Interview

Olivier Remualdo

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11 Minutes

Exifs

Nom / Olivier REMUALDO
Age / 37 ans
Situation familiale / En couple
Localisation IRL / Nice - Cannes

Style de photo / Portrait pour la série présentée mais aussi reportage pour mes séries personnelles. Architecture, décoration, corporate et gastronomie pour mes travaux commerciaux
Date de début de photo / Aussi loin que je me souvienne, depuis l’enfance … J’ai eu mon premier appareil, un compact canon lors de ma communion. Première expérience de labo noir et blanc vers 14 ans.
Apprentissage / Je me définis comme un autodidacte – Je suis néanmoins passé par Paris VIII histoire de découvrir la photographie contemporaine… (DEUG Arts plastiques)
Statut / Pro – Auteur Photographe (Agessa)
Date de début d’activité / Assujetti à l’Agessa depuis 2005 – Je vis de mon métier de photographe depuis 2011 (affiliation à l’Agessa).

Photographe préféré / Je pense que ma première gifle photographique a été la découverte du travail de Michael Ackerman sur Bénarès : « End Time City ». Pour en citer d’autres il y a le travail de Fazal Sheikh sur les veuves de Vrindavan, « Le Don » de Giorgia Fiorio, les travaux de Pieter Hugo sur l’Afrique, les portraits au daguerréotype de Quinn Jacobson, l’étrange japon de Daido Moriyama et bien entendu la série « In the American West » de Richard Avedon…
Chanson préférée / Tant que je ne suis pas obligé de chanter… comme cette fois où j’ai dû interpréter « La Vie en Rose » sur fond de mauvaise techno devant plus de 500 indiens ! ☺ J’aime la musique en général et je n’ai pas particulièrement de chanson préférée. Je vais plutôt faire dans la reprise car il est bon de s’inspirer dans tout ce que nous faisons… Donc : « Hallelujah » de Leonard Cohen repris par Jeff Buckley.
Film préféré / J’en regarde souvent mais je préférerais parler d’un court métrage génial : « Validation » de Kurt Kuenne. Et le lien, c’est cadeau ;-) : youtu.be/Cbk980jV7Ao
Livre préféré / En roman, j’avais adoré « Kafka sur le rivage » et « Les Chroniques de l’oiseau à ressort » d’Haruki Murakami et « Shantaram » de Gregory David Roberts. Dans mes voyages, ou ici même, les livres de Jiddu Krishnamurti, un extraordinaire penseur indien, m’ont souvent accompagné. Et pour finir, un livre très utile aux photographes que j’ai lu lors de mon premier voyage en Inde : « Le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc » d’Eugen Herrigel. Soit, l’art d’atteindre sa cible sans viser.
Citation préférée / Une citation de Jim Jarmusch sur l’inspiration : “Nothing is original. Steal from anywhere that resonates with inspiration or fuels your imagination. Devour old films, new films, music, books, paintings, photographs, poems, dreams, random conversations, architecture, bridges, street signs, trees, clouds, bodies of water, light and shadows. Select only things to steal from that speak directly to your soul. If you do this, your work (and theft) will be authentic. Authenticity is invaluable ; originality is non-existent. And don’t bother concealing your thievery — celebrate it if you feel like it. In any case, always remember what Jean-Luc Godard said : “It’s not where you take things from — it’s where you take them to.»
« Avec ses quatre dromadaires
Don Pedro d’Alfaroubeira
Courut le monde et l’admira.
Il fit ce que je voudrais faire
Si j’avais quatre dromadaires. »

Guillaume Apollinaire
Région préférée / Vallée du Gange et Himalaya. Sans oublier le pas de ma porte… Gourmandise préférée / Vous êtes bien renseignés chez F1.4 ! Qui vous a dit que j’étais gourmand ? Je dirais les sweets indiens à base de lait, histoire de rester dans le thème ! On en trouve aux noix de cajou, de pistache, d’amande, cardamome, etc…

Une journée type en 5 mots / 
En France / Rencontres / Prises de vues / course contre la montre / Café, Café, Café / Editing et retouches.
En Inde / Rencontres / Prendre le temps (regarder couler le Gange ou traverser le pays à 30km/h) / Chaï, Chaï, Chaï (thé au lait) / Accepter de lâcher prise / Faire l’image le moment venu, ou pas…

Appareil photo / Reportage : Nikon D700 / Archi : Nikon D800. La gamme optique Nikon : zooms pros du 14mm au 200mm. Mes optiques préférées : les focales fixes et particulièrement le 50mm F1,4D (peut-être bientôt le 85mm F1,4D pour remplacer la version 1.8). Pour le projet Sâdhus j’ai utilisé un combo imbattable pour son rapport qualité prix : Nikon D300 + 50mm F1,4. Mon Leica M6 dont je ne me séparerai jamais avec un 35mm F2 Summicron. Rollei 35 Tessar 3,5/40
Logiciel / Lightroom et Photoshop

Olivier Remualdo

Quelle part a pris le projet Sâdhus dans ton travail de photographe ces dernières années ? Quelles en ont été les différentes étapes ?
Il y a beaucoup à dire…
J’ai débuté le projet Sâdhus en février 2009 avec mon ami photographe JC Ecrement. C’est l’histoire de deux potes qui veulent faire une petite série ensemble. Nous buvions un chaï assis sur les ghâts de Bénarès cherchant une idée. C’est à cet instant qu’un Sâdhus passe devant nous… L’histoire a commencé aussi simplement que ça et les premières prises de vues ont été réalisées en quelques jours ! En novembre 2009, le projet a été primé « Grand Prize Winner » au concours Best Blurb Book Contest à San Francisco. Il y avait près de 1800 participants dans la catégorie voyage ! Ce prix a été un incroyable encouragement à poursuivre le travail, c’est là que l’idée du livre s’est imposée.
Nous décidons de repartir pour le plus grand rassemblement religieux au monde, la Kumbh Mela, en février 2010 à Haridwar. J’étais en Inde quand j’ai appris que Jean-Charles devait renoncer au voyage pour raisons personnelles. Heureusement, un autre ami, devait nous rejoindre. C’est grâce à sa venue que j’ai pu continuer le projet dans de bonnes conditions.
A mon retour en France, j’ai beaucoup de travail et je ne m’attaque pas de suite à la nouvelle maquette. J’expose dans le cadre du Sept Off de la photographie à Nice : le projet « Sâdhus » y est récompensé par le prix Lucien Clergue.
Finalement je retourne en Inde en février 2011. Le monde des Sâdhus étant assez complexe, j’ai à cœur de savoir de quoi je parle et de représenter en images les différentes confréries. Destination Omkareshwar afin de compléter la série. Cette fois-ci les prises de vues dureront environ deux semaines.
En Mai-Juin de cette même année je m’attache à la réalisation d’un autre voyage lié au projet Sâdhus : une marche de plus de 600km à pieds dans l’Himalaya, de Rishikesh aux sources du Gange. Je suis parti en solitaire, j’ai voyagé seul ou avec des Sâdhus ! J’avais à cœur de me déplacer à leur manière en réalisant le yatra, le pèlerinage traditionnel. Je voulais mieux les connaître mais aussi me lancer un petit défi personnel.
Au retour de cette aventure, je décide de me donner les moyens de sortir le livre après d’infructueuses recherches d’éditeur. Je tiens également à concrétiser deux grands projets d’expo tout en développant mon activité commerciale afin de pouvoir enfin vivre de la photo. Cette étape a été accompagnée de grands changements. Je débute également mes street exhibition du projet Sâdhus (Paris, Perpignan, Arles, festival de Cannes, Berlin, Inde…).

En février 2012 j’expose les Sâdhus à Paris à l’Espace Pierre Cardin. Dans l’été je réalise un grand projet pour la ville de Cannes « Vive (la) République ! » : des portraits d’habitants d’un quartier populaire Cannois. A la clef, l’édition de mon premier livre et une exposition XXL (20 dibonds de 2m de haut et des bâches en 7m x 3m tendues entre les immeubles). Je mets de l’argent de côté tout au long de l’année 2012.

En février 2013, je repars en Inde afin de réfléchir à mon projet d’édition et de préparer la souscription en financement participatif. C’est une étape très importante : je décide de changer le format du livre et de me mettre à l’écriture. La souscription est lancée en mai-juin 2013. J’atteins mon objectif de collecte en 10 jours pour finir à 204% de celui-ci. A cela s’ajoute les souscriptions directes, ce qui me permet de choisir un imprimeur français spécialisé en photo : l’imprimerie Escourbiac.
Entre juillet et septembre, les textes sont écrits puis traduits en anglais et la maquette, finalisée. Le livre est imprimé en octobre 2013 et les premiers exemplaires sont livrés durant le salon de la photo de Paris où j’expose sur le stand du magazine Compétence Photo. Je me démène afin de distribuer le livre avant Noël et pour que la presse en parle. J’organise de nombreuses rencontres et signatures. Je participe à des salons et des festivals tout au long de l’année.
En novembre 2014, il ne me reste plus que 15 à 20% des 1200 exemplaires, dont une partie en librairie et j’expose au Musée des Arts asiatiques de Nice dans une salle magnifique dédiée à la statuaire Bouddhique.
Finalement le travail de prises de vues réparti sur trois années a été assez court. Un mois et demi cumulés tout au plus ! Le plus long aura été de développer mon réseau et mes moyens afin de donner un avenir au projet. L’investissement aura été total au cours de ces trois dernières années.

Est-il difficile de faire poser les Sadhus ? Quelle a été ta méthode pour les convaincre de participer à ton projet ?
Je leur explique tout simplement ma démarche. J’ai passé près de deux ans en Inde et je baragouine l’Hindi : je leur dis que nous n’avons pas de Sâdhus en France et qu’il me tient à cœur de parler d’eux dans mon pays. Dès le deuxième voyage, je leur ai même promis de faire un livre, c’est peut-être pour cela que j’ai mis tant d’abnégation dans le projet. Sinon, je privilégie toujours la rencontre et je ne force jamais une photo. Mon approche est tout de même intrusive puisque le sujet pose devant un fond que je dois installer derrière lui. Si je les photographie, c’est qu’ils sont d’accord. Ils ont d’ailleurs accepté dans la grande majorité des cas. La seule chose que je demande véritablement en retour, c’est leur présence.

Pourquoi aimes-tu tant l’Inde ? Qu’y as-tu trouvé ? Qu’est-ce qui t’y fait retourner ?
Lorsque je suis allé en Inde pour la première fois, il y a dix ans, je suis parti seul avec un sac à dos pour deux mois. J’ai changé deux fois mon billet retour et une fois mon visa pour y rester aussi longtemps que possible, soit six au total ! Aujourd’hui, j’en suis à huit séjours et près de 2 années passées en Inde : c’est une véritable histoire d’amour ! Plus jeune, je voulais être grand voyageur. J’ai plutôt failli finir expatrié ! Pour moi l’Inde est une synthèse de l’humanité : on y trouve certes le pire mais surtout le meilleur !

Le retour en France n’est-il pas trop dur à chaque fois? Comment as-tu abordé l’expérience plus mystique de la prise de vue et l’expérience plus terre à terre de la concrétisation en livre du projet?
Le retour a surtout posé un problème à l’issue du premier voyage. Quelque chose avait changé en moi, je ne voyais plus notre société du même œil et je me souviens avoir mis plusieurs mois à me ressaisir… Par la suite, j’étais vraiment heureux de rentrer à chaque fois. Je pense que l’essentiel est dans le partage. J’ai eu la chance de vivre en Inde de belles aventures que je partage au retour du voyage avec énormément de bonheur.
Lors des prises de vues, j’ai développé un petit rituel personnel avec une approche très méditative et présente. Les Sâdhus sont des mystiques contemporains. Il m’est arrivé tellement d’histoires incroyables avec eux et dans le projet que je suis en droit de me poser des questions… Néanmoins, je garde les pieds sur terre ! L’expérience du livre a été un réel parcours initiatique au même titre que les voyages. Je ne fais pas vraiment de différence entre les deux, je pense que tout est lié !

Peux-tu nous parler de ton travail de photographe en dehors du projet Sâdhus ?
Le projet Sâdhus a pris tellement de place, de temps et de moyens que je n’ai pas été très productif sur d’autres séries ces dernières années. J’ai fait le choix assumé de me donner les moyens afin de faire exister un projet auquel je crois, plutôt que de multiplier les séries et de ne pas en faire grand-chose. La photo commerciale a monopolisé le reste du temps disponible. Comme je suis un perfectionniste, je passe beaucoup de temps pour travailler le rendu en post prod.
Il y a tout de même eu plusieurs autres séries que je considère comme personnelles :
- « Street Masala » — Portraits de buveurs de thé dans les rues de Benares
- « Vive (la) République ! » : Le portrait d’un quartier cannois au travers de celui de ses habitants. — Quelques autres débuts de série et des autoportraits.

Est-il facile de faire encore de la photo “commerciale” quand on a vécu une telle expérience ?
Justement, j’ai fait évoluer ma vision des choses. Au retour de ma marche dans l’Himalaya, j’avais vraiment besoin de gagner ma vie. J’ai compris qu’en étant moi-même et en faisant les choses avec mon cœur tout devenait plus facile. Exit le costume du prestataire dans lequel je me sentais mal à l’aise ! Mes photos ont été meilleures et j’ai même lié quelques belles relations parmi mes clients, au demeurant satisfaits de mon travail !

Peux-tu nous raconter l’histoire du portrait qui t’a le plus touché à faire ?
Il y a eu beaucoup de belles rencontres tout au long du projet et plusieurs mériteraient d’être évoquées !

Voici une histoire extraite du livre : « Dharam Puri Maharaj Nâga Sâdhu — confrérie des Avahan Akhara — originaire de Nangloi (Delhi).
Je rencontre Dharam Puri Maharaj à Varanasi en 2009. Installé sous les arcades d’un temple, il converse et fume le shilom avec des brahmanes de passage. Invité à me joindre au cercle, je passe l’un des plus singuliers moments de ce premier voyage dédié aux sâdhus… Un an plus tard, le jour où je débute mes prises de vues à la Kumbh Mela d’Haridwar, je me retrouve face à lui. La ville sainte est alors submergée par des millions de pèlerins et d’ascètes. Dharam Puri Maharaj me reconnaît, accepte de poser à nouveau et m’invite dans sa tente pour le lendemain. C’est très en retard que je pars pour ce rendez-vous. Je marche quelques kilomètres le long du Gange pour arriver à l’entrée d’un gigantesque campement. Il faut alors choisir entre plusieurs chemins de terre battue. Je prends l’un d’entre eux au hasard et fait de même aux intersections suivantes. J’atteins finalement un pont flottant qui enjambe l’un des bras du Gange. En m’engageant, j’aperçois un groupe de personnes venant de la rive opposée. Lorsque je distingue les visages, j’ai un frisson en constatant que Dharam Puri Maharaj marche en tête de ce petit cortège… Nos chemins se croisent au beau milieu du fleuve.
Enfin, en février 2013, je pars à la Maha Kumbh Mela d’Allahabad. A peine arrivé, un violent orage inonde le campement et détruit de nombreuses tentes. Accueilli de la sorte par les dieux de l’Inde, je me résigne à partir pour Varanasi. La ville de Shiva m’offre un déluge nocturne en guise de bienvenue et j’ai bien du mal à trouver un refuge pour la nuit. Le lendemain matin, sans en connaître la raison, je commence ma journée par une marche le long des ghâts. En arrivant sur le lieu de notre première rencontre je ne le vois pas près du dhuni, le feu sacré qu‘entretiennent les sâdhus. Je décide alors de prendre la direction du marché. A peine ai-je monté les escaliers qui y mènent que je sens une main sur mon épaule. Je me retourne, Dharam Puri Maharaj se tient face à moi, souriant, dans son éternel habit de cendres blanches.
C’est comme si, à chaque fois, nous avions rendez-vous… » Extrait du livre de photographie « SÂDHUS — Les hommes Saints de l’Hindouisme » d’Olivier Remualdo REMUALDO

Merci Olivier !

(on retrouvera bientôt Oliver pour une interview consacrée à l’auto-édition )

Actualités

Expositions : Musée des Arts asiatiques de Nice : du 17 octobre 2014 au 5 janvier 2015
Galerie Darkroom à Nice : du 4 Février au 3 mai 2015

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Interview Olivier Remualdo
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  • Il y a 1 mois 6 jours
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