Interview

Yohan Terraza

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13 Minutes

Exifs

Nom / Yohan Terraza
Age / 35
Situation familiale / Célibataire
Localisation IRL / Bordeaux

Style de photo / Reportage et paysage
Date de début de photo / 2007
Apprentissage / Autodidacte
Statut / Auteur et AE
Date de début d’activité / 2009

Photographe préféré / Vincent Munier
Chanson préférée / How fortunate the Man with None de Dead Can Dance
Film préféré / Interstellar
Livre préféré / Plaidoyer pour le bonheur de Matthieu Ricard
Citation préférée / « Celui qui trouve sans chercher est celui qui a longtemps cherché sans trouver. » Gaston Bachelard
Région préférée / Tout ce qui a une montagne
Gourmandise préférée / Noix de cajou

Une journée type en 5 mots / Préparation, voiture, silence, solitude, exploration.

Appareil photo / Nikon D750, D700, 24-70mm f/2.8, 24mm f/2.8, 35mm f2, 50mm f1.4, 85mm f1.8, 70-200mm f4.
Logiciel / Lightroom

Yohan Terraza

A côté de la photographie tu fais aussi de la musique et tu écris, alors pourquoi la photographie comme premier choix ?
La photographie est arrivée à un moment de ma vie où je n’avais plus de passion, ce qui est assez compliqué chez moi. Elle s’est rapidement imposée comme une évidence, bien que tardive car j’ai commencé la photographie à 27 ans, l’ayant plus tard considérée comme un prétexte à l’existence plutôt qu’une passion en soi. Je ne suis pas passionné de photographie mais passionné par ce qu’elle me fait vivre. C’est dans cette nuance que ce situe toute la richesse de l’outil ; car cela reste un outil à quelque chose que j’espère plus profond dans la processus de recherche et d’accomplissement personnel et, enfin, de partage.
Je suis musicien depuis 20 ans et bien que j’ai énormément travaillé là-dessus par le passé, le but n’a jamais été d’en faire mon métier. Il est donc très facile de « composer » avec une « mesure » de plaisir sans pression aucune.
L’écriture est arrivée assez tôt quand j’étais adolescent, bien que je ne lisais pas beaucoup de livres, mais étais un dévoreur de BD. Elle a été là pendant des moments difficiles mais est surtout aujourd’hui une complémentaire fondamentale dans mon travail personnel. C’est une autre manière d’apporter une interprétation des faits et des pensées. En soi, je crois préférer l’écriture à la photographie et la considère un peu comme une toile de peinture.
La musique est une liberté, la photographie est un accomplissement, l’écriture une délivrance.

Qu’est-ce qui te plait le plus dans la photographie de mariage ?
Je considère la photographie de mariage comme un grand jeu avec son cadre de règle à ne pas dépasser, ce qui est une grande liberté. Il y a un challenge, quelque chose qui pousse à faire mieux qu’avant de manière plus évidente qu’avec la photographie de paysage par exemple qui, elle, va prendre son temps pour s’accomplir. Ici, il y a un début et une fin imposée. C’est au photographe de s’amuser, de prendre du plaisir, ce qui est la meilleure des manières pour rendre un bon travail. Je parle ici d’une approche clairement orientée reportage. Chercher à photographier l’authentique sans aucune restriction ; les invités sachant pourquoi tu es là, personne ne te met de bâton dans les roues. Je ne suis pas un bon photographe du corps humain comme le serait un photographe de mode par exemple, mais je suis très à l’aise avec l’effervescence, l’anticipation et l’interprétation. S’adapter à ce qui n’est pas maitrisable est un challenge duquel nait parfois certaines imperfections sur l’image et qui ont leur charme. Tout est une question de choix.
Les mariés choisissent d’abord un style avant de choisir un photographe et c’est là que la démarche de ce dernier doit séduire et être justement à l’image de ses reportages. Au-delà du côté commercial, certes nécessaire, c’est une complicité que je cherche et qui, au final, fait que je travaille avec les mariés et non pour les mariés. J’aime la photographie de mariage parce que je m’amuse de sa liberté et de ce qu’on attend de moi. C’est une partie importante de mon travail.

Tu as remporté récemment un award à la Wedding Photojournalist Society, qu’est-ce cela a changé pour toi ?
Entre temps j’en ai également gagné un autre le mois d’après et j’en suis très content ! C’est une reconnaissance mais il ne faut pas se leurrer, cela ne change pas ma vie de photographe aujourd’hui. C’est une petite marche de plus et j’en suis heureux.

Quels conseils pourrais-tu donner à quelqu’un voulant se lancer dans le reportage de mariage ?
De contacter des professionnels pour les accompagner sur le terrain. Je pense que beaucoup n’ont rien contre si cela s’avère possible ce jour-là. J’ai également commencé comme ça. Il faut aussi être ouvert à la critique et à la discipline. Le reportage a ceci de particulier que c’est un reportage justement. On ne dirige pas, on témoigne. L’avantage de cette démarche est qu’elle peut se travailler tout les jours dans la rue. La culture photographique est également importante. Beaucoup de photographes de mariages sont extrêmement doués car ils ont une base différente du mariage.

Que t’as apporté ton expérience de photographe à l’Opéra de Bordeaux ?
D’un point de vue personnel, beaucoup de choses ; c’est d’ailleurs en cela que ce travail a aussi été une réussite. Cela consistait à photographier le ballet de l’Opéra National de Bordeaux. Je suis resté 5 mois avec eux, presque tout les jours à vivre leur quotidien. C’était une réelle chance car je ne connaissais rien à la danse, si ce n’est les éventuels préjugés que véhicule ce milieu. J’ai heureusement vite vu que tout cela était grandement exagéré.
Je ne faisais pas de photo de spectacle. Je travaillais beaucoup en coulisse et en répétition. C’est un endroit magique et les lumières changent tout le temps. Un terrain de jeu assez incroyable pour l’interprétation car personne ne me disait quoi faire. J’étais totalement libre de mes choix artistiques et montrais régulièrement les photos aux danseurs. Ce travail n’aurait pas été possible si je n’avais pas été aussi bien accueilli dans le ballet. Il était d’ailleurs assez déstabilisant pour eux d’avoir un inconnu qui les approchait de si près. Mais ils se sont habitués très vite et n’entendaient même plus le bruit du déclencheur.
Ce reportage s’est conclu par une exposition d’un mois dans le hall de l’opéra avec une vente aux enchères au profil de la Ligue contre le cancer Gironde.
Professionnellement, j’ai clairement senti un avant et un après dans mon approche de reportage ce qui a été bénéfique pour le mariage.

Aurais-tu une anecdote, arrivée lors de ce reportage, à partager avec nous ?
Pour le spectacle du 31 décembre, je me suis retrouvé sur la scène à la place d’un figurant pendant la scène du réveil de La Belle au Bois Dormant. J’étais donc habillé en soldat de la garde et faisait semblant de dormir. L’idée était parti d’un paris un peu stupide, ce qui fait que j’ai évidemment accepté. Etant gaucher, j’avais mis mon épée du mauvais côté et je crois d’ailleurs avoir été le seul. Ca n’a heureusement pas suffi à gâcher le spectacle !

Dans ta série de portrait «IN.carnate» tu juxtaposes des paysages aux visages, comment es née l’idée et comment l’as-tu réalisée ?
Le concept est né un peu par hasard après avoir fait le portrait d’une des danseuses du ballet. J’aimais son expression neutre et j’avais donc travaillé un traitement en ce sens. Je me suis souvenu d’une suggestion faite par un photographe d’architecture pour qui j’avais travaillé il y a quelques années qui m’avait suggéré cette idée mais ne m’étant jamais trop penché dessus, je l’avais laissé dans un coin de ma tête.
Parallèlement à mes séries de paysages, certains restaient inexploités, ayant une directionartistique trop différente. J’ai testé différentes associations, différentes manières de les associer pour tomber sur cette mise en page pour tout les portraits de la série. Comme à chINaque nouveau travail, je me laisse aussi guider par les choix sans nécessairement y insuffler un message ; ce dernier vient le plus souvent après, s’il doit y en avoir un.
Les cadrages ne sont pas au format standard, que ce soit pour les portraits ou les paysages. Ici, on s’approche presque du 4/3. Ca n’est pas une série techniquement difficile à réaliser, le tout est de trouver la bonne association en fonction des tonalités et de ce que je vois de la personne car il s’agit bien d’une démarche portraitiste à travers un œil de paysagiste. C’est une série sur l’essentiel et notre faculté à s’en détourner. Aucune des personnes photographiées ne regardent en direction du paysage qui lui est associé. Concluez-en ce que vous voulez. La série sur mon site commence d’ailleurs par cette phrase : « Que regardez-vous réellement ? ».

Les photos que tu présentes et plus particulièrement celles de voyage sont associées à des textes, est-ce que ce la ne te donne pas l’envie de publier un livre ?
Si bien sur ! Mais je crois que ça n’est pas encore le moment. Comme d’autres photographes, j’ai été approché par des entreprises d’auto-édition qui proposent des choses assez intéressantes mais je ne souhaite pas proposer quelque chose simplement parce qu’il y a une facilité à le faire. Ce qui justifiera la réalisation d’un livre sera une démarche qualitative et rien d’autre. Il se pourrait d’ailleurs que je fasse un livre sans aucune photo. La démarche est bien sur très différente.
J’ai néanmoins écris les récits de mes voyages en Norvège et en Islande et qui sont disponibles en téléchargement : Islande L’approche est très intimiste et accompagne l’expérience de terrain.

Dans tes photos personnelles la nuit prend une grande place, pourquoi cette attraction ?
C’est un univers fascinant où j’ai trouvé une immense place pour l’interprétation. Je ne fais pas d’astrophotographie, j’y travaille le paysage et le silence. La nuit est une réelle source d’inspiration. Tout y paraît plus grand, plus apaisé ; une sorte de rédemption du jour. Tout y est possible ! C’est également là que j’ai clairement intégré l’humain dans mes photos de paysages. J’avais commencé avec une série qui s’appelle Magnum Silentium mais cette fois-ci il est primordial, du moins dans la partie qui s’appelle Explore. La nuit est un berceau qui s’emporte partout et qui a un début et une fin avec un cycle de vie bien à lui. Selon que la lune soit là ou non, tout y est très différent. J’aime cette exploration qui consiste à photographier le temps et non l’endroit. J’avoue cependant chercher les lieux les plus éloignés de toute pollution lumineuse et de traces humaines.
La nuit me fascine et j’espère ne jamais arriver à trouver exactement pourquoi, ce qui me poussera à toujours y chercher des réponses. A plusieurs reprises j’ai écris sur la nuit mais c’est un texte, Nox, qui en parle le mieux sur mon journal :
www. frenchoutdoorphotographer.com
La Nuit, puisque c’est le nom global de tout ce travail, sera composé de 4 séries distinctes. Contemplate et Explore sont déjà visibles. Les deux autres sont préparation. J’ai montré quelques images de la 3ème et vais poster un aperçu de la 4ème ces prochains jours. L’une de ces séries est véritablement plus ambitieuse que les autres et prend beaucoup de temps à être réalisée. Le texte y aura une place très importante.
Il y a encore beaucoup à faire.

Faire de la photo de nuit demande beaucoup de patience, ce sont des prises de vue qui s’inscrivent dans la lenteur, ce qui est en opposition avec la photo de reportage de mariage. Ces deux pratiques te sont-elles essentielles et pourquoi ?
Je ne marche pas à l’exclusivité. J’aime trop de choses pour me cantonner à ne faire que l’une ou l’autre. Travailler toujours le même domaine n’amène ni la remise en question, ni la motivation à long terme. Même si l’image est forte, il y a une sorte de consanguinité artistique qui me déplait dans le fait de toujours travailler la même chose. Pour autant, ces deux domaines, mariage et paysage au sens large, sont tout à fait compatibles et se nourrissent l’un de l’autre, ne serait-ce que par l’éloignement et la joie qu’ils me procurent à retrouver en retrouver soit l’un soit l’autre.
Tout est histoire d’équilibre personnel dans la démarche créatrice. Ca n’est que le mien, bien que je pourrais faire du paysage et de l’exploration toute ma vie sans m’en lasser…
D’une manière générale, le mariage tout comme le paysage me permettent de vivre des histoires pour les raconter par la suite.

Peux-tu nous parler de ta série «Explore» ?
Explore est, comme son nom l’indique, une exploration. La musique et certains souvenirs et ressentis d’enfances très précis en sont les piliers. Je recentre l’individu sur la contemplation d’un moment noyé dans une certaine immensité. Bon et puis derrière tout ce blabla d’artiste, j’explore la nuit et j’aime ça. Point. Ces images sont toujours accompagnées de texte dès que je les poste sur ma page Facebook ; c’est indissociable.

Dans tes photos de paysage on y trouve deux dominantes : la montagne et la forêt, pourquoi ces choix ?
Ce sont des milieux dont je ne me lasse pas. J’ai commencé la photo en explorant les forêts de ma région. Quant à la montagne, elle m’a toujours fascinée. Ce sont des milieux dans lesquels j’arrive à me sentir sur la brèche et où il n’y a plus rien à par moi et le milieu. Autrement dit, on y trouve sa place quand tout le superflu n’y trouve plus la sienne. La montagne me fait peur et me fascine ; c’est ce que j’essaie de rendre. J’ai vécu des moments incroyables en montagne, que ce soit en France ou ailleurs.
Ce ne sont finalement pas des choix mais des évidences. J’aimerais vivre à la montagne. Les Alpes m’attirent beaucoup bien que je photographie surtout les Pyrénées.

As-tu d’autres projets en tête ?
En ce qui concerne les voyages immédiats, je pars en Californie à partir de fin janvier. D’autres projets se dessinent à long terme et il est encore trop tôt pour en parler. Je travaille ma visibilité en ce moment et prépare la prochaine saison de mariages.

Merci Yohan !

Interview Yohan Terraza
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