avais passé un BTS Audiovisuel après le bac. J’avais donc des notions techniques et optiques. Tout le reste s’est fait par internet (tutoriels, tests, techniques). Au niveau artistique, j’ai découvert l’histoire de la photo et les grands photographes entre livres, sites internets et expositions parisiennes. Je continue à suivre beaucoup de photographes sur la toile pour m’inspirer.


Tu as fais de nombreux voyages ces dernières années, comment choisis-tu tes destinations ?
Ça se joue presque à coups de dés. Quelques destinations me tentent plus que d’autres mais je choisis souvent sur un coup de tête. Pour l’Australie, il était facile d’obtenir un visa de travail d’un an, la décision a été vite prise. L’Asie a toujours été un de mes premiers choix, et l’Amérique Latine me permettait d’apprendre l’espagnol, la langue de mes grands-parents. Mais quand je regarde mes voyages à postériori, je constate que je choisis toujours des lieux où la Nature est grandiose et puissante. Je garde cette fascination pour les grands espaces que l’on ne peut découvrir qu’en les traversant à pied. Et l’opportunité de bonnes photos motive toujours mes choix, car dans mon cas je ne peux pas dissocier voyage et photo, les deux vont ensemble.

Qu’est-ce que tu cherches à transmettre à travers tes photos de voyage et de paysage ?
Au départ, c’est par plaisir personnel que j’ai commencé à photographier ce que je trouvais simplement beau. Au fil du temps, je me suis rendu compte de la notion de partage que la photo permettait. Certains clichés généraient des réactions inattendues par des gens que je ne connaissais pas. Depuis, j’essaie de transformer mes clichés « carnets de route » en quelque chose de plus personnel. Je fais toujours beaucoup de paysage, mais je tends vers une photo plus humaine, vers plus de subjectivité (et c’est pas simple…).
J’ai beaucoup d’admiration pour les photographes de reportage et pour les photographes « humanistes », qui arrivent à transmettre leurs visions de la condition humaine. Je suis en constante remise en question sur tout ça, je me cherche encore dans ce que je veux montrer.

Comment t’organises-tu pour tes voyages et as-tu quelques conseils à donner à nos auditeurs qui en préparent un ?
Mon sac photo est ma carapace de tortue. Il contient à lui seul tout ce dont j’ai besoin pour shooter ce qui se présentera à moi, je ne mélange jamais mon matériel photo avec mon sac de voyage.
Au fil de mes expériences j’ai appris à simplifier mon matériel pour ne pas m’éparpiller. Un boitier et 3 optiques fixes (21mm, 35mm et 85mm), c’est ce qui me suffit aujourd’hui. Après je pense que tout photographe saura qu’il doit avoir 2 ou 3 batteries supplémentaires, quelques filtres et un bon trépied.
Les paysages ne demandent pas de tact pour être photographier. En revanche, il est important de ne pas se balader appareil autour du coup si l’on veut photographier des personnes. Être discret, nouer un contact, demander la permission, échanger… Dans beaucoup de cultures on ne doit pas « voler » une photo, elle doit être offerte.
Sinon, la recommendation évidente : ne laissez jamais votre matériel hors de portée. Ça parait bête mais en voyage longue durée, certains ont tendance à l’oublier. Mon sac est « soudé » à moi.

En Thaïlande tu as pu assister à entraînement de boxe thaï, peux-tu nous raconter l’histoire de ces photos ?
Je m’étais inscrit à un stage de muay thaï d’une semaine dans un centre au nord de Bangkok. Le projet premier était donc l’entrainement en lui-même. Mais comme mon boitier n’est jamais bien loin, je suis resté un jour de plus pour photographier mes collègues lors de leur entrainement. Au départ toutes les lumières de la salle étaient allumées et ça ne donnait rien de bien intéressant. J’ai alors demandé aux entraineurs si je pouvais tester différents éclairages, et j’ai fini par utiliser seulement les spots du dessus du ring. J’avais très peu de lumière mais le rendu mettait bien plus en avant les boxeurs. J’ai du monter en ISO et ouvrir mes diaphragmes au maximum pour réussir à figer les mouvements. C’est aussi pour ce genre de situation que les optiques fixes lumineuses sont un atout.


As-tu une ou plusieurs anecdotes à partager avec nous ?
Le premier souvenir qui me vient à l’esprit est l’incroyable histoire de Don Alberto, ce vieil ermite qui vit en pleine nature dans une petite cabane en bois, au Nicaragua. C’est un sacré personnage qui ouvre les portes de son immense jardin à tous ceux qui parviennent à trouver l’endroit en demandant leur chemin aux habitants du coin. Alberto vous reçoit avec un large sourire et vous présente ces nombreuses fleurs, plantes et arbres fruitiers lors d’une ballade qui mène à sa véritable oeuvre d’art : une suite de bas-reliefs sculptés à même la montagne sur une surface titanesque !Alberto a passé les 38 dernières années de sa vie à sculpter tous les jours à même la roche l’histoire du monde et du Nicaragua. Il aime partager son travail et quelques uns de ses poèmes qu’il récite avec toujours le même sourire.
L’histoire raconte qu’Alberto fait tout cela depuis qu’un chaman lui a demandé de trouver une occupation qui l’aiderait à arrêter de boire. Cela fait donc 38 ans qu’Alberto n’a pas touché à l’alcool grace à son sacerdoce.
Il est devenu une célébrité locale de par les reportages qui ont été fait sur son travail, mais il reste malgré tout solitaire et isolé, et certains Nicaraguayens n’ont jamais entendu parler de lui.

Si tu avais un choix à faire pour la photo de paysage entre la ville et la campagne, que choisirais-tu et pourquoi ?
Dans la vie de tous les jours, je suis plutôt citadin, et j’aime découvrir les grandes villes de ce monde. Mais dans ma pratique de la photo, j’aime me perdre dans la nature avec mon appareil.
La lumière est l’un des facteurs les plus importants pour moi, et j’observe tout le temps son comportement avant de commencer à photographier. La lumière ne fait pas toujours la photo, mais en paysage elle peut raconter des choses très différentes selon l’heure de la journée ou la météo. En ville, la lumière ne se pose pas toujours aussi naturellement qu’en campagne, mais elle peut amener d’intéressantes choses avec les multiples angles et reliefs créés par les immeubles et le mobilier urbain. Difficile de choisir entre les deux, chaque terrain de jeu à ses plaisirs et je pense qu’il faut s’adapter à tous les lieux, et trouver comment les représenter au mieux.

A ce jour quelle est la photo dont tu es le plus fier, et quelle est son histoire ?
Je ne sais pas si c’est celle dont je suis le plus fier, parce que le sujet est très simple, mais c’est celle qui eu le plus d’impact dans mon entourage et dans la communauté internet. Il s’agit d’un troupeau de vaches s’abreuvant au petit matin au bord du lac Nicaragua, sur l’île Ometepe.
On en revient à l’importance de la lumière dont je parlais plus haut. Je m’étais levé avant le soleil dans le but d’avoir des clichés du volcan Maderas à l’aube. Malheureusement ce matin là, un nuage de brume recouvrait le volcan et on ne pouvait distinguer son sommet. J’ai quand même commencer à shooter, étant très impressionné par la lumière naissante.
Et puis tout d’un coup, ce troupeau a débarqué sur la plage pour aller boire au bord du lac. J’ai suivi sa course en mitraillant dans tous les sens, je savais que le moment serait court et que la lumière changerait vite. J’ai essayé de placer le volcan en arrière-plan de cette vache qui recevait de plein fouet les premiers rayons du soleil, et clic. C’était un bel instant, simple et magique.

Quels sont tes projets de voyage et tes projets photographiques ?
Je décolle pour le Canada le 15 mai avec un visa Vacances-Travail de 2 ans en poche. Je compte m’installer quelques mois à Vancouver pour remplir le porte-monnaie, et ensuite parcourir l’immensité du pays l’appareil à la main. Donc beaucoup de clichés canadiens à venir !
Je commence à utiliser un flash avec softbox, que j’emmène avec moi, donc je risque de m’essayer à des choses différentes (notamment le portrait).
Enfin je compte investir dans un caisson étanche pour la photo sous-marine, activité qui se combine très bien avec mon intention de travailler dans un centre de plongée, étant diplômé PADI.

Merci Anthony !

Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage
Interview Anthoptic - Photo de paysage

Comments

Votre adresse IP : 54.80.198.173
  • Il y a 2 years 1 mois
    Fanny D.

    super intéressant et des photos magnifiques

  • Il y a 2 years 1 mois
    Charles M.

    Magnifiques images qui nous donnent envie de mettre sac à dos sur l'épaule et tracer la route... bravo!

S'inscrire

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici !

Réinitialisation de mot de passe

Connectez-vous ici !