Interview

Philippe Ordioni

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8 Minutes

Exifs

Nom / Ordioni Philippe
Age / 55 ans
Situation familiale / Marié, deux grands enfants !
Localisation IRL / Aubagne, France

Style de photo / Portrait
Date de début de photo / En 1979, mon premier reflex était un Canon AE1 (que j’ai toujours)
Apprentissage / Autodidacte
Statut / Amateur
Photographe préféré / Je vais en citer 3 qui m’ont particulièrement marqué : Diane Arbus et Anders Petersen pour leurs regards sur les personnes hors-normes et Joel Peter Witkin pour ses mises en scènes ambiguës et baroques autour des thèmes de l’étrange et du morbide
Chanson préférée / Une chanson de Lou Reed au hasard, ça m’ira très bien !
Film préféré / Pas forcément mon film préféré (il y en a trop), mais un film que j’ai vu récemment : « Valhala rising » de Nicolas Winding avec Madds Mikkelsen, ce dernier, par son charisme, m’a fait penser à Klaus Kinski dans « Aguirre, la colère de dieu»
Livre préféré / Là aussi pas forcement mon préféré mais un livre qui m’a marqué : 1984 de George Orwell avec ce slogan qui reste d’actualité : Big Brother is watching you !
Citation préférée / Je n’ai pas la mémoire pour les citations…
Région préférée / Pas trop loin de la mer…
Gourmandise préférée / Tout ce qui est sucré

Une journée type en 5 mots / Préparation, essayages, maquillage, poses, pause, poses, pause, poses, pause, poses, pause…

Appareil photo / Canon 5D Mark 2 — objectifs : 100 macro 2.8 L. 70-200 IS F2.8 L. 28-105 F4 L. Flashs : 2x500W Bowens. Speedlite580exII
Logiciels / Aperture, Silver efect, Photoshop

Philippe Ordioni

Avant d’aborder plus en détail certaines de tes séries, tes portraits me donnent l’impression que tu cherches chez les gens avant tout leur part d’étrangeté et de singularité, tu emmènes tes modèles dans ton univers mais en gardant leur particularité, peux tu nous en dire en plus de ta relation avec les modèles que tu choisis ?
La plupart du temps, les personnes qui posent pour moi me connaissent et apprécient mes photos. Je n’ai pas de critère de choix esthétique ou d’âge, l’important étant l’investissement personnel et l’envie de faire partie d’un univers. Avant chaque séance, il faut tout de même prendre le temps d’expliquer le projet, et puis, il y a les essayages, le maquillage… J’ai la chance de travailler en collaboration avec ma fille Claire qui participe à l’élaboration des séries « Baroques », prépare et maquille les modèles. Lors des prises de vues, tout en proposant des images que j’ai en tête, je laisse évoluer les modèles qui doivent se sentir en sécurité, c’est à dire à la fois libres et guidés. Avec ce rapport de confiance qui s’instaure, ils sont capables de se dépasser tout en gardant leur propre identité. L’important c’est la justesse, ils doivent puiser dans leurs ressources sans « surjouer ». C’est à moi de sentir dans quelle direction la séance doit évoluer selon la personnalité de chacune ou chacun.

Toutes tes séries mélangent l’absurde et le surréalisme, elles abordent des thématiques différentes, mais est-ce que je me trompe en trouvant que le fil rouge de tout ton travail c’est une défense absolue de la liberté d’expression ?
Pas forcément, du moins pas sous forme de militantisme. J’utilise simplement le droit à la liberté d’expression comme un acquis inébranlable. Mon fil rouge serait plutôt une mise en lumière de ce qui est en marge. Vous savez, ce qui fait peur ou dérange parce qu’un peu trop hors-norme ou différent … avec une dose d’absurde en effet car ce qui est contraire à la raison peut donner à réfléchir quand il s’agit de surréalisme et non plus, d’ordre établi.

Tu mélanges systématiquement des références et des ambiances “anciennes” à des références futuristes, pour exemple tes séries “Ancêtres futurs” et “ Humanoïd Spirit”, pourquoi ce besoin d’intemporalité ?
Le passé pour les racines et les bases, le futur pour l’imaginaire et l’aspect visionnaire, le présent pour la matière et l’actualité. Si les séries baroques donnent un sentiment d’intemporalité, il n’en reste pas moins qu’il s’agit aussi d’un simulacre du monde actuel, une façon de parler des difficultés à se trouver, s’accepter, s’imposer. Les portraits étant imaginés sous forme de fiction, en navigant dans un espace temps indéfini, en abolissant les frontières du temps, je peux combiner tous ces éléments et créer mon propre univers. L’univers étant vraisemblablement infini, je devrais avoir encore d’autres séries à réaliser ! Concernant « Ancêtres futurs », j’ai du mal à faire abstraction du passé car les premiers portraits qui m’ont marqué sont ceux de mes ancêtres. Austères et dignes dans leurs habits du dimanche… on réalise bien, encore aujourd’hui, à quel point l’acte de poser était important pour eux. J’ai donc photographié des membres de ma famille en me référant à ces postures solennelles mais toujours dans un esprit de fiction.

Pour tes dernières séries abordant des portraits baroques tu collabores avec ta fille, Claire, qui s’occupe des maquillages et de la recherche d’accessoires, comment est venu cette envie de travailler ensemble ?
Nous n’en sommes pas à notre première collaboration artistique. Après avoir monté une pièce de théâtre basée sur des textes extraits de romans de science fiction, nous avons écrit un scénario de court métrage de SF en imaginant un futur où les gens seraient dépossédés de leur humanité, où ils n’auraient pas eu d’autre choix que de sombrer dans une folie douce, essayant de retrouver une dignité à leur manière. Les « Portraits baroques » sont nés d’une recherche de personnages de ce scénario. Claire qui, en effet, maquille les modèles et m’assiste lors des prises de vues a contribué à créer cet univers dans lequel nous nous retrouvons complètement en phase !

Ton travail sur les portraits baroques s’est fait en plusieurs étapes et est décomposé en plusieurs séries, c’était quelque chose de prévu dès le départ ou tu te laisses porter par le sujet ?
Depuis la première série « portraits baroques » les personnages ont évolué. Les idées viennent au fil du temps et des séances, certaines thématiques différentes demandent à être creusées et déclinées sous une autre forme avec une ambiance qui corresponde mieux au propos.

Tu fais référence à plusieurs univers en passant du cinéma expressionnisme allemand (je ne peux m’empêcher d’y retrouver “Le cabinet du docteur Caligari” ou “Métropolis”) aux films aussi de Caro et Jeunet, quelles sont tes autres sources d’inspiration ?
Oui, si on prend des références cinématographiques, on retrouve en effet dans mes séries une similitude (dans l’esthétique ou le propos) avec des films comme « Le cabinet du docteur Caligari » ou « Métropolis ». Films muets aux mises en scène théâtralisées où tout était pensé (lumière, décors) pour le n&b avec une bonne dose de fantastique. Et comme dans ces films, les photos aussi sont muettes, mais elles doivent pourtant raconter une histoire. C’est au spectateur de l’imaginer…Caro et Jeunet, c’est entre autre pour l’esprit Steam punk. Pour certaines photos, j’essaie aussi d’imaginer la force d’un portrait de Caravage croisée avec la froideur et l’aspect futuriste d’un dessin d’Enki Bilal… Mais ce sont des références, des repères. La source d’inspiration, je la trouve dans ma vie, autour de moi, dans l’actualité… On dit souvent, qu’un chien ressemble à son maître, je pense que c’est un peu vrai aussi pour un photographe et ses photos. Je dois être un peu « Baroque »… et les chiens ne faisant pas des chats, ma fille Claire se sent aussi très bien dans cet univers ! Elle aussi, apporte des idées et des points de vue.

Il y a dans ton travail une envie d’aborder des sujets en bousculant le spectateur, de parler d’étrange et de différence mais la violence du message est toujours détournée soit par un détail absurde soit par un univers onirique. Est-ce une façon de rester dans le divertissement malgré l’importance des thèmes abordés ?
L’univers onirique bouscule le principe de logique. L’absurde contribue naturellement à nous faire sortir de cette logique. Cela m’aide à parler de thèmes plus ou moins délicats…Il y a aussi l’humour qui est à la fois une arme et un bouclier. Si j’utilise ce biais pour m’exprimer, ce n’est pas par divertissement mais plutôt pour me protéger.

Peux-tu nous raconter l’histoire d’une séance d’un portrait baroque ?
La séance reste le moment clé de l’histoire, celui de la rencontre, du dénouement. Mais avant cela, il y a la recherche autour de l’univers, du propos et de la mise en scène. C’est en fait un questionnement quasi quotidien. Puis, plus d’ordre pratique cette fois, reste à imaginer l’esthétique qui correspond. Claire et moi trouvons régulièrement notre bonheur aux Emmaüs et dans les vide-greniers. Il arrive aussi maintenant que des personnes qui ont déjà posé, nous prêtent des objets qui leurs semblent insolites… Nous avons choisi invariablement de maquiller les modèles avec une base de blanc pour plusieurs raisons : l’aspect théâtral, les jeux de lumières que l’on peut obtenir avec une dramatisation des traits, et puis pour rester fidèles à l’idée de départ, c’est à dire, photographier des personnages fragiles, hors du temps. Les prises de vues se déroulent sur une demi journée mais ça déborde toujours…et la séance évolue sur plusieurs séries de l’univers baroque en fonction de la sensibilité du modèle. On s’oriente alors vers une collaboration artistique qui reste toujours un moment unique et précieux !

Les accessoires sont souvent essentiels dans tes images, ils interviennent à quel moment de ton processus de création ? (est-ce qu’un objet peut à lui seul te donner une idée de mise en scène ?)
Pour un portrait par exemple, si j’enferme un visage dans une cage ou si je coiffe le modèle avec un lustre, la photo n’aura pas forcément le même impact. Dans le premier cas, l’accessoire (la cage) aura joué un rôle décisif dans l’interprétation et le sens de la photo. Dans le deuxième cas (le lustre) il va compléter une ambiance en jouant un rôle graphique ou esthétique qui me paraît intéressant.

Peux-tu nous expliquer tes techniques de prise de vue et ton post traitement pour donner cette atmosphère si particulière à tes photos ?
Toutes les prises de vues de l’univers baroque se font au même endroit et le fond change en fonction des séries. Je me suis équipé de flashs de studio pour plus de souplesse mais j’ai longtemps utilisé des flashs déportés. Après une séance, j’évite de me précipiter sur mon ordinateur pour travailler les photos afin de ne pas me faire influencer par l’impression ressentie durant les prises de vues. Je laisse reposer… Le post traitement reste une étape importante dans le processus de création, il doit correspondre à l’ambiance voulue et rester cohérent tout au long de la série. J’utilise souvent des textures appliquées en transparence avec des calques sur Photoshop. J’ai donc pour cela réalisé un stock de photos pour textures (murs, tapisseries, toutes sortes de surfaces). Une fois le traitement effectué, là encore, je laisse reposer…

Tu nous a parlé de tes collaborations avec Claire, ta fille, mais tu collabores aussi souvent avec ta femme qui est plasticienne. Chacun a son domaine mais vous vous retrouvez régulièrement dans des projets communs. C’est vital ce partage en famille ?
Oui, j’aime les collaborations, mais il faut avant tout être sur la même longueur d’onde…j’ai la chance de baigner dans un contexte artistique avec ma femme, Rodia Bayginot. Elle m’a un jour proposé de photographier des « porteurs d’art » afin de réfléchir de façon ludique à la place de l’art dans la société. Je n’avais alors qu’un compact numérique et je ne connaissais rien des logiciels de traitements numériques, (le passage de l’argentique au numérique fut au début plutôt désespérant pour moi) mais j’ai accepté, je me suis même totalement investi dans ce projet et le matériel a suivi… finalement, ce « work in progrès » s’est étalé sur presque quatre ans avec plus de 2000 portraits et autant de rencontres !

Tu as d’autres projets en cours en dehors de tes portraits baroques ?
L’univers baroque reste une priorité actuellement mais je prépare une série « Rêves de mannequins » qui évolue entre fiction et réalité où il est question du paraître, de fantasmes…de dieu ! Toujours avec Claire, nous avons un projet pour une série imaginée et réalisée ensemble (conception, prises de vues, post traitement) qui sera donc co-signée. Et puis, il y a aussi toutes ces idées, ces débuts d’histoires, qui doivent évoluer avant de pouvoir un jour peut-être, se matérialiser photographiquement.

Merci Philippe !

Interview Philippe Ordioni - Portrait
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  • Il y a 3 mois 1 semaine
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