Interview

Joshua Riaure, Fondateur de la FFPMW

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10 Minutes

Exifs

Pseudo / Josh’
Age / 23 ans
Situation familiale / Célibataire
Localisation IRL / Non mais oh, faut pas le dévoiler !

Style de photo / Paysage, portrait environnemental
Date de début de photo / Mai 2009
Apprentissage / Autodidacte
Statut / Amateur

Photographe préféré / Mes amis savent que je suis mon photographe préféré mais pour la forme : Capa
Chanson préférée / Warrior de Demi Lovato
Film préféré / Warrior de Gavin O’Connor
Livre préféré / Le guide de survie en territoire zombie de Max Brooks
Citation préférée / » Tu regardes à l’intérieur de toi et tu deviens aware of your own body! » J. C. VanDamme
Région préférée / Le Bugey
Gourmandise préférée / Le goût de la torture de modèles !

Une journée type en 5 mots / Lever tard — Route — Crapahutage — Photo - Dodo

Appareil photo / Barbie Matel sinon 5D III
Logiciels / Lightroom — Photoshop et Paint !

Joshua Riaure, Fondateur de la FFPMW

Bonjour Joshua, tu es le créateur de la FFPMW. Mais quoi qu’est ce ?
C’est tout simplement les initiales pour Fédération Française des Photographes et Modèles Warriors. Cette fédération est née il y a quelques mois d’une discussion entre plusieurs photographes et d’une constatation : On est pas mal à en demander beaucoup à nos modèles. On voulait officialiser un peu les choses. créer une sorte de label «modèle Warrior».

Comment est venu concrètement cette idée ?
Comme toutes les bonnes idées : Autour d’une bière dans un bar. Il y a ces idées qui ne survivent pas une fois sorties de l’établissement et il y a celles qui s’accrochent. On était plusieurs photographes à aimer voir souffrir nos modèles. Je clarifie tout de suite, nous ne sommes pas des sadiques et nos modèles ne sont pas masochistes. C’est plus une forme de dépassement de soi, l’envie de vivre des instants forts pour des clichés tout aussi forts. Donc cette soirée, un peu arrosée, s’est conclu avec l’idée et le nom. Nous allions former le FFPMW et délivrer des diplômes de modèles Warrior. Le bon timing aidant, le lendemain j’avais un shooting assez corsé dans un ruisseau en montagne. Une bonne heure de marche à crapahuter sur les rochers et dans la neige. Oui, dans la neige. Imaginez le froid de l’eau à ce moment ! Mon modèle a tenu bon, il a même commencé à aimé ça. Je lui ai donc parlé sur le retour du concept imaginé le soir précédent. Il a tout de suite adhéré et nous avons commencé à élaboré la charte. Les autres photographes se sont un peu moins impliqués que moi. J’ai tenu le projet à bout de bras. Je suis content que tu fasses cette interview à ce propos. Ca va permettre d’officialiser un peu plus les choses et toucher plus de monde. Cela fait maintenant 6 mois que l’idée est lancée.
Je t’envoie quelques photos backstage pour que tes lecteurs comprennent mieux les conditions !

Explique nous le mode de fonctionnement pour devenir modèle Warrior ?
C’est assez simple tout en étant tout de même un peu compliqué. Il ne suffit pas de faire un shooting Warrior pour le devenir. Ce serait trop facile. Cela passe d’abord par des photographes certifiés. Je m’occupe moi même de la sélection de ces personnes. Il faut être approuvé par la FFPMW pour délivrer des diplômes aux modèles. Et encore, chaque cas est étudié à la loupe ! Le photographe certifié fait une séance avec une modèle, me remonte ensuite le dossier (photos finales + photos backstages + un descriptif de la séance). Je valide au non en retour mail. Il faut 2 séances Warrior pour obtenir le diplôme niveau 1 de modèle Warrior. C’est ensuite plus compliqué pour atteindre les niveaux 2, 3 et surtout 4. je vous avoue que pour le moment on n’a qu’une seule modèle qui est niveau 2. Mais la FFPMW est encore jeune.
Cela va arriver !

A quoi sert cette certification en fait ?
A ne plus proposer vouloir faire des shootings difficiles et tomber sur des modèles qui se croient plus fortes qu’elles ne le sont vraiment. J’ai une fois eu un modèle qui se disait totalement Warrior, le genre à ne rien craindre. Je lui ai bien expliqué tout ce que je comptais faire avec lui. Au moment de la séance, J’ai passé tout mon temps à essayer de trouver ce que je pouvais faire vraiment avec lui. Il s’est révélé être allergique à marcher sur l’herbe, peur de se mettre la tête dans l’eau … Bref tout ce dont j’avais besoin pour ma séance. Je m’en suis sorti mais je me suis dis à ce moment : plus jamais ça ! Ça a tué ma créativité.

Qu’est ce qui n’est pas Warrior selon la FFPMW mais qui est souvent considéré comme ?
Ah ah, bonne question. Shooter en urbex avec de la farine ne l’est pas du tout. Shooter en bikini dans l’eau sur un bord de plage, ça ne l’est pas, surtout si c’est dans la mer chaude des Antilles. Shooter avec une équipe autour qui s’occupe du modèle, ça n’est pas Warrior. Shooter en studio n’est définitivement pas Warrior !

Quel est ton meilleur souvenir de shooting Warrior ?
Il y en a tellement … Bon si j’ai à en choisir un seul, j’en choisirais un de l’été dernier. Nous étions parti du coté de Chambéry pour shooter dans des gorges. Je pensais cet endroit très accessible car tout proche de la route. J’avais prévu mon caisson de plongée pour mettre l’appareil dans l’eau. Je me suis retrouvé avec un gros sac sur le dos d’environ 12-13 kilos. Ce n’est rien comme ça mais ça a son importance dans la suite de l’histoire. J’avais déjà shooté avec cette modèle. On se connait bien et je la savais volontaire même si pas ultra Warrior. Arrivé sur place, je me suis rendu compte qu’il y avait une sacrée descente pour rentrer dans les gorges. Nous avons aussi été un peu refroidi par un barrage juste un peu plus haut qui menaçait par son ouverture automatique. Après avoir lu les instruction, pas de «feu rouge» indiquant un éventuel lâcher des vannes dans les 6 heures mais pas non plus de «feu vert» indiquant le contraire. On s’est dit qu’on pouvait y aller. Tout en gardant à l’esprit qu’il fallait faire attention. S’en est suivit une descente très pentue. Elle a plutôt bien géré son stress. Je l’aidais tant que je pouvais. Sauf à la fin ou j’ai failli finir ma course … directement dans l’eau ! J’ai réussi à éviter le bain à mon matériel ! Je nous pensais arrivé au bon endroit mais non. Il fallait aller un peu plus loin pour que ça devienne intéressant. Et ce «un peu plus loin» à demander des péripéties. De mon coté, je me baladais car j’aime énormément sauter sur les rochers, faire des acrobaties et passer dans des endroits délicats. Pour ma modèle, ça a été différent. Il a fallu qu’elle prenne énormément sur elle quand il a fallu descendre 5 mètres via une corde puis une échelle suspendue. Mais elle y ai arrivée ! Le sac que j’avais sur le dos n’a pas arrangé les choses. Il a fallu le descendre directement avec une corde. Mais quel bonheur d’arriver dans un endroit magnifique, peu exploré. C’était notre récompense. Je suis également très content des photos que l’on a prise. Puis il a fallu faire le retour ! Pas une mince affaire encore. Pour cette aventure, elle a validé un shooting Warrior pour son niveau 1 car elle a dépassé ses limites. Elle a été au delà de ce qu’elle se pensait capable de faire. Et c’était quand même très éprouvant ! L’eau n’était même pas si chaude que ça. Même avec ma combi !

Que penses tu de tous ces commentaires vantant les mérites du modèle mais jamais rien pour les risques également encourut par le photographe ?
Oui, nous, photographes, sommes souvent réduit dans notre «Warriorité». On plaint la personne qui est sur la photo, pas celle qui la prend ! Je passe sur tous ces photographes qui font poser leurs modèles dans l’eau et shootent au 135, tranquille, bien habillé sur le bord de l’eau. Je n’ai jamais cru en cette pratique. J’ai quasi toujours été dans l’eau avec mes modèles ! Je crois au fait de partager la difficultés avec elles. C’est plus facile pour leur en demander encore + après ! Alors forcement, ça fait un pincement au cœur quand on voit les commentaires de ce type fleurir. On a envie de crier «Et moi là- dedans ? Je ne me suis pas gelé le cul non plus ? J’avais personne pour me donner une couverture après ! Mais c’est le jeu et au final ce n’est pas bien grave. Le plaisir du moment passé lors du shooting est le plus fort.

Quelle est la pire chose que tu as demandé de faire à une de tes modèles ?
Se mettre sous une cascade en plein Février dans une eau qui ne devait pas dépasser les 5 degrés. J’avoue que là, j’en ai demandé beaucoup. Surtout pour au final ne pas vraiment utiliser cette photo mais plutôt celle que j’ai prise juste à coté avec lui hors de l’eau ! Il ne m’en a même pas voulu. Ça c’est du modèle Warrior !

Est-il difficile de trouver des modèles Warrior ?
Je pense qu’il y a un modèle Warrior qui sommeille en chacun de nous. Ne serait-ce qu’en regardant Koh Lanta ou Fort Boyard tranquille dans son canapé ou en lisant Robinson Crusoé. L’envie de vivre une aventure et de dépasser ses limites. Ça permet de mieux se connaitre. Après cela dépendra aussi de ton book. Je commence à avoir un book bien fourni et donc ça aide vraiment à convaincre les modèles d’y aller et d’en chier. Tant que tout est fait dans la bonne humeur, il n’y a aucun soucis. Elles m’insultent généralement sur le moment mais quelques jours après, je reçois un mail me demandant «quand est ce qu’on y retourne ?».

Comment devient on photographe Warrior ?
Il y a un process de validation. Ne devient pas photographe Warrior qui veut ! Si je commence à donner des accréditations à tout le monde, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres comme dit l’autre. En effet, être Warrior varie énormément en fonction des gens. Imaginez, entre celui qui n’est jamais sorti de son studio et qui va faire un shooting dehors sous la pluie et entre celui qui a l’habitude de faire des photos en haute montagne en ayant bravé la tempête, le matériel lourd et les animaux sauvages ? Le degré de Warriorité n’est forcément pas le même. C’est pourquoi je me suis attaché à créer une «charte Warrior» pour définir les niveaux. J’en parle un peu plus bas. Pour devenir photographe Warrior homologué, il faut passer tout une série de tests. En premier, le candidat doit m’envoyer un dossier avec une lettre de motivation de deux pages, ses photos les plus Warrior et des clichés backstage. Une vidéo est toujours plus appréciée. Dans un second temps, il y a un entretien, le plus souvent via Skype. Je lui pose une série de question. S’il passe cette étape, il faut que j’aille m’assurer de la véracité de ses propos. Je me déplace donc sur un de ses shootings typé Warrior. Je peux ainsi me rendre compte de ses capacités.

As tu été parfois surpris de ce que tu as pu voir ?
Ah ah oui, énormément même. Que ce soit dans un sens ou dans l’autre. Une fois, j’ai reçu un dossier m’affirmant que faire poser une fille nue en studio était totalement Warrior. Tu images ma circonspection … En lisant un peu plus sa lettre de motivation et en découvrant les photos, j’ai compris qu’il ne blaguait pas ! En gros, il faisait une séance photo fille nue dans la neige en intérieur. Il a été prendre un canon à neige, l’a mis dehors mais en direction de sa fenêtre. Du coup la modèle se prenait de la neige dessus tout en étant totalement nue. Je doute encore de l’intelligence de cette pratique mais je me demande surtout comment la modèle à survécu. Ce dossier a été rejeté car avant tout à la FFPMW, je demande à respecter des règles de sécurité strictes. Le modèle Warrior doit évidement souffrir mais en tout intelligence. Rendre une séance Warrior juste pour la rendre Warrior n’est pas admissible !
J’ai également reçu des messages directement de la part de modèles qui veulent absolument obtenir la certification. Le but avoué étant de ressembler à leur idole, LA modèle Warrior qui a enflammé Lyon il y a quelques années : Lacertilienne. Une référence dans le monde du Warrior. J’espère un jour pouvoir l’intégrer à la FFPMW. C’est amusant de voir à quel point certaines personnes ont besoin d’aller au bout de leurs limites pour une chose aussi futile que la photographie. C’est un moyen de se sentir en vie et de vivre de nouvelles aventures.

Est-ce dangereux ?
Bien sur que ça l’est ! La FFPMW ne prend évidement aucune responsabilité quant aux séances photos. C’est juste une validation. Je recommande régulièrement dans mes newsletters de faire très attention autant pour le modèle que pour le photographe. Ce dernier a une responsabilité supplémentaire car c’est la plupart du temps lui qui est à l’initiative de la séance photo. Donc faites attention ! Après cela arrive régulièrement qu’il y ait des petites bosses ou égratignures. Ce sont les risques du métier comme on dit ! Voici une photo d’un petit bobo. Elle s’était aussi un peu égratigné le pied juste avant. Mais elle gardait le sourire !

Combien as-tu distribué de diplôme pour le moment ?
Alors, il y a pour le moment 3 photographes accrédités «Warrior» donc capable de valider des niveaux. Il y a 15 modèles Warrior certifiés niveau 1 et une niveau 2. En ce moment j’étudie 4 demandes de nouvelles accréditations et il y a une vingtaine de personnes en cours de certification niveau 1. C’est très encourageant pour la suite de la FFPMW.

En quoi es-tu légitime pour sélectionner les critère qui font la FFPMW ?
Tout simplement parce que c’est moi qui l’ai créée ?

C’est la bonne réponse en effet ! Quel avenir pour la FFPMW ?
Officialiser le tout en ouvrant pour de bon le site. Il y a pour le moment juste une page d’accueil temporaire. Cela reste encore quelque chose de confidentiel mais je compte l’ouvrir au plus grand nombre bientôt. J’attends de voir les retours de cette interview sur ton site. D’ailleurs je travaille en ce moment sur la validation de ton accréditation. Il ne nous reste plus qu’à faire le shooting ensemble. On le prévoit pour quand ?

Merci Joshua !

Interview Joshua Riaure, Fondateur de la FFPMW
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