Interview

Sandrine Mulas

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9 Minutes

Exifs

Nom / Sandrine Mulas
Pseudo / Jim — IMAJIM
Age / Trop — 43 ans
Situation familiale / Mariée, 2 Enfants
Localisation IRL / Paris - Lyon

Style de photo / Reportage — Portrait — Musique
Date de début de photo / 10 ans avec mon premier polaroïd
Apprentissage / Autodidacte
Statut / Auteur
Date de début d’activité / 2005

Photographe préféré / Eric Bouvet
Chanson préférée / U-turn Lilly Film préféré / «Jeux d’enfants» avec Guillaume Canet et Marion Cotillard
Livre préféré / «Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’avions pas été toi et moi» de Albert Espinosa
Citation préférée / «Less is more»
Région préférée / Pas de région particulière, mais ma ville de naissance : LYON !
Gourmandise préférée / Oursons guimauve enrobés de chocolat

Une journée type en 5 mots / Mes filles — Iphone — Musique — Train — Sac a dos  

Appareil photo / Depuis peu FUJIFILM XT1 avec comme objectifs : XF12-55 F2,8 et XF 56 1,2
Logiciels / Lightroom et Photoshop

Sandrine Mulas

Tu as plusieurs casquettes, peux-tu nous décrire en quelques mots tes différentes activités ?
Photographe — Réalisatrice en vidéo — Conteuse : spécialisée dans les contes de tradition orale. Animatrice technique / formatrice pour enfants en milieu scolaire ( thème photo / vidéo / théâtre / patrimoine ).

Peux-tu nous raconter ton parcours un peu hors du commun ?
Je sors de la scolarité avec un BTS action Co et surtout une activité de sportive professionnelle. Plus souvent sur les terrains de sport que l’appareil photo à la main. Mes premières images sont surtout faites au Polaroid. Passage à l’argentique avec l’appareil photo que je pique régulièrement à mon père (que j’ai toujours et avec lequel je me surprends à refaire de la photo) un Nikon EM avec objectif 50mm F1.8. Déjà à l’époque, le discours était : » L’art ? ce n’est pas un métier … «. Alors j’entre dans une carrière de commerciale… 10 ans, 3 employeurs, et des milles de réunions commerciales à parler chiffres, prévisionnels, plan d’action plus tard… je largue tout.
Avec mon mari et nos 2 filles, en 2005, nous quittons Lyon pour la Haute Marne et je m’installe comme photographe professionnelle.

Comment en es-tu venu à faire des clips vidéos ?
L’arrivée de la vidéo HD sur les boîtiers des photographes a bousculé les métiers de l’image. Des nouvelles capacité en vidéo à jouer avec les profondeurs de champs. Plus de gens disponible sur le marché. Et un peu tout et n’importe quoi(qui) aussi ;)
Des artistes croisés en live, en soirées, qui te parlent de tes images, de ta « pâte « des affinités qui s’installent… J’ai toujours beaucoup marché au relationnel, à l’amitié ( la vraie, pas celle de facebook ! ). Et cette amitié passe par un respect mutuel de chacun, et donc aussi un échange pécunier à chaque transaction. Quel qu’il soit, il est nécessaire. L’ami devient client, et toi, là pour réaliser un travail. Je vous assure que ça simplifie bien des choses…
Les premières demandent en clip vidéos se font autour d’un verre, lors de discussion désintéressées où on se dit : » tiens.. du SandMulas en vidéo, ça doit le faire non ? «

En 2013 tu as commencé la série “T’es toi, mets toi à nu”, peux tu nous en raconter la genèse ?
Né d’un mal-être personnel, mal-être que chacun peut ressentir face à cette humanité en mutation. Dans ces temps de grands désarrois, quand les scouts deviennent trader et les dieux armuriers, remettre au centre du jeu le mot » humanité » peut sembler désinvolte, futile, dérisoire. S’il en va ainsi désormais, alors il va falloir se remettre au dérisoire comme plus court chemin vert l’essentiel. De tous temps et en tous lieux, les Hommes ont cherché à toiser leurs terreurs et leurs angoisses en ritualisant leurs rapports aux Autres, si semblables et si différents, aux Dieux, si lointains et si frivoles, à la nature, si puissante et si fragile, par les chants, les rites, les masques, les processions, les incantations, les danses : les arts sont nés de cette nécessité de tenter de se mesurer à ce qui est plus grand que nous. Mine de rien, comme par inadvertance je propose une halte salvatrice : l’étranger, au delà de sa différence et de son irréductible étrangeté n’est pas notre ennemi mais notre ombre, notre fantôme et nous sommes pour lui aussi un mystère entier qu’il convient de respecter sans le comprendre tout à fait.
Alors je propose un dispositif photographique apparemment simple : des gens, que je connais, ou pas, torse nu, se retrouvent, de face, devant mon appareil photo, après avoir grimé leur visage.

Tu as choisi un traitement bien spécifique pour cette série, peux tu nous le décrire et nous expliquer ton choix ?
Oui, du noir et blanc très contrasté. Pas de fausse mesure, pas d’hésitation à avoir, on se dévoile crûment. Donc pour moi, il n’y avait pas d’hésitation possible aussi au niveau du rendu final c’est blanc et noir. rien d’autre.

Tu te décris comme étant une “voleuse de secrets”, peux-tu nous dire comment se passe une séance pour cette série ?
J’aime le portrait dans ce qu’il a de mystérieux, l’être humain est complexe. Voilà ce qui m’intéresse chez les gens : leur mystère. Mystère que je ne cherche pas à expliquer. Juste à rendre visible. Provoquer l’interrogation chez le spectateur. Nous avons tous quelques fantômes qui courent à nos côtés : la question est de ne pas se laisser distancer par eux pour ne pas s’épuiser à tenter de les rattraper.
Et non, je ne dévoilerai pas cette séance » T’es toi » … au risque de perdre la magie de l’instant de cette photo. Juste à savoir que c’est très rapide, et que le lâcher prise est tellement confortable quand il est encadré.

Est-ce que Sébastien a été un modèle modèle ? ;)
Sébastien est un incroyable personnage. Très introverti de premier abords, très communiquant en réalité. J’étais venue pour faire une photo » T’es toi » avec un créneau horaire de 30 min, j’ai annulé 3 RDV et nous avons discuté pendant 5H. Tout ça parce que il est profondément un » T’es toi » !!!

Pour en revenir à cette expression de “voleuse de secrets” j’ai l’impression que tu donnes autant de ta personne que tu prends de l’autre lorsque tu réalises son portait, on sent que c’est vital pour toi cet échange, peux tu nous en dire plus ?
Complètement, de trop sûrement. Ce qui me crée le besoin. vivre intensément les rencontres. L’image est pour moi comme une respiration, un souffle, un courant d’air à attraper. Si j’y réfléchis bien, ce que j’aime dans la réalisation de portrait ? : entendre la respiration de mon modèle, ressentir les déplacements de l’air qu’il provoque, voir sa poitrine se soulever provoquée par l’accélération de son rythme cardiaque et voir son regard changer lorsque je lui explique ce que j’attends de lui/elle…
Et puis, n’est ce pas un pouvoir merveilleux que d’inscrire un portrait dans le temps ?
L’art du portrait ( réalisé en peinture ) du 17ème et 18ème siècle me fascine. Le réalisme. Et la Joconde ? On en parle ? Toutes ces peintures sont pleines de mystère et se sont transmises de génération en génération dans les familles pour terminer dans des musées ou des vides grenier !
Alors n’est ce pas là une façon de proposer un bout d’immortalité… Je crois que me concernant, on pourrait peut-être se dire que cela vient de ma course contre le défilement du temps et le fait que je suis incapable de me projeter dans l’avenir… ( j’vais retourner voir mon psy du coup ;) )

Tu fais aussi des photos de concert où là, la communication est quasi impossible, est-ce que cela te permet juste une première approche de l’artiste et de son monde ?
J’ai une vision très en musique de l’image. La musique est à 100 % dans ma vie. je post-traite en musique, je prends des photos en musique. Alors me retrouver à prendre en photo un être humain et sa musique … wow … le pied …
Et puis effectivement, c’est une porte d’entrée vers l’artiste. Je ne vais que sur des concerts d’artistes qui me font » vibrer «. Dans un premier temps, on ne se connait pas ( enfin je veux dire, il ne me connait pas ), je fais des photos, m’éclipse discrètement ( j’ai toujours détestée les after et leur faux semblant de congratulations alcoolisées … ). Je fais mon job, je fais suivre un lien à l’artiste pour visionner les photos. Et 10 fois sur 10 … j’ai un retour … positif, qui permet d’ouvrir le dialogue… et partir sur un portrait … pour lui proposer sa Joconde ;)

Qu’aimes tu dans la photo de concert ? Quel est ton meilleur souvenir ?
J’aime le lâcher prise de l’artiste. Il est parfois difficile à choper, mais quand tu l’as aperçu, que tu l’as ramené dans ta boîte à images… c’est d’ailleurs pour cela que j’y vais en fait …peut être pour trouver la fragilité de la » star «.
J’ai tellement de bons souvenirs !
Du stade de France un samedi soir devant les Black Eyed Peas parce que tu as 80 000 personnes dans ton dos, en passant par les cries des femmes devant Lenny Kravitz, à une tournée avec M. POKORA, être sur scène dans les bras de Cali, plusieurs dates avec Biolay, aux copains comme François Staal et ses crazy bears là depuis 10 ans …
Et je dois aux photos de concert ma plus belle rencontre artistique, celle qui m’a fait grandir et regarder les choses différemment : MARCEL AMONT. Un travail d’un an avec lui à sillonner les routes de France lors de sa tournée, et réaliser la vidéo des coulisses de cette tournée : youtube.com

Peux tu nous raconter comment s’est mis en place et déroulé la séance avec la danseuse chorégraphe Mariangela Siani ?
J’ai contacté Mariangela Siani parce que j’avais besoin d’une danseuse interprète sur le nouveau clip de mon meilleur Pote ( Cédric O’Heix ). Mariangela, me connaissais de loin… Et puis que je l’intriguais aussi. Elle a accepté.
Elle est venu à la maison pour 2 jours. Elle est restée 6 jours. La » connexion » a été immédiate ! Des envies de création entre elle et moi. Elle a été force de propositions lorsque je lui ai simplement dit : » j’aimerais faire ton portrait «.
Nous avons réalisé 3 séances photos. Mariangela choisissais sa musique. je proposais le lieu. Mariangela proposais les » tenues «, je proposais la lumière. Mariangela me mettait en danger tout le temps ! Dans l’improvisation de son interprétation. Dans ses déplacements. Je venais juste de recevoir mon nouvel appareil photo, le fuifilm XT1. J’ai aimé ma difficulté à trouver les bons réglages devant Mariangela qui elle, dansait sans se poser de questions. ( Du coup, tu apprends très vite ! )

Sur la 3ème séance, Mariangela m’a proposé l’impensable : une séance de nu, dans un entrepôt où il devait faire 4 degrés, dans le noir….
1 — Je n’ai jamais fait de nu, et je sais aussi que j’ai un vraie barrière de pudeur par rapport à ça
2 — Des photos dans le noir… bien sûr … facile
3 — Je rappelle que pour mon passage au FUJI XT1, j’ai été conquis par tous les réglages à molettes possible, hors menu via le boîtier ( comme à la grande époque de l’argentique ), sauf que dans le noir… c’est un peu plus compliqué !
Résultat ? … Incroyable me dit on dans le métier de l’art ! … Cette série partira en galerie ;)

Sur ton compte 500px on trouve plutôt des paysages ou des détails et un travail qui parait plus solitaire, plus introverti notamment avec l’utilisation de citations et de mots. Est-ce cette fois ci pour nous emmener cette fois ci dans ton monde ?
J’ai commencé une série appelée NaH, il y a 2 ans lorsque j’ai été bouleversé par un drame familiale. Mon jeune cousin nous a brutalement quitté. Comme mon fils il était ( et restera ). J’ai du être là et forte pour mes enfants ( ma fille ainée était très proche de lui ), et j’ai ressenti le besoin de sortir des choses. je voyais des signes de vie ou mort dans tout. J’ai continué en m’inspirant des histoires des autres, de l’actualité, … je continue toujours … cette série gardera ce nom NaH pour la première lettre son prénom, la deuxième son nom et le H pour Heaven.
Voilà pour l’explication, mais pour revenir au travail plus solitaire, j’ai tendance, lorsque je ne vais pas bien, à me sauver, disparaître, avec mon appareil photo, et partir là où le temps n’existe plus… pour revenir apaisée .

Qu’est-ce que tu aimes dans ton activité de photographe de reportage ?
Les voyages, les rencontres, témoigner des choses de la vie… respirer, courir, marcher, pleurer, rire, détester, aimer … la vie quoi !!!! ( C’est drôle, c’est la dernière chanson de CALI, ça risque de devenir ma chanson dis donc ! )

Merci Sandrine !

Actualités

  • Vous pouvez toujours commander des exemplaires du livre » T’es toi » via ce lien : www. testoi.com/commande
  • Et si vous souhaitez vous inscrire pour participer au projet c’est là afin que Sandrine puisse vous contacter : www. testoi.com/inscription
  • » T’es toi » sera exposé 2 mois cet été dans le cadre de l’exposition internationale l’OPUS6 » La beauté : une illusion heureuse » organisée par la Maison Laurentine : www. laurentine.net
  • Et si vous souhaitez un portait n’hésitez pas à joindre Sandrine sur son site ou en lui envoyant un mail : jim@imajim.fr
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