Interview

Laure Agneray

Recevez votre formation Photoshop

offerte en créant votre compte F/1.4 rien qu'à vous

8 Minutes

Exifs

Nom / AGNERAY Laure
Pseudo / Un peu d’intimité quand même… !
Age / On ne demande jamais l’âge d’une femme de 42 ans
Situation familiale / 3 enfants, mariée… ou presque
Localisation IRL / Wimereux - France

Style de photo / Portrait avant tout mais la passion n’a pas de frontière
Date de début de photo / 2003
Apprentissage / Autodidacte
Statut / AE
Date de début d’activité / Novembre 2014

Photographe préféré / Sebastiao Salgado s’il me faut en citer un… mais bien d’autres encore
Chanson préférée / Stay awake de London Grammar
Film préféré / Pour Elle
Livre préféré / Le zèbre
Citation préférée / «Pour vivre heureux vivons cachés»
Région préférée / La France possède tellement de paysages variés… J’aime la côte d’opale où je vis…
Gourmandise préférée / Une bouchée Suchard

Une journée type en 5 mots / Les journées type n’existent pas avec 3 enfants, aucune ne se ressemble et tant mieux. La seule chose : l’appareil photo est toujours à portée de main…

Appareil photo / Canon 1DX Objectif 85 1.2 la plupart du temps
Logiciels / Photoshop, Silver FX Pro

Laure Agneray

A l’origine tu es graphiste et la photo fait partie de ta vie depuis une dizaine d’années, contrairement à de nombreux graphistes qui abordent la photo tu ne présentes pas de travail de montage ou de composition. Était-ce un parti pris dès le départ ?
A l’époque où j’exerçais le métier de graphiste, j’ai souvent composé des images pour des couvertures de magazines. La retouche et la composition peuvent prendre beaucoup de temps pour finalement s’éloigner du visuel de base, on entre alors dans un processus de créativité où l’objectif premier est de rendre l’image conforme aux exigences commerciales.
En tant que photographe, j’avais besoin de me rapprocher d’une vérité, sans artifice, c’est pour cela que dès le départ j’ai eu envie de montrer des choses proches de la réalité, conformes cette fois-ci à ma vision du Monde.

Tu as commencé la photo avec une volonté dès le départ de maîtriser le message transmis et l’émotion que tu voulais laisser passer, peux-tu nous en dire plus ?
La Sensibilité reste le maître mot de mon identité, la photographie est ma plus belle forme d’expression, elle remplace mes mots, elle symbolise ma philosophie, elle doit rester fidèle à ce que je suis, à ce que je perçois et ressens en tant qu’être humain.

Si on parcourt rapidement tes photos on pourrait croire à de simples photos de famille. Or, dès qu’on s’arrête sur les titres on comprend que les sujets abordés sont beaucoup moins futiles. Tes titres sont-ils à l’origine de la photo ou viennent-ils après la prise de vue ?
Bien évidemment, le thème de l’enfance est courant mais tout dépend de sa profondeur, J’avais en tête depuis longtemps de réaliser un livre sur la protection de l’enfance où le lecteur pourrait s’identifier, pas seulement un ouvrage dédié aux parents mais aussi pour sensibiliser une majorité de personnes sur l’importance de cette cause.
Mes priorités étaient alors de pouvoir capturer cette abondance de sentiments tout en gardant une vision positive. J’ai dans l’idée qu’il est meilleur de sustenter notre esprit par du positif; C’est toujours avec une note d’espoir et de douceur que j’essaye de représenter aussi bien, le bonheur, la crainte, la fragilité, la confiance, la peur…
Les prises de vues naissent d’abord d’une perception émotionnelle. Les titres n’arrivent qu’après avoir découvert et décrypté les images, je laisse les photos me parler….et chaque image recèle son message.

Tes dernières actualités sont riches en émotion, entre la sortie de ton livre et les deux prix remportés à Menton, est-ce que cela te donne un sentiment de travail accompli ou une envie de continuer à te dépasser ?
De nature très pudique, il m’a fallut beaucoup de temps pour partager mon travail et afficher cette sensibilité. Alors, la plus belle des satisfactions est d’avoir réussi à émouvoir le public et les lecteurs, un vrai sentiment de partage et de compréhension est né.
Cela me conforte dans l’idée de rester sur cette trajectoire, avec justesse et surtout sans compromis.
Effectivement, avec ces deux prix remportés, et l’engouement pour le Livre «Confiance et Rêves Éveillés» j’ai le sentiment que le travail est accompli, cela engendre également l’envie de continuer et de se dépasser.

Ton travail photographique tourne autour de tes enfants. En quoi entrent-elles en résonance chez toi ? Quel besoin ressens-tu lorsque tu prends et sélectionnes ces photos ?
Ce premier travail photographique révélé au public n’est pas anodin, mon parcours pour donner naissance à mes 3 enfants a été tumultueux et a laissé quelques blessures qu’il me fallait cicatriser. J’ai donc eu besoin de réaliser, comprendre que j’étais enfin devenue Maman en immortalisant des instants de vie, toujours dans le soucis permanent de protéger ce que la Vie m’avait donné, un peu comme une thérapie.
Ensuite le côté artistique est venu s’associer, soulignant l’esthétisme et la beauté naturelle.
La sélection, quant à elle, se résume à une harmonie entre la technique et l’émotion, c’est une symbiose de composants qui retient mon attention.

Mets-tu en scène ces photos ou sont-elles le résultat de la vie de tous les jours ? Quelle importance donnes-tu à l’authenticité des scènes ? Peux-tu expliquer l’histoire d’une de tes photos ?
Je ne mets pas en scène puisque dans ce thème, l’enfant évolue dans son environnement entouré d’objets familiers. Je prends juste le temps d’arranger ce «terrain de jeux» qui prend vie rapidement. Mais pour «capter» ces instants il ne faut en aucun cas perturber le spectacle qui s’offre à vous, auquel cas vous perdez toute l’authenticité, synonyme de vérité.
Bien sûr, chaque photo a son histoire mais il y en a une précisément dont j’aimerais parler :
Un jour, alors que je faisais discrètement quelques photos de mes 2 plus jeunes enfants, le plus grand, âgé de 11 ans, devenu plus solitaire est venu nous rejoindre. Il s’est prêté alors au jeu, se créant à son tour un univers qui lui ressemble : il savait ce que je recherchais.
Après avoir réussi à capter mon attention, il s’est levé et m’a dit: «Maman, j’aime faire des photos avec toi».
Cette phrase a fait écho à mon enfance et m’a rappelé combien il était difficile de grandir, on se trouve balancé entre un fort désir d’indépendance et un besoin perpétuel d’être rassuré. Tout simplement en quête d’existence…

Travailler sur l’enfance a t-elle été une évidence dès le début et penses-tu t’exprimer avec un autre sujet par la suite ?
Oui une évidence, parce que j’avais sous les yeux ce morceau de vie que nous avons tous traversé. Je sais que ce passage est crucial dans la vie d’un être humain, c’est à ce moment que vous consolidez votre entité, vous vous nourrissez de ce qui vous entoure, ces années peuvent être à la fois constructives ou destructrices pour l’avenir. L’humain me passionne, chaque vie, chaque visage est capable, selon son passé ou son présent, de vous emmener avec lui, il faut cependant établir une relation de confiance, c’est essentiel pour que le sujet s’ouvre à vous sans nuance. J’accorde beaucoup d’importance à cet échange avant de commencer à photographier, voilà pourquoi je prends mon temps.
Je travaille déjà depuis quelques temps sur un sujet aux antipodes de l’enfance, mais qui finalement est très proche… et puis il y a des propositions qui restent à l’état de réflexion pour le moment et encore bien d’autres sujets en tête pour 2015.
J’avance pas à pas pour ne pas m’égarer. Une chose est certaine : je suis attirée par des sujets porteurs d’émotion et mon travail s’oriente pour le moment dans cette direction. Je ne dévoile mes images qu’après une période d’analyse ce qui me permet de travailler en profondeur sur le sujet et de pouvoir poser les mots lorsque je présente un travail.

Tu nous racontes une réaction de ton fils aîné lors d’une des séances, peux-tu nous en dire plus sur les réactions de tes enfants par rapport à ton travail ? Leur as-tu expliquer le message que tu voulais diffuser ?
A leurs âges, ils ne perçoivent pas la photographie comme moi, mais ils savent pourquoi j’ai voulu faire ce Livre et il leur faudra encore un peu de maturité pour vraiment considérer ce livre comme le messager de mes pensées.
J’ai voulu vraiment les impliquer jusqu’au bout dans la réalisation de «Confiance et Rêves Éveillés» en les emmenant à l’imprimerie le jour de l’impression. Ce jour-là, ils avaient les yeux écarquillés. Ils ne savent pas à quel point cette journée fut fantastique pour moi. Plus tard, en y repensant ils prendront conscience de l’intensité du moment.
Quelques jours après la réception de l’Ouvrage, j’ai compris qu’il avait déjà laissé une trace dans leur cœur.
Lors d’une promenade en bord de mer, mon fils de 6 ans a trouvé un gros galet en forme de cœur sur la plage, il s’est précipité vers moi et m’a dit : «Tiens Maman, c’est pour toi». Alors je lui ai demandé pourquoi il m’offrait ce galet, il m’a répondu : « C’est pour te dire Merci pour ton Livre» ! Imaginez ce que j’ai pu ressentir, il n’a que 6 ans…

Comment s’est fait la sélection de tes photos pour le livre, tu as pris seule les décisions ou tu as eu besoin à un moment ou un autre d’un regard extérieur ?
Pour la sélection j’ai imprimé 150 Photos d’une pré-sélection. Je me suis créé un Univers à l’écart dans mon bureau pour m’imprégner du contexte.
J’ai collé sur tous les murs ces 150 photos en les regroupant selon ce qu’elles évoquaient pour moi.
Ensuite, j’ai fait une seconde sélection en fonction de leur qualité artistique et des contraintes de mise en page.
Eh oui, il m’a fallu forcément faire des choix, pas toujours simples. Alors il est vrai que parfois le doute ou l’incertitude vous gagnent, et là, j’ai eu recours à mon entourage qui m’a apporté un regard différent qu’il faut considérer.
Finalement, le plus compliqué est de prendre en compte l’avis extérieur mais aussi de rester en adéquation avec votre vison !

Ta citation préférée est “Pour vivre heureux, vivons cachés” mais tu sors un livre de photos de famille ! Pas trop difficile de mettre un peu de sa vie privée à la vue de tout le monde ?
C’est paradoxal, c’est vrai mais comme je l’ai dit il m’a fallu beaucoup de temps pour dévoiler….
Quand j’ai commencé la réalisation du Livre Confiance et Rêves Éveillés, j’ai dû privilégier mon regard de Photographe et occulter celui de la Maman face à ses enfants. Il était impératif que je me détache affectivement des personnages photographiés pour prélever un message universel. Je devais prendre la place du lecteur qui, lui, ne devait pas voir le livre comme un album de famille mais comme un symbole de l’Enfance où chacun pouvait s’identifier aux personnages. Je devais rester la plus objective possible.
L’idée était de faire voyager le lecteur à travers ses propres souvenirs tout en percevant ce monde qui oscille entre beauté et fragilité, que l’on se doit de protéger.
C’est pour cela que j’ai le sentiment de partager une philosophie à travers ce livre plutôt que ma vie privée. Si je n’avais réussi à prendre ce recul je ne l’aurais pas fait……« pour vivre heureux vivons cachés» :)

Merci Laure !
(on retrouvera bientôt Laure pour une interview consacrée à l’auto-édition )

Actualités

Laure a édité un premier livre que vous pouvez retrouver sur le site de sa maison d’édition : www. editionsmarthefernand.com

Interview Laure Agneray
Interview Laure Agneray
Interview Laure Agneray
Interview Laure Agneray
Interview Laure Agneray
Interview Laure Agneray
Interview Laure Agneray
Interview Laure Agneray
Interview Laure Agneray
Interview Laure Agneray
Interview Laure Agneray

Comments

Votre adresse IP : 54.234.190.237

S'inscrire

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici !

Réinitialisation de mot de passe

Connectez-vous ici !