Interview

Mnemo

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11 Minutes

Exifs

Nom / Elo
Pseudo / Mnemo
Age / 33 ans
Situation familiale / En concubinage, pas d’enfant
Localisation IRL / Limoges, France (originaire de Strasbourg)

Style de photo / Principalement exploration urbaine et portraits
Date de début de photo / Environ 2007 (mais j’ai toujours eu un boitier entre les pattes)
Apprentissage / Autodidacte
Statut / Amateur

Photographe préféré / Gros coup de coeur pour Cédric Delsaux en particulier sa série Dark Lens
Chanson préférée / C’est très dur de choisir étant donné que la musique fait partie intégrante de ma vie, mais si je devais en choisir une seule ça serait «Teardrop» de Massive Attack
Film préféré / «The Fall» de Tarsem Singh et «Moulin Rouge» de Baz Luhrmann Livre préféré / Les livres de Paolo Coelho en général, mais je lis beaucoup de livres sur les pratiques énergétiques (Shiatsu, Reiki…)
Citation préférée / «Si l’on pouvait croiser l’Homme et le chat, ça améliorerait l’Homme, mais ça dégraderait le chat» Mark Twain. Région préférée / Bretagne
Gourmandise préférée / Le kouign amann

Une journée type en 5 mots / Route — Explo — Photo — Manger — Dodo !

Appareil photo / Canon 500D — 17-55mm f/2.8 — 50mm f/1.4
Logiciels / Lightroom et Photoshop

Mnemo

Peux-tu nous expliquer quel plaisir tu prends à découvrir et à visiter des lieux abandonnés ?
De base je ne suis pas quelqu’un de particulièrement téméraire et je ne gère pas trop les montées d’adrénaline, donc honnêtement je me demande encore ce qui m’a poussé à me diriger vers l’explo ! Mais c’est en rencontrant Julien (page FB Ruines Modernes), devenu un ami, que j’ai mis le nez dedans, je crois que ça a titillé ma curiosité d’un point de vue humain. Il doit y avoir un petit côté voyeur là-dedans, mais c’est vraiment le lieu en lui-même et le ressenti qui s’en dégage qui m’intéressent. Je suis assez émotive, je marche au feeling la plupart du temps et l’explo ouvre les portes d’un certain vécu, d’une certaine histoire, c’est ça que je recherche. C’est une histoire écrite, qui est ce qu’elle est, et qui va ouvrir les portes de mon imaginaire et de celui qui observe mes images pour en créer une autre.

Il y a toujours quelques risques de partir faire de l’Urbex, quelles précautions prends tu ?
Déjà, je n’explore jamais seule, ensuite, je ne prends jamais de risques inutiles comme monter sur un toit défoncé ou avancer sur un plancher trop pourri. Certains endroits et accès peuvent être dangereux, donc je ne vais pas entrer dans une pièce ou un bâtiment qui ne m’inspire pas confiance. Là encore je marche beaucoup au feeling donc je suis mon instinct pour ne pas me mettre en danger. J’ai été formatrice de sauveteurs secouristes du travail, donc autant dire que je suis assez prudente concernant les situations à risques !

Tu explores plutôt des maisons et châteaux abandonnés que des bâtiments industriels, pourquoi ce choix ?
Comme je le disais plus haut c’est l’humain qui m’intéresse, l’humain d’un point de vue personnel, donc je vais aller au plus proche de ce qui m’interpelle, c’est à dire le résidentiel. L’industriel c’est plus pour le côté graphique des compos et quand la nature vient ajouter sa touche personnelle au tableau, en somme il y a quelque chose de plus esthétique, alors que le résidentiel me propose un terrain de jeu différent. Etant donné que je privilégie les détails aux vues d’ensemble, je vais laisser libre court à mon imagination pour me raconter mon propre récit. L’industriel me touche moins oui, pas parce que je ne m’intéresse pas au patrimoine du pays ou de la région dans lesquels je me trouve, mais simplement parce que les ressentis qui vont se réveiller en moi au moment de ma visite sont totalement différents.

Cela te demande de te déplacer beaucoup, comment t’organises-tu ?
Effectivement ça peut demander une certaine organisation. Quand il s’agit de lieux relativement proches ça va, on tente de regrouper plusieurs visites sur un même périmètre, mais ça peut se jouer sur un week end ou plusieurs jours si on bouge plus loin. Je ne travaille pas en ce moment donc ça facilite considérablement les déplacements. Beaucoup de mes amis vivent loin de mon lieu d’habitation donc la combinaison potes/famille/explo se fait assez fréquemment.

Tu fais également du portrait, peux tu nous parler de ta série “âmes” ?
Toujours et encore l’humain ! La plupart des personnes présentes dans cette galerie sont des connaissances plus ou moins proches. Que ça soit pour des projets un peu barrés ou des commandes plus personnelles, c’est l’intérieur que je tente de révéler dans mes images. Même s’il y a de la mise en scène (peu en général au final), c’est la personne que j’ai devant mon objectif dont je veux parler, je veux dire qui elle est, et pas seulement produire une image que l’un ou l’autre pourra trouver «jolie».

Tu ne fais pas seulement de la photo, tu poses aussi comme modèle, quand, comment et pourquoi as-tu commencé à poser ?
J’ai commencé à poser peu de temps avant de passer plus sérieusement derrière l’objectif. J’avais déjà posé 1 ou 2 fois avant de le rencontrer, mais c’est vraiment mon meilleur ami, le photographe P-Mod, qui m’a encouragé dans les deux voies. Pour faire simple je n’étais pas à l’aise avec moi-même, et paradoxalement j’ai commencé par faire du nu, ce qui m’a réconcilié avec mon corps. J’imagine que j’ai eu besoin d’une mise à nu physique pour ensuite passer à une mise à nu plus personnelle. Puis petit à petit les projets, les envies et les contacts ont évolué, ce qui m’a permis de tester autant des choses plus axées sur les mises en scène, mais aussi la photo «introspective» (pour reprendre le terme de mon ami et photographe This Sweet Little Hush), ou des choses plus classiques.


Crédit photo : P.Mod

Comment choisis-tu les photographes pour qui tu poses ?
On se choisit avec le photographe en général ! Je travaille principalement avec des gens que je connais bien et dont les images me plaisent et me touchent. Je ne cours pas du tout après les collab en vue d’une certaine reconnaissance, je n’ai pas besoin de ça. Si je contacte quelqu’un que je ne connais pas, c’est vraiment parce que les images du photographe me parlent dans un premier temps et dans un second temps si je corresponds à une certaine recherche, et si le projet m’intéresse bien entendu. Il faut que le contact passe, donc la première rencontre est primordiale, et souvent ça ouvre sur une belle complicité qui, pour moi, se ressens automatiquement sur les images.


crédit photo : Grégory Massat

Comme tu nous l’a précisé tu as posé pour des photos dites “introspectives” mais aussi pour des projets beaucoup plus élaborés, que préfères-tu entre les deux et qu’est-ce que les deux t’apportent surtout ?
Au départ j’aimais bien les projets plus élaborés, avec des accessoires et des costumes, sans doute pour me cacher un peu, et petit à petit j’ai eu envie de faire des choses plus personnelles, donc c’est clairement la photo «introspective» vers laquelle je vais me tourner. J’aime bien l’idée de changer d’apparence, mais je trouve une dimension plus éphémère à ce genre de projets. Ce que je cherchais avant tout, c’est parler de moi, de celle que je suis à l’intérieur, en utilisant l’extérieur. Je suis comme ça IRL d’ailleurs, je me présente comme je suis, tant avec mes démons qu’avec mes douceurs et mes joies. Ca peut paraître bateau ou égotiste, j’en suis consciente, mais ça a un côté thérapeutique pour moi dans le sens ou longtemps j’ai porté un masque, dans un souci de toujours paraître sous mon meilleur jour, or maintenant que je m’assume pleinement (ou presque) j’ai envie, pour moi, d’appuyer cette affirmation de soi par le biais de l’image.


Crédit photo : This sweet little Hush (TSLH)

Dans tes portraits je trouve que la douceur côtoie souvent la violence, peux tu nous expliquer ces deux facettes dans ton travail ?
C’est une question très intéressante, et un point que l’on m’a déjà fait remarqué, mais je n’ai pas pu m’empêcher de me demander si tu faisais allusion aux portraits que je fais en tant que voleur d’âmes, ou à ceux où je pose ! Concernant les projets mettant en scène des amis, tout dépend de la demande et de l’intériorité de la personne qui pose, puisque c’est ce que je cherche à évoquer. Concernant les collaborations en tant que modèle, là encore c’est l’intérieur qui parle et le style du photographe ben entendu. Mais dans l’absolu c’est surtout parce que je suis comme ça, c’est à dire emprunte à la fois de douceur et d’une certaine violence, et que j’assume cette dualité. Chacun a sa part d’ombre et sa part de lumière, donc tout dépend de l’état d’esprit dans lequel je me trouve au moment de la séance et de l’envie du moment, si j’ai besoin d’extérioriser quelque chose de plus noir ou de plus lumineux.

Peux-tu nous raconter en détails l’une des séances de la série “âmes” ?
Il y a deux aspects, soit c’est une demande particulière de la part du modèle, soit c’est un projet que je lance. Très fréquemment les projets se font suite à des discussions tout à fait banales et l’envie naît à ce moment là : «tiens je viens de penser à un truc, ça te dirait de faire des images comme ci ou comme ça ?». Du coup je prends quelques notes et je fais des recherches d’images par la suite, je vois avec mes copines maquilleuses si on a besoin d’un coup de main à ce niveau là, puis on se tient au courant des évolutions du projet, en équipe, de visu ou par mail, on fixe un lieu et une date et c’est parti. Dans le cas d’une commande, on se rencontre ou on en cause par mail, je pose le plus de questions possibles au modèle histoire de bien cerner la demande et la personnalité de la personne, ses limites aussi et ses envies. Là encore je vois si on a besoin d’une maquilleuse ou pas, soit le modèle se gère seul(e), soit je m’en occupe, et la suite se déroule de la même façon. Dans les deux cas, je vais toujours tenter de coller à ce que j’ai en tête, tout en respectant la personnalité de celui ou celle qui pose pour moi. Je ne forcerai jamais quelqu’un à faire quelque chose qu’il ou elle ne désire pas faire, mais je tenterai toujours de me rapprocher le plus possible de ce qui me fait envie tout en laissant une part au hasard qui peut parfois générer de belles surprises.

Je sais qu’il y a une photo dont tu es très fière en tant que modèle. Peux tu nous raconter la séance, ce que tu pensais dans ta tête au moment du shoot et quand tu l’a vu pour la première fois accrochée ?

C’est une image faite par Charlotte Aleman, une jeune artiste originaire du sud de la France qui vit à Strasbourg depuis un bon moment. J’avais toujours eu envie de bosser avec elle, on se côtoyait mais je n’osais pas lui demander. Pour cette séance je suis allée la chercher en lui proposant un projet que j’avais en tête, en se voyant on est partie totalement dans une autre direction et j’en suis ravie ! Je ne peux que la qualifier d’artiste étant donné sa démarche et puisque c’est une touche à tout : décors, maquillage, stylisme… Elle fait appel à d’autres mains si elle peut et qu’elles sont disponibles, mais pour cette séance-ci nous étions juste toutes les deux. Elle voulait utiliser ce fond en particulier, avec une certaine lumière, se basant sur des photos existantes, et avait surtout une idée de l’intention que devait avoir le personnage. On a commencé par travailler le maquillage et les accessoires, vu que son choix allait vers un profil, je n’avais qu’un côté maquillé, c’était assez marrant à voir de face, puis elle a peaufiné son fond en peinture et fais quelques essais lumière. Ca m’a paru assez rapide même si on a multiplié les essais pour arriver à ce qu’elle jugeait bien, mais je crois qu’on a du bosser 4h non stop ! Elle me demandait régulièrement si ça allait et s’étonnait de me voir tenir les poses aussi longtemps en m’adaptant à sa demande. Au final elle est partie sur deux images, dont une à inclure dans son exposition qui a lieu en ce moment même au Point Fort, une galerie proche de Strasbourg. La photo y est exposée en grand format et lui a servi de visuel pour les supports de communication de l’exposition, donc autant dire que j’ai été super impressionnée de la voir en grand, trônant parmi ses autres projets et placardé sur les murs de la ville ! Humainement parlant Charlotte est quelqu’un que je respecte énormément, c’est une personne sincère dans ce qu’elle fait, tant au quotidien que dans son travail, sa démarche est complète et sincère, elle colle à ce qu’elle est au fond, et ne se contente pas de faire du «joli», elle vit ses images et s’implique entièrement dans les projets qu’elle développe, donc oui, je suis ultra fière de cette image et surtout d’avoir appris à la connaître par le biais de ce projet.
Le site de Charlotte : charlottealeman.com

Qu’est ce que la photo représente dans ta vie ? Et comment la vis tu ?
Même si je ne suis pas forcément régulière dans ma pratique et que je mets un temps fou à traiter mes images, la photo est très importante dans ma vie, elle me sert de soupape de décompression. J’ai beaucoup dessiné étant en école d’art, j’écris un peu aussi, mais la photo est le seul support où je me sens totalement libre de raconter et de capter ce que je veux. Mon pseudo vient de Mnemosyne, la déesse de la mémoire, et la photo vient appuyer cette idée de mémoire et de racine qui fait partie intégrante de ma vie.


Crédit photo : David Charlec (Sharlek)

Une anecdote d’urbex à nous raconter ? (ou plusieurs ^^)
Haha, oui quelques unes, entre les parties de cache-cache avec les gardiens ou les proprios, les animaux que l’on croise, les frayeurs inutiles ou les entrées difficiles alors qu’il y en avait de toutes simples ! Mais celle qui me vient en tête date d’il y a un peu moins d’un an. Nous étions en sortie au Bénélux avec deux potes, dans une vieille casse de véhicules militaires dans un village paumé. Après avoir tranquillement fait une bonne série de photos, le véhicule du gardien passe, nous nous cachons dans les buissons, et une fois le calme revenu nous continuons. Je discutais tranquillement avec l’un des deux pendant que le troisième continuait ses images, et s’arrêtant d’un coup nous dit tout sourire «oh le con il a un fusil !». Ne sachant pas si c’était du lard ou du cochon on se regarde interrogateurs jusqu’à entendre des détonations successives ! On s’est étalé sur le sol pendant que le gardien se rapprochait de nous tout rouge de colère, tout en tirant en l’air. Evidemment on a pris la poudre d’escampette, non sans rire, accompagné de son petit chien qui trottinait à côté de nous, le gardien le rappelant, désespéré de constater qu’il nous suivait. Il nous a raccompagné au pas de course jusqu’au bout du chemin et nous sommes partis vers une autre friche. Ca fait quand même bizarre d’entendre des coups de feu d’aussi près !

Merci Elo !

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  • Il y a 2 semaines 5 jours
    Ellhege E.

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