Interview

Dominique Rolland

Recevez votre formation Photoshop

offerte en créant votre compte F/1.4 rien qu'à vous

6 Minutes

Exifs

Nom / Dominique Rolland
Pseudo / Pas de pseudo
Age / 44 Situation familiale / Marié et père de 2 jeunes enfants
Localisation IRL / Ploërmel (56)

Style de photo / Portraits
Date de début de photo / Années 80 … mais travail plus sérieux depuis début 2000
Apprentissage / Autodidacte
Statut / AE et Photographe salarié
Date de début d’activité / 2010 Vrai métier / Responsable projet + Photographe (2 métiers très différents dans la même entreprise)

Chanson préférée / Cocorosie
Film préféré / Wong Kar Wai (In the mood for love, 2046, Chunking express, …), Kim Ki Duck, Jim Jarmusch, Gus Van Sant, Incendie, …
Livre préféré / «Tous les hommes sont mortels» de Simone de Beauvoir
Photographe préféré / J’aime beaucoup Sally Man, Lindbergh, Avedon et Gregory Crewdson. Je regarde aussi plein plein plein de livres de photos du 19ème siècle ou du début du 20ème. Je suis extrêmement touché par nombre de ces photos.
Style de Photo / Sinon en photo c’est plus difficile. J’adore le reportage. J’aimerais en faire mais le niveau d’engagement qu’il me semble nécessaire d’avoir n’est pas compatible avec la vie de famille que je souhaite. Du coup j’aime le travail de Joakim Eskildsen (Roma’s Journey), de Salgado (un modèle pour exercer son oeil à la composition des images), Mary Ellen Mark (le noir et blanc, son grain, …). Donc je fais des portraits (à ma manière). Citation préférée / Pour bien photographier, il ne faut pas forcément comprendre, il faut ressentir (un truc dans le genre)
Région ou pays préférée / ASIE (Chine, Thaïlande, Laos, Vietnam, …)
Gourmandise préférée / Kouign-amann et la Soupe pékinoise

Une journée type en 5 mots / Préparer les enfants et les déposer à l’école / Travailler «au travail …» / Rêver éveillé aux photos que j’ai envie de faire / Finir la journée en famille / Regarder des photos ou travailler mes photos ou préparer mes shootings

Appareil photo / Canon 5d ii et 5d iii, j’utilise surtout un 35mm 2.0 et un 50mm 1.4 de chez Canon
Logiciel / Lightroom et Photoshop

Dominique Rolland

Les femmes que tu mets en scène semblent souvent être ou se mettre en danger, tu peux nous en dire plus ?
Ce n’est pas ce que je recherche.
Je cherche à créer des situations improbables, dénuées de sens parfois, où la femme semble lâcher prise délibérément. Je ne veux pas choquer ou provoquer. Je cherche la limite.
J’aime capter de petits instants ou le regard du modèle est perdu. Je trouve que mettre mes modèles dans des situations délicates, sales, un peu acrobatique, … permet de les faire rentrer dans mon univers. Ce n’est qu’avec des modèles qui ont bien compris ce que je cherche que ça marche vraiment.

Parle nous de ta série de photo en Asie avec les belles Raty Melody, Angel Fallenkitten et Juraku Hanakomi que je trouve à part dans ton travail.
Cela a été une expérience fabuleuse. Un petit miracle.
C’est un peu partie des films de Wong Kar Waï. J’y ai découvert une certaine lumière que je situe dans les grandes villes asiatiques (HK, Bangkok, Ho Chi Minh, Hanoi, …) associé a un urbanisme un peu vieillissant dans certains quartiers).
Nous allions en vacances en Thaïlande en famille. Je me suis dis qu’il y avait un truc à faire. Je suis partie à la recherche de jeunes femmes sur Facebook (surtout pas des modèles expérimentées).
J’ai expliqué mon projet à 7-10 filles et j’en ai convaincu 7 mais je n’ai pu faire que 3 shootings pour des raisons de planning.
J’ai fais 3 shootings dans la rue, sans flash, sans réflecteur, avec un objectif pancake 40mm sur mon 5d mark II. C’était à la tombée de la nuit, dans un quartier choisi avec soin … mais sans repérage des spots pour les prises de vues. Je fixais les points de rendez-vous avec le gps ! On a passé 5 min à se présenter et c’est partie. Ils ont duré 1h30 chacun maxi.
Nous marchions dans les rues et dès que j’avais une idée je leur expliquais et je shootais.
Les filles ont adoré. Elles ont joué le jeu. Je suis trop pressé de recommencer !

Je sais que tu shootes en numérique mais tes photos ont un gros look argentique. Comment procèdes-tu ?
Je n’ai pas envie de travailler en argentique pour des raisons économiques, de temps et aussi pour des raisons écologiques.
Mais le rendu «numérique» et la qualité des images qui sortent de mes boîtiers ne me procurent aucune émotion. C’est trop propre, trop défini, …
Il faut donc retravailler les images.
Dans Lightroom, je retravaille la luminosité, le contraste, les couleurs et le grain avec des presets que je peaufine au fur et à mesure.
Dans Photoshop, j’applique des textures et des bords pour obtenir le rendu que je souhaite.
J’ai passé beaucoup de temps à comprendre comment cela fonctionnait et surtout à obtenir quelque chose qui correspondait a ce que je voulais.

Raconte nous ton shooting préféré et pourquoi est-il LE préféré ?
Pour moi un bon shooting c’est:
- Du temps (une grosse demi journée, une journée c’est top. Le modèle et moi sommes fatigués le soir mais on a le temps de réfléchir, de discuter, d’essayer des trucs)
- Une modèle sympa et connectée avec mon univers
- Un lieu qui nous portera
- Pour certains shootings, travailler avec une équipe hyper compétente (styliste, maquilleuse, coiffeuse, créatrice de bijoux, …)
Mes shootings préférés sont:
- Bangkok avec mes 3 modèles comme je l’ai expliqué avant
- Mon premier avec Inès Kozic. C’était son 1er shooting photo ! Quand je vois ce qu’elle a fait depuis ! Je l’avais trouvé presque par hasard sur Facebook car elle prenait des cours de danses avec une copine sur Rennes. Inès est très pro, très investie, elle a plein d’idées. On a shooté de 10h à 17h je crois.


Pour ton shooting à Bangkok une grande part a été improvisée sur place, est-ce souvent le cas ou prépares-tu beaucoup tes séances en amont ?
J’ai besoin de me mettre en condition avant (dans mon univers et dans le shooting) avant de commencer. Je me prépare avec de la musique et surtout avec des planches tendances que je me construit plusieurs jours ou semaines avant.Je note aussi toute les idées précises qui me permettront de créer mes photos.
J’ai aussi un grand besoin de connaître le lieu. C’est très important pour moi. C’est le plus important en fait. Cela me permet de me projeter. En ce qui concerne les modèles, j’ai besoin de les connaître surtout au niveau de leur caractère, personnalité et univers artistique.
Pour Bangkok, ça a été facile car je suis constamment, dans ma tête, dans un univers de rue en Asie …Cela m’a permis d’improviser complètement. Les filles avaient vues mes photos sur facebook et avaient lu un long message leur expliquant mon univers. Elles étaient préparées.
Donc oui, je prépare mes shootings avant, sans aller jusqu’à définir chaque photos avant.

Tu nous expliques que tu as besoin que tes modèles comprennent ton univers, or pour le shooting de Bangkok tu dis n’avoir pris que 5 minutes pour faire les présentations. Les as tu sélectionnés en choisissant des univers proches du tiens ? Les diriges tu donc beaucoup ensuite ?
A Bangkok, j’ai dirigé à 100% les modèles mais je ne sais pourquoi elles réagissaient aussitôt parfaitement bien. Pourtant ce ne sont pas des «modèles», elles n’avaient quasiment jamais posé.
Pour être clair, je les ai choisi uniquement sur le physique sur ce coup là, car je ne sais pas lire le thaï et sur facebook elles échangent en thaï. C’était aussi un peu drôle de les faire poser dans mon univers car en Thaïlande les filles ne courent pas après ce type de photos. Elles recherchent plus le glamour, les photos bien léchées, …

Tu as fais beaucoup de recherches pour trouver comment traiter tes photos dans un look ancien. Peux tu nous donner une ou deux conclusions / astuces que tu as compris ?
Déjà il faut savoir vers quoi tu veux aller. Moi je suis touché par les photos du 19ème siècle, par les premiers photographes. J’aime bien mêler mes idées en terme de postures, situations … avec un rendu ancien. Je me demande comment cela aurait été perçu de faire mes photos il y a plus de 100 ans …
J’ai tâtonner beaucoup pour savoir comment retrouver des rendus anciens. Personne ne m’a expliqué et je n’ai jamais trouvé de tuto qui me convienne.
Je prépare mes photos avec Lightroom pour la couleur, le NB, le contraste, le grain, …
Ensuite je passe sous photoshop avec des calques trouvés sur le net ou travaillés par moi et j’utilise les modes de fusion pour appliquer les rendus.
Je passe parfois plusieurs heures sur une photo et surtout souvent j’y reviens plusieurs fois avant de me dire que j’ai terminé. Des fois je garde des photos des mois avant de les sortir car je sais qu’il y a encore un truc à faire pour la finaliser …

Tu aimes le regard perdu du modèle. Qu’est ce que cela fait ressortir chez toi ? Que veut dire pour toi cette vision du monde ?
C’est le plus compliqué à expliquer. Je n’aime pas trop en parler car c’est très personnel.
C’est quelque chose autour du lâché prise, de l’abandon de soi, du déracinement, de la solitude … mais tout cela de manière volontaire et non subite. Dans mon univers, la femme se lâche en gardant le contrôle.
Elle sait ce qu’il fait et le fait délibérément.

Est ce que ton métier de photographe pour une entreprise te bloque dans la réalisation de ton travail personnel (manque d’envie, shooter la journée pour encore shooter le weekend) ou est ce l’inverse, c’est à dire que ton travail personnel te permet d’apprécier un peu plus ton travail alimentaire ?
C’est contrasté.
Mon travail photo personnel m’a beaucoup gêné au début car c’est un autre univers au travail. Parfois, il fallait que je mette en pause mon travail personnel sur plusieurs semaines pour être bien dans l’univers du pro.
Aujourd’hui c’est quasi réglé mais c’est vrai que des fois, par période, je n’ai plus l’énergie de faire des photos pour moi. D’un autre coté, j’ai un impératif de réussite pour mes photos pro qui me pousse a bien m’organiser, à être plus précis, …
En plus je fais un peu de tout en pro (portraits, reportages, macro, culinaire, …)
Je dois sans cesse apprendre de nouvelles techniques ou peaufiner ce que je connais. Merci Dominique !

Dominique exposera pour la première fois durant les Têtes de l’art à Rennes les 13 et 14 Novembre 2014 à l’espace Roazhon

Interview Dominique Rolland
Interview Dominique Rolland
Interview Dominique Rolland
Interview Dominique Rolland
Interview Dominique Rolland
Interview Dominique Rolland
Interview Dominique Rolland
Interview Dominique Rolland
Interview Dominique Rolland
Interview Dominique Rolland

S'inscrire

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici !

Réinitialisation de mot de passe

Connectez-vous ici !

randomness