Interview

Eric Verrot

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10 Minutes

Exifs

Nom / Eric VERROT
Age / 47 ans
Situation familiale / En couple, 1 enfant
Localisation IRL [Ville, Pays] / DRANCY (93) FRANCE

Style de photo [Portrait, paysage, archi, reportage …] / Portrait, paysage
Date de début de photo / 1991 (au sein du photoclub SNCF de Noisy-le-Sec)
Apprentissage [Passé par une école photo, autodidacte …] / Autodidacte, j’ai fait 2 ou 3 stages photo et bénéficié des conseils de photographes que je connais mais aussi au sein du photoclub de Noisy le Sec. Les livres de photos, les expositions et regarder des photos sur le net m’ont également beaucoup appris
Statut / Amateur

Photographe préféré / André Kertesz, Jean Loup Sieff et Sebastiao Salgado car ils ont été déterminants pour le début de mon idylle avec la photographie. Depuis, j’ai appris à apprécier l’œuvre de nombreux photographes exerçant dans des styles très différents
Chanson préférée / La première qui me vient à l’esprit est « La nuit je mens » d’Alain Bashung mais j’aurais pu en choisir tant d’autres !
Film préféré / « Shutter Island » de Martin Scorsese
Livre préféré / Un roman policier Citation préférée / « La sincérité passe par les yeux »
Région préférée / J’hésite entre l’île de Capri en Italie et la cote du massif de l’Estérel dans le Var
Gourmandise préférée / Du bon fromage sur du pain frais

Une journée type en 5 mots [Une journée incluant de la photo] / Liberté, observation, doute, passion et plaisir

Appareil photo [Marque, modèle, objectif] / Reflex Canon 5D mkII, Objectifs 17-40mm f4, 50mm f1,4, 85mm f1,8, 105mm f2,8, 70-200mm f2,8
Logiciels / Lightroom et Photoshop

Eric Verrot

Ton travail se divise en deux parties, des paysages et des portraits, dans tes paysages il y a une réelle impression de solitude alors que pour faire du portrait il faut aimer rencontrer des gens et communiquer, as-tu besoin de ces deux facettes de la photo pour être comblé ?
Oui. Ce sont deux états d’esprits différents. Ce que je vais exprimer est banal, mais pour moi la photographie de paysage, c’est la contemplation de la nature. La prise de vue est un plaisir intellectuel solitaire. Je flâne, je réfléchis à ce que je fais. Je prends le temps d’attendre une lumière intéressante. J’essaye des angles et des cadrages. C’est peut-être pour cela que j’ai tendance à n’intégrer des personnages que lorsque cela sert la composition de l’image. J’aime bien l’idée que l’humain y soit réduit aux modifications qu’il apporte au paysage.
A l’inverse, le portrait est une affaire de relations humaines et de sensibilité. De réflexe instinctif aussi, car c’est « l’instant décisif » cher à Henri Cartier-Bresson, qui va rendre l’image captivante et l’éloigner du simple photomaton.
J’aime ça et je suis fasciné par tout ce que peuvent exprimer un visage ou un regard.

Tu photographies beaucoup la mer dans tous ses états, d’où te vient cette fascination ?
Je ne sais pas d’où me vient cet amour pour la mer alors que je suis né et ai vécu presque toute ma vie loin d’elle. En tous cas, pour peu qu’on prenne le temps de l’observer, elle est une source inépuisable de sujets photographiques. Apaisée, accueillante, scintillante, mystérieuse, effrayante, monstrueuse, dans tous ses états elle façonne les paysages et la lumière de manière exceptionnelle.
Malheureusement, je n’ai pas le pied marin et je me contente donc de l’appréhender par la côte.

On ressent un besoin de retranscrire le monde qui t’entoure de façon directe sans fioritures, cela vient-il d’un besoin d’honnêteté ?
Je me balade, je profite du moment, j’ouvre les yeux pour contempler et je me fie à mon instinct pour trouver le sujet de la photo. Lorsque je sens qu’il peut y avoir quelque chose d’intéressant dans une lumière, une perspective, une matière, je cherche un point de vue, un angle qui serve le sujet. A ce moment là, je cherche le plaisir égoïste de la prise de vue sans aucune volonté d’honnêteté. Certes, je photographie les choses comme elles sont, comme la nature ou comme l’homme les a faites mais avec ma propre subjectivité. Ceci dit, quand je m’emploie à transformer une digue d’affreux béton en l’écrin d’une vue magnifique, je ne suis pas très objectif en fait.

Dans tes photos de paysages on ressent une réelle recherche graphique, peux-tu nous expliquer comment tu procèdes lors des prises de vue ?
Je pense souvent au format de l’image. Par exemple pour les bords de mer en couleur j’aime le format 16/9 du cinéma. Je crois que la contrainte d’un format imposé, en adéquation avec le type de photo à réaliser, amène une rigueur utile à la qualité des cadrages. Idem pour la focale (souvent un grand angle). Puis, j’attends la lumière ou le détail qui va faire la différence. Je n’hésite pas à m’y reprendre à plusieurs reprises. J’aime que le cadrage soit « propre », que les horizontales soient horizontales, que les lignes de force finissent dans les angles du cadre, qu’un certain équilibre règne dans la photo. Ainsi, elle est plus lisible, plus forte et plus intéressante au final.

Abordons tes nombreux portraits, les regards y sont très forts alors que ce n’est pas évident en studio d’avoir de vraies expressions, quelle est ta méthode ou ton approche ?
Faire oublier le studio et mettre les personnes que je photographie en situation d’être généreuses, d’offrir quelque chose à l’objectif. Pour cela, j’efface au maximum les contraintes techniques. Je suis rapide dans la préparation de la lumière. Je parle, je plaisante pour faire de la prise de vue un moment agréable autant pour le modèle que pour moi. Avec l’expérience, j’ai appris à deviner ce qui convient à mon interlocuteur et à adapter ma manière de faire. J’adopte le bon rythme, je donne un maximum de liberté ou au contraire je suis plus directif. Le choix du modèle joue évidemment sur le résultat. Je pense que photographier des beaux visages est parfois une facilité (dont je ne me prive pas par ailleurs) et je choisis le plus souvent des personnes qui ont du charisme, une personnalité palpable ou une particularité. Et les deux cumulés, c’est l’assurance d’une photo plus intéressante !

Peux-tu nous parler de ta série “Je suis” ? C’est une façon de faire qui s’est déjà vue mais ta série a le truc en plus. Pourquoi ?
Avec cette série, mon but est de raconter des histoires humaines à travers des portraits simples et cohérents que j’accompagne d’un petit texte de commentaire. Chaque personne exprime quelque chose en rapport avec sa personnalité, son état d’esprit du moment ou son histoire personnelle. Ma seule exigence est celle de la vérité exprimée avec sincérité. Me refusant à demander au sujet de « jouer » le mot qui complète la phrase « je suis … », j’ai eu l’idée d’écrire celui-ci sur le corps. Ainsi le message est direct. Bien sûr, je n’imaginais pas que ceci deviendrait le slogan de Nikon et encore moins le « je suis Charlie » tristement d’actualité.
Je suis … est un travail qui s’inscrit dans la durée puisque, démarré en 2009, je continue à l’alimenter au grès des rencontres et des opportunités. Je ne me lasse pas de ce qui constitue pour moi, une incroyable aventure humaine. Je suis infiniment reconnaissant envers les gens qui y ont participé avec désintéressement, générosité et parfois courage.
S’il y a « un truc en plus » dans cette série, je crois que c’est que la sincérité du propos l’emporte sur la forme. Les gens y participent comme ils sont, dans leur diversité et avec leur caractère unique pour nous livrer une part de vérité nue et c’est ce qui est touchant.
La série complète est là : projetjesuis.over-blog.com

Pour le projet “Je suis” tu demandes à tes modèles de se livrer aussi physiquement puisque tu les fais poser buste nu, c’est je pense une démarche un peu plus difficile pour les femmes mais certaines jouent le jeu jusqu’au bout, peux tu nous en dire un peu plus sur les réactions que tu as pu avoir des uns et des autres ?
En fait, demander, y compris à des femmes, de poser buste nu n’est pas si compliqué que cela dans la mesure où cela sert clairement le propos et que la poitrine peut être cachée. Certains participants ont dû lutter contre leur pudeur, notamment lorsqu’ils n’avaient jamais posé pour un photographe (et encore moins à demi-nu) mais cela n’a pas posé beaucoup de difficultés. Je crois que s’il y avait de l’impudeur à chercher dans cette série cela serait dans les textes mais pas dans les cm² de peau visibles. Bien sûr, le problème des complexes physiques ressort au moment de la prise de vue et je m’efforce d’en tenir compte pour la lumière et la direction du modèle. Du coup, rares sont les réactions négatives à la découverte des photos.

Peux-tu nous raconter une séance type pour cette série ?
Pour trouver de nouveaux modèles, je compte essentiellement sur le bouche-à-oreille et les contacte sur internet. Je fais confiance à mon instinct ainsi qu’à ma première impression pour organiser ou pas une séance de prise de vue.
Celle-ci commence par une discussion : j’explique comment les choses vont se dérouler. Je fais parler et surtout, j’écoute mon interlocuteur. J’observe ses expressions et sa manière d’être car cela va orienter ma façon de travailler ensuite.
Nous décidons ensemble du mot à traiter ainsi que de la localisation et de la typographie de ce dernier. Evidemment, j’oriente les choses mais cette étape est importante car elle implique le modèle dans le projet. Pendant que la personne se prépare, je fais ma lumière à l’aide de flashs de studio et de réflecteurs.
Lors de la prise de vue, je cherche à créer les conditions de la réussite de la séance en créant une atmosphère constructive et détendue. Même si le plus souvent, je montre les photos à l’écran pendant la prise de vue, c’est moi qui assure la sélection des photos en fonction de leur qualité techniques, plastiques et du message qu’elles véhiculent.
Je développe les fichiers raw avec Lightroom et effectue recadrage et retouches avec photoshop. Je livre les photos retouchées au modèle et nous nous accordons sur le choix de la photo pour le blog. Je rédige ensuite le texte de légende de la photo et le fait valider avant de poster sur le blog du projet.
Certaines personnes passent ensuite à autre chose mais la plupart du temps le modèle et moi gardons le contact.

J’ai moi-même posé pour cette série. Peux-tu raconter comment ça s’est passé, qu’est-ce que tu as pensé de cette séance ? Je pourrai donner mon avis juste après comme ça :)
EV :
Cette séance est un agréable souvenir (j’aurais pu dire que ce fût une séance au poil, mais tu pourrais y voir de l’ironie de ma part). Le courant est très vite bien passé entre nous. On a pris notre temps, on a discuté et échangé sur nos expériences personnelles J’ai perçu tes confidences pour nourrir le sujet comme une marque de confiance que j’ai apprécié.
Je me souviens aussi du « a » que j’ai mis par erreur à la fin de résilient et que j’ai dû ensuite remplacer par un « e » grâce à Photoshop (j’espère que Boris Cyrulnik ne lira pas ça). Depuis, je fais plus attention à l’orthographe. Et toi, comment as-tu vécu cette séance ?
SR : De mon coté, je sortais d’une grosse journée de travail dans la région parisienne et de pas mal de temps passé dans les bouchons. J’étais un peu énervé. C’est la première fois que je posais pour le projet d’un autre photographe que moi. Je m’étais préparé à lâcher prise, à faire confiance. Tu m’avais déjà expliqué le concept et surtout j’avais une modèle qui y avait participé (comme ça que je t’ai connu). Je savais déjà le mot que je voulais écrire. Tu m’as mis à l’aise, on a bien discuté. Même si rentrer dans les tréfonds d’un immeuble de banlieue avec un inconnu ne m’a pas forcément rassuré ! :D
Est venu le temps du shooting, torse nu. J’étais un peu gêné tout de même, pas l’habitude de me montrer ainsi. Je ne suis pas forcément pudique mais lors d’une séance photo c’est un peu autre chose. Tu as sorti ton «embellisseur de ventre» et on a fait quelques essais. C’était bizarre pour moi de laisser partir la photo entre tes mains sans avoir de contrôle dessus. Moi qui suis habitué à ce que rien ne sorte de mon disque dur sans mon contrôle total ! Mais je garde un très bon souvenir et surtout une très bonne photo de ce shooting ! Merci Éric

Certains de tes portraits sont plus travaillés au niveau mise en scène et costumes, est-ce que cela répond à une demande que l’on te fait ou juste une envie de t’essayer à autre chose ?
Les deux. Mon statut d’amateur me permet de toucher à tout en photographie. Sans rien m’interdire, il y a des domaines de la photo qui ne m’attirent pas trop ; la macro ou le sport par exemple. J’ai des périodes où certains thèmes m’attirent plus que d’autres. En ce moment, par exemple, j’ai envie de portrait en extérieur et de m’essayer au story telling en réalisant de fausses publicités.

Pour en revenir à tes photos de paysage, les lignes de fuite et les chemins partants vers le loin sont très présents, qu’évoquent-ils pour toi ?
Je ne sais pas. Il n’y a pas de symbolique consciente, dans ces lignes de force mais la simple volonté de construire l’image et de guider le regard. Peut-être suis-je un peu conditionné par les séances de lecture d’image auxquelles j’ai assisté ou bien par les photos des grands maîtres qui peuplent mon cerveau.

N’as-tu jamais songé à devenir professionnel ?
Si évidemment. Après avoir perdu mon travail, j’ai même tenté de goûter au luxe de vivre de ma passion il y a quelques années. Mais assez vite, j’ai réalisé que je n’avais pas le talent et les qualités nécessaires pour en vivre correctement. Du coup, la photographie reste pour moi un plaisir, un moyen d’expression créatif et un puissant antidépresseur.

Merci Eric !

Actualités

Eric cherche un lieu pour exposer sa série «Je suis», si vous pouvez l’aider contactez le via sa page facebook.

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